ÉTIOLOGIE, SYMPTOMES, MARCHE ET DIAGNOSTIC DES KYSTES DE L OVAIRE
Étiologie. — C’est dans la période de l’activi té sexuelle de la femme qu’on observe surtout les kystes de l’ovaire. Cependant, il est certain que non seulement le germe de beaucoup de ces tumeurs existe dès la période fœtale, mais encore que le néoplasme a parfois débuté dès cette époque, et demeure à l’état latent jusqu’à l’impulsion qui lui permet de se développer. Cela ne saurait être mis en doute pour les tumeurs dermoïdes, et diverses observations tendraient à démontrer qu’il peut en être de même pour les kystes prolifères (kystes mucoïdes de Malassez, cysto-épithéliomes, kystes glandulaires et papillaires).
der Ovarialkyslonic. Thèse de Bâle, 1895. — Cumstom. Septic infection of ovarian cystome (Amer. Jour n. of Obstet., 1888, vol. 58, p. 640). — Bouii.lv. La suppuration des kystes de l’ovaire (La Gynécologie , 1896, p. 195). — Lemoine. La suppuration des kystes de l'ovaire Thèse de Lyon. 1905. — Sergdeff. Contribution à l'étude des suppurations des kystes de l'ovaire. Thèse de Montpellier, 1905.
1 Taschixg. Wien. klin. \Yoch., 1892, n" 18. — XVeiitii. Deutsche med. II och., 1895. p. 489. — Sudeck. Münch. med. Woch., 1896, p. 498. — Zantschenko. Beitrag zur Frage der abdominal-typhosen Suppuration der Ovarialcysten (Monats. /'. Geb. und Gyn,, 1904, t. 19, p. 67). — Petersox. Infected ovarian cyst (Am. Journ. of obst., 1902, vol. XLV. p. 802). Pinatei.li. Petit kyste dermoïde de l'ovaire suppuré, sans torsion, ni rupture; péritonite suppurée généralisée, mort (Lyon med., 1902, XCIX, p. 154).
- Wcnderli. Ueber bacteriologisch nachgewiesenc Infeclion von Ovarialcysten (Beitr. z. klin. Chir., t. XXVI, n° 5, et Gyniik. Hein., 1901, p. 64). — Levis. Infection of ovarian cysts during typhoid lever ; report of two cases, etc. ( The amer, journ. of med. scicnc., 1902, octobre).
4 WUNBEllLI. Loc. cil.
4 Mauci.airu. Kyste de l’ovaire et kyste parovarien infraligâmentaire, à contenu purulent et aseptique (Annal, de Gyn. et d'Obst., 1901, LVI. p. 546).
Pozzi. — V édit.
KYSTES I)E L’OVAIRE
Doran, Winckel, de Sinéty ont vu, chez le fœtus ou l’enfant à terme, de petites cavités kystiques dont la signification et l’évolution ultérieure ne sont pas déterminées. Les kystes dermoïdes peuvent se développer même chez l’enfant, de manière à nécessiter une opération (Rœhiner, Hamaker, Polotebnotf, Bell, etc.). D’autre part, on a vu les kystes ovariques 11e se développer que dans un âge avancé, de 65 et 75 ans (Johnson, Davis, Terrier, Owen, etc.). Je reviendrai, du reste, sur ce sujet, à propos des indications de l’ovariotomie (Voir p. 981).
On a noté des cas curieux de kystes dans la même famille, chez des sœurs (Simpson, Dose, Lever, Olshauscn).
L affection esl assez souvent bilatérale. Sur mille ovariotomies de Spencer Wells, elle l’était quatre-vingt-deux fois (soi I 8,2 pour 100). La proportion est beaucoup plus forte pour les kystes papillaires et Olshausen l’estime à 77 pour 100, tandis que pour les kystes glandulaires considérés isolément elle ne dépasserait pas 4 pour 100.
Symptômes. — Le début n’esl marqué que par des troubles vagues, qui n’ont rien de particulier et se rapportent aux formes anémiées (b1 ce que j’ai décrit sous le nom de syndrome utérin. Ce sont d'abord de simples troubles réflexes, dus aux congestions et aux tiraillements des annexes. Il s'y joint plus tard des phénomènes de compression du rectum, de la vessie ou des nerfs, quand le kyste esl inclus sous le péritoine et ne peut se porter librement dans la cavité abdominale. Mais ces phénomènes manquent dans la grande généralité des cas. Alors, à la période latente, ou simplement métritique (pseudo-métrite), succède d’emblée une période de tuméfaction, où le ventre prend un développement de plus en plus marqué. A ce moment aussi la santé s’altère et une dernière période de dépérissement précède les accidents ultérieurs qui amènent fatalement la mort, si l’art 11’intervient pas à temps.
Il faut distinguer deux phases dans Dévolution de la tumeur kystique et à chacune correspondent des signes phvsiquos radicalement distincts : l,e phase : la tumeur, petite, est cachée dans le pelvis, appréciable seulement par le toucher combiné à la palpation bimanuelle; 2° phase : la himeuresldevenucabdoininalejonpeutrexplorer facilement, à travers les parois du ventre.
1° Tumeur pelvienne. — Presque toujours, dès que la tumeur a acquis un volume double ou triple de celui de l’ovaire sain, son poids la fait tomber dans le cul-de-sac de Douglas : pourtant, en cas de rétroversion utérine qui lui barre le chemin, elle peut rester fixée sur les côtés, ou en avant. La palpation bi-manuelle fait reconnaître sa présence; son siège et ses connexions affirment sa nature ovarique: elle est le plus souvent dure, vu la petitesse et la tension de la poche,