I TUMEURS CONJONCTIVES DE L'OVAIRE
1° Fibromes et fibro-my ornes. — Les fibromes s’observent avec une fréquence beaucoup moins grande que les kystes ovariques. Sur 527 opérations pratiquées pour des tumeurs des ovaires, Martin’ n’a rencontré que 10 fibromes; Pfannenstiel, Kelly, etc., ont trouvé une proportion à peu près identique.
Anatomie pathologique. — Les fibromes de l’ovaire, à l’inverse des fibromes utérins, ne se présentent que très rarement sous la forme de néoplasmes limités et circonscrits. Quelquefois l’ovaire conserve sa forme et ses dimensions normales et la tumeur se développe à la surface, à la manière d’un fibrome pédiculé implanté sur le fond de l’utérus, mais ces cas sont l’exception. Dans la règle, l’ovaire est pris en totalité et n’est plus reconnaissable.
Dans quelques cas, l’organe est assez uniformément hypertrophié, sa
1 Consulter, à propos des tumeurs solides de l'ovaire, les travaux suivants : Gebhard. Path. Anat. (1er weib. Sexualorgane. — Heine. Ueber solide Ovariallumoren. Thèse de Erlangeu, 1894. — Pfannenstiel in J. Veit, Handbuch der Gyn., I. III, p. 588. — Sciiacta. Gesammte Gynakologie, 1894. — Seegeii. Ueber solide Tumorcn der Eierslôcke. Thèse ue Munich, 1888. — Dartigües. Étude étiologique et anatomo-pathologique des tumeurs solides de l’ovaire [Rev. de Gyn. et de Chir. abd ., 1899, n° 4, p. (301). Symptomatologie des tumeurs solides de l'ovaire (Ibid.. 1899, n° 5, p. 795). Diagnostic et traitement des tumeurs solides de l’ovaire [Ibid., 1899, n° (3, p. 1015).
2 A. Martin. Die Krankheiten der Eierslôcke , p. G50.
FIBROMES DE L’OVAIRE.
forme générale est conservée; le plus souvent, la tumeur est irrégulière, globuleuse ou piriforme , parsemée de bosselures.
Les fibromes de l'ovaire sont généralement pédiculés, plus nettement même que les kystes ovariques. Léopold1 a bien insisté
(Vt c no la Fig-. 630. — Fibro-sarcome de l’ovaire (opéré, sans récidive au bout Sur Ce iail que la de 5 ans). (S. Pozzi.)
trompe conserve ici
son indépendance au lieu de devenir solidaire de la tumeur comme cela a lieu pour les kystes. Cependant si la tumeur a largement dédou-
Fig. 037. — Fibrome kyslique do l'ovaire gauche compliquant un cancer du col de l’utérus (vue postérieure) (F. Jayle et É. Papin).
Ut utérus ; C, cancer de la lèvre postérieure du coi ; V, collerette vaginale ; Tr, trompes atteintes d’hydro-muco salpinx; Ov, ovaire droit sciérokystique, atrophié, auquel adhère une petite bulle séreuse, Bk ; F. Ov. ovaire gauche atteint de fibrome kystique, portant à sa surface une bulle séreuse, 15k.
blé le ligament large en s’y enclavant, cette distinction disparaît; les fibromes de l’ovaire intra-ligamentaires et qui peuvent parfois même devenir rétro-péritonéaux seront alors très difficilement distingués d’un fibrome provenant de l’utérus et ayant acquis les mêmes connexions.
Les fibromes de l’ovaire sont habituellement unilatéraux, mais la bilatéralité a été signalée dans un certain nombre d’observations2. On
1 Léopold. Dje solide» Eierstocksgesclnvülste (. Arcli . f. Gyn ., 1874, t. VI, p. 189).
* Benueu et IIeitz. ( Société anatomique de Paris. 1905, mars, p. 241). — Sesdtner. Thèse de Munich, 1901. — Bovee. Amer. Journ. of Obst., 1902, ocl.. p. 542. — Cleësiann. Amer. Gyn. Journ., 1902, p. 525.
TUMEURS SOLIDES DE L'OVAIRE
a noté également la coïncidence avec un fibrome de l’utérus * et avec un cancer de l’utérus* (fîg 657).
Ces tumeurs sont généralement assez petites et ne dépassent guère le volume d’une tète de foetus. Parfois cependant elles acquièrent des dimensions plus considérables et peuvent même devenir énormes. Picqué3 a enlevé un fibrome de l’ovaire qui pesait 4 kil. 800. Ledoux1, Mauclaire3 ont rapporté des observations analogues.
La surface des fibromes de l’ovaire, bosselée, est généralement lisse et unie, libre d’adhérences; leur consistance est dure, ligneuse. A la coupe, ils apparaissent formés par un tissu homogène et compact, de couleur blanchâtre ou grisâtre. La tumeur est souvent creusée de cavités irrégulières, de dimensions variables, remplies d'un liquide louche et grumeleux. Ces cavités représentent parfois des follicules de de Graaf dilatés, ou bien encore des ectasies lymphatiques6, maisil s'agit le plus souvent de foyers limités de nécrobiose et de désintégration7. Ce mode de dégénérescence est peut-être plus fréquent encore dans les fibromes de l’ovaire que dans les fibromes utérins. La tumeur présente parfois l’aspect d’une géode et le ramollissement peut être parfois assez étendu pour aboutir à une véritable transformation kystique6.
On a signalé également la calcification des fibromes de l’ovaire9. Cette calcification se fait généralement sous la forme de foyers isolés et disséminés, mais elle peut être massive et la tumeur toute entière présente alors la dureté de la pierre"1. Dans quelques cas, il s'agissait d’une véritable ossification11.
Au point de vue histologique, on a admis pendant longtemps que les fibromes de l'ovaire étaient uniquement constitués par du tissu fibreux, à l’exclusion de tous éléments musculaires. Il existe, à la vérité, des fibromes purs1'2, mais on a le plus souvent affaire à des fibro-
I A man n. Gyn. Gesellsch. in München , 19 déc. 1900. — A. Martin. Loc. cil., p. TOT.
- F. Jayu: el E. Papin. llcv. (le Gyn. et de Chic. abd. 1904, p. 959.
3 Picqué. I)cs tumeurs solides de l’ovaire (Ln Semaine gyn., 18T6, p. l‘29).
4 Ledoux. Journal des sciences niéd.de Lille, 1901.
5 Mauclaire. Soc. de Gyn. el cle Pcd. de Paris, 3 nov. 1903. — Potherat. Soc. de Chic., 12 février 1902.
6 Patenko. Ueber die Entwickelung dercorpora fibrosa iu deu Eierstocken. [Genlr. f. Gyn., 1880, p. 441).
7 IIiuggs. Necrobiosis of iibroma of (lie ovary (Lancet. 1902, 9 mars, p. 082). — Il s'agi l quelquefois, dans ces cas de ramollissement étendu, d'une transformai in myxomaleusc.
s Bender et II ei t/. Loc. cil.
9 Waldeyer. Arcli. fier Gyn., 1 8 T 1 , t. Il, p. 440). — Williams. Calcilied Tumours of tlie ovary (Thé Amer. Journ. of Obst., 1893, juillet, p. 1). — Giiaefe. Genlr. f. Gyn., 1893,
10 Pokrowsky. Chiruryia, vol. 3T, 1900. — Taylor. Lancet, 1901, 13 mars. p. T90.
II Kleinwaciitkr. Arch. fur Gyn., 1872, I. IV, p. 1 T 1 . — Coe. Amer. Journ. of Obst., 1882, vol. 15, p. 361. — Copeland. Wisconsin med. Soc., 1892, vol, 26, p. 240.
12 Testé Contribution à l'étude des fibromes de l’ovaire. Thèse de Bordeaux, 1900. — Routier. La Gynécologie, 1901. p. 49T. — Geibel. Deitrag zur Kennlniss der Ovarialftbrome. Thèse de Leipzig, 1902. — Giannettasio et Lombarde Rasse.gna di osl. e ginec., 1902, il0 ■>, p. 129.
FIBROMES DE L'OVAIRE.
mijomes1, dans lesquels les éléments musculaires lisses et les fibres conjonctives se trouvent associés en proportion variable. Ceci n’a rien qui doive surprendre, puisque l’ovaire contient normalement des fibres musculaires disposées au tour des vaisseaux et surtout au niveau du hile, où elles représentent une émanation du ligament ovarien. Les coupes ressemblent tout à fait à des coupes de fibro-myomes de l’utérus. On a même décrit des myomes purs* de l’ovaire, ceux-là beaucoup plus rares que les fibromes et les fibro-myomes.
Dans ces diverses variétés, les vaisseaux sont en assez grand nombre et de calibre assez large. Exceptionnellement ils peuvent prendre des dimensions inusitées comme dans les fibromes caverneux de Spiegelberg; mais, dans ces tumeurs très vasculaires, il y a souvent mélange de tissu sarcomateux.
On trouve enfin parfois, disséminées au milieu du tissu fibro-musculaire, de petites cavi tés tapissées par un épithélium cylindrique ou cubique : la tumeur offre alors l’aspect caractéristique du fibro-a dénome* .
Étiologie. — Les fibromes de l’ovaire se rencontrent, relativement assez souvent, chez les jeunes femmes. Léopold4 en mentionne 15 cas de 5 à 50 ans, et 4 seulement de 50 à 40 ans. On les voit aussi dans la vieillesse. Terrier5 en a enlevé, par laparotomie, chez une femme âgée de 77 ans.
Symptômes. — Les fibromes de l’ovaire peuvent parfois, pendant longtemps, n’être caractérisés par aucun symptôme appréciable. On les découvre alors, par hasard, si l’on pratique l’exploration bimanuelle ou si l’on fait la laparotomie pour une autre cause6.
Dans d’autres cas, ce sont des douleurs plus ou moins vagues qui attirent l’attention du côté des annexes, douleurs latérales ou d’autres fois hypogastriques, qui peuvent prendre le caractère de coliques très vives et s’accompagner de métrorragies. Exceptionnellement, le début de la tumeur est marqué par une suppression des règles.
C’est souvent enfin V ascite qui attire d’abord l’attention. Cette ascite est remarquablement fréquente dans les cas de fibromes de l’ovaire. Le mécanisme de sa production n’a pas encore été complètement élucidé ; peut être elle est due à l’irritation péritonéale causée par l’extrême
1 Ostiiogradska.ta. St-Pétersb. med. Woch., 1880. — Bagot. New-York med. Journ ., 1890, t. 32, p. 248. — PoMonsiu. Zeilscli. f. Gcb. und Gyn., 1889. t. 16, p. 413. — Schônheimer. Hat. klin. Woch., 1894, p. 1095, etc.
2 Sangalm. Sloria clei luniori, II, p. 320. — Jakobv. Thèse de Grcifswald, 1890. — Doran. A pure myoma of llie ovary [Transaci. of tlie vbsl. Soc. of London, 1902, vol. II. p. 168, etc.)
J von Babo. Ueber intraovarielle Bildung mesonephrisclier Adenomvome und Cystadénome (Arch. fur Gyn., 1980, t. 61, p. 595). — A. Martin. Loc. cit., p. 649.
4 Léopold. Loc. cil.
!> Terrier. Progrès méd., 1888, p. 160.
G Bourgouin. Etude clinique sur quelques tumeurs solides de l'ovaire à évolution lente. Thèse de Paris, 1894. — Dartigues. Loc. cit.
TUMEURS SOLIDES DE L’OVAIRE
mobilité de la tumeur. Cette ascite acquiert parfois une abondance extrême1.
L’état général n’est ordinairement pas altéré. Cependant, dans quelques cas et alors même que la tumeur a conservé histologiquement sa bénignité, l’état général est profondément atteint, l’ascite se
complique d’un épanchement pleural, l'amaigrissemen t est considérable et la cachexie est assez marquée parfois pour faire songer à l’existence d’un cancer. Codet-Boisse2 a insisté récemment sur la fréquence relative de cette évolution clinique maligne dans des cas de fibromes ovariens avérés.
En dehors de ces cas, la marche des fibromes de l’ovaire est lente. Comme toutes les tumeurs de l’ovaire, les fibromes peuvent présenter des accidents de torsion du pédicule3.
Diagnostic. — Les fibromes de l’ovaire sont souvent difficiles d’un corps fibreux pédiculé de l’utérus. L’ascite et l’altération de l’état général pourraient également faire penser à une tumeur maligne. L’incision exploratrice est seule capable de lever les doutes. Elle est d’autant plus légitime que, dans tous les cas, la tumeur devra
Fig. 0ô8. — Fibromyome de l’ovaire droit (1250 gr.) à pédicule tordu (vu par sa face postérieure) (F.Jayle et X.Bender).
II. II. Ilématomie sous-péritonéal, T. T. trompe, qui a participé au mouvement de torsion.
à distinguer
être enlevée.
Pronostic. — Il est favorable, le fibrome étant une tumeur bénigne. Traitement. — L’intervention est formellement indiquée dès qu’un fibrome est reconnu ou même soupçonné. La laparotomie sera prati-
1 Olsiiausen. Die Kranliheüen der Ovarien , 1880.
2 Codet-Boisse. Évolution clinique à type malin dans les / îbromes de l'ovaire. Thèse de Bordeaux, 1903-1904. — O. Gueluot. La Dresse Médicale , 28 février, 1900, p. 150.
3 F. Javle et X. Bender. Sur la torsion du pédicule des tumeurs solides de l'ovaire [Rev. de Gyn. et de Clur. alnl., 1904, n° 3, p. 419).
SARCOMES DE L’OVAIRE.
quée et la tumeur enlevée en se conformant aux règles générales que j’ai données pour l’ovariotomie (p. 984). La seule particularité à signaler est que la longueur de l’incision de la paroi sera proportionnelle au volume du fibrome et par conséquent dépassera l’ombilic si la tumeur est volumineuse. Il est inutile d’ajouter qu’il ne faut pas ponctionner la tumeur qui pourrait saigner ou dont le contenu, si le trocart pénétrait dans une cavité kystique, pourrait s’écouler dans le péritoine.
2° Sarcomes. — Les sarcomes de l’ovaire, de même que les fibromes, s’observent assez rarement; Cohn1, se basant sur la statistique des ovariotomies de Schrôder, en estime la fréquence à I pour 100, relativement aux kystes. Pfannenstiel2, sur 400 ovariotomies, a trouvé 5,58 pour 100 de sarcomes.
Anatomie pathologique. — Macroscopiquement, les sarcomes ressemblent beaucoup aux fibro-myomes. Ce sont des tumeurs irrégulières et bosselées, de forme variable, décoloration jaunâtre ou grisâtre. Leur consistance est dure, ligneuse, mais elle est souvent modifiée par suite de l’existence de foyers de ramollissement plus ou moins étendus, qui peuvent, dans certains cas, aboutir à une véritable transformation kystique.
Le volume, généralement moyen, peut atteindre des proportions considérables. La lésion est parfois bilatérale3.
Au point de vue histologique, il faut distinguer parmi les sarcomes de l’ovaire diverses variétés. La forme la plus commune est le sarcome fuso-cellulaire, encore appelé fibro-sarcome. La tumeur est constituée, dans ce cas, par des cellules fusiformes, allongées, étroitement tassées les unes contre les autres, et formant des îlots plus ou moins étendus, séparés par des travées fibreuses. L’aspect général des lésions ne diffère pas beaucoup de celui du fibrome ; cependant le sarcome présente des caractères particuliers qui permettront toujours de le reconnaître. Les cellules ont des dimensions très inégales et apparaissent régulièrement ordonnées autour des vaisseaux. Ces derniers ont des parois très minces, réduites en certains points à une simple bordure épithéliale et ne ressemblent en rien aux vaisseaux volumineux, à parois épaisses, que l’on rencontre dans les fibromes4.
Les sarcomes à cellules rondes3 ou globo-cellulaires sont plus rares
1 Cohn . Loc. cit., p. 19.
2 Pfannenstiel, in J. Veit. Handbuch der Gyn,, t. III, p. 592. — Voir aussi : Dartigues. Loc. cit. — Krukenberg. Arch. f. Gyn., t. 50, p. 287. — Léopold (Loc. cit.). — Brdandet et Lefas. Bull, et Mém. de la Soc. anal, de Paris, 1900, p. 289. — Amann. Ueber Ovarialsarkonie. (Arch. /'. Gyn., t. XVI, p. -484).
r> Weinlechner (Geb. Gyn. Gesell. Wicn., 24 mars 1889) a montré les deux ovaires d’une jeune fille de 24 ans, du poids de 600 et 700 grammes, transformés en sarcome globo-cellulaire.
4 Schlosser. Ueber Sarkomatose der Ovarien. Thèse de Munich, 1901. — Schmidt. Ueber Spindehellensarkome des Ovariums. Thèse de Leipzig, 1903.
° Gebhard. Path. Anal, der weiblichen Sexualorgane. — A. Martin. Die Kranhheiten der Eicrstôcke, p. G45.
TUMEURS SOLIDES DE L'OVAIRE
que les sarcomes fusô-cellulaires. Ils sont formés d’éléments arrondis, de dimensions variables, disposés sous forme de nappes plus ou moins étendues où l’on reconnaît cependant une orientation assez nette autour des axes vasculaires. Ce sont les tumeurs embryoplastiques de Charles Robin.
On a signalé, tout à fait exceptionnellement, des sarcomes à cellules géantes1 et des sarcomes mélaniques2.
Les sarcomes de l’ovaire résultent de la prolifération des cellules
fixes du stroma ovarien. Ils représentent parfois une dégénérescence secondaire d’un fibromyome. Quelques, observations tendraient à prouver <|ue, parfois, les sarcomes peuvent se développer aux dépens des éléments des corps jaunesû
Symptômes. —
Les sarcomes de l'ovaire s’observent à tous les âges : on en a rencontré chez des enfants* et môme chez des foetus5, mais leur maximum de fréquence parait correspondre à une période s’étendant de 20 à 55 ans.
Fig. 030 . — Endolhéliome de l'ovaire (Latteux.)
l’oint pris dan- l’ovaire pour montrer l’aspect alvéolaire (vue générale). (ISO diamètres.)
I . Tissu de l’ovaire dont les faisceaux conjonctifs présentent un aspect réticulé; dans les vides apparaissent quelques cellules. 2. Les mêmes lacunes dilatées et transformées en alvéoles pleins de cellules. 5. Lymphatiques.
' Donati. Osteocondrosarcoma celluli giganti primitivo dell'ovario. (Avchivio perle scienze mcd-, Torino , 1904. n° 1 i, p. 195). — Borrmann. Zcilschr. f. Geb. undGyn.. 1900, t. 43, p. 264.
2 Amanx. Priiniires Melanosarkoma des Ovarium [Gyn. Ges. in München, 28 mai 1902). — Andrews. Melanotic sarcoma ot the ovary [Obst. Soc. of London, 2 oct. 1901 .
3 Sr.iiAu.Eit et Pforiunger. Zur Kenntniss der vont Corp. lut. ausgehenden Neubildungen meitr. zur Geb. tmd Gyn.. 1899, t. 5, p. 91). — Michelazzi. Sopra un tumore ovarico di genesi dal corpo luleo {In informa med., 1902, vol. III . — Santi. Di un caso di sarcome originatosi da un corpo luleo (Bull, délia Soc. Toscana di ont. e gin., 1902, n° 1, p. 2). — Santi. Die Pathologie des Corpus luteuni ( Monatsch . /'. Geb. und Gyn.. 1904, t. 20. p. 70).
4 F. Page (The Laurel, 1895, p. 1622), a opéré mie petite fille deO ans d'un fibro-sarcome de l'ovaire pesant plus de trois livres. — Mtc B ru ni: y (Ann. o f Surgery, 1894. XXI, p. 706. a enlevé un sarcome de l'ovaire à une petite bile de 10 ans. — Marchand -( Berl. kl in. Woch., 1894, p. 45) a observé un sarcome à cellules rondes chez une petite fille de 4 ans.
5 Doran (cité par Temesxary, loc. cit.) a observé un sarcome des deux ovaires chez un lœtus de 7 mois.
ENDOTHÉLIOMES ET PERITHELIOMES DE L'OVAIRE.
La marche est assez variable et parait dépendre, dans une certaine mesure, de la structure histologique de la tumeur. C’est ainsi que les fîbro-sarcomes ont généralement une évolution assez lente et une bénignité relative; la guérison, après l’intervention, se maintient pendant nombre d’années, et serait même parfois définitive. Les sarcomes globocellulaires, au contraire, ont une marche beaucoup plus rapide, parfois galopante; l’ascite est constante et la cachexie survient très hâtivement; les métastases, péritonéale et viscérales, sont fréquentes et précoces1.
Traitement. — Le seul traitement est l’extirpation par la laparotomie avec hystérectomie2 s’il y a lieu.
5° Endothéliomes et Périthéliomes- — Ces tumeurs sont proches voisines des sarcomes. Mais elles méritent d’être distinguées des sarcomes ovariens en général. en raison de leur structure anatomique particulière et de leur histogénèse tout à fait spéciale.
Les endothéliomes peuvent reconnaître une double origine. Ils dérivent, soit de l’endothélium des vaisseaux sanguins, soit de l’endothélium des fentes lymphatiques. Certains auteurs étudient séparément les endothéliomes vasculaires et les endothéliomes lymphatiques, mais il n’existe pas, au point de vue histologique, de différence bien appréciable entre ces deux variétés.
La première indication de ces tumeurs de l’ovaire appartient à Léopold’. Vinrent ensuite les observations de AckermaniV, de Marchand5, de Eckardt6, et de Pomorski. Depuis quelques années, les endothé-
1 Tkmesvauy. ( Verhandlungen der Deutschen Ges. fur Gyn.zu Wien, 1895, p. 745.). — Pick. Zur Symptomatologie uncl Prognose der Sarkomedes Eierstocks ( Centr . f. Gyn., p.940(.
a Quénu et Longuet. De l’hystérectomie abdominale dans le traitement des Kystes et tumeurs solides de l’ovaire. Revue de Chirurgie, juillet 1900.
3 Léopold. Die soliden Eierslocksgescliwülste [Arch. f. Gyn,, 1874, t. VI, p. 189).
4 àckerman.v, cité par Olsiiausen [Handbuch der Frauenkrankheiten, t, II, 1881).
5 Marchand. Beilrage zur Kenntniss der Ovarialtumoren ( Habilitationsschrift , Halle, 1879).
6 Eckahht. Ueber endotheliale Eierslockstumoren Zeilsc. f. G.u. Gyn., 1889, t. XVI, p. 344).
7 Pomorski. Endothelioma ovarii [Zeilschr. f. Geb. mut Gyn., 1890, t. XVIII, p. 92)
Fig. 640. — Endolhcliome do l’ovaire (Laiteux).
Cellules géantes à noyaux multiples. (500 diamètres.)
1. Tissu conjonctif lâche à cellules allongées. 2. Prolifération cellulaire entre les faisceaux. 5. Cellules épithélioïdes nées aux dépens des cellules précédentes 4. Cellules à noyaux multiples. 5. Cellules non encore transformées. 6. Vaisseau plein de sang.
Pozzi. — 4e édit.
TUMEURS SOLIDES DE L’OVAIRE
Homes ont été l’objet de toute une série de travaux et leurs caractères anatomiques et cliniques sont actuellement bien définis1. Macroscopiquement, les endothéliomes ressemblent beaucoup aux
fibromes de l’ovaire. Ce sont des tu m e u r s
de consistance dure. La forme rappelle plus ou moins celle de l’ovaire normal :
la surface est lisse et d’aspect séreux ; le volume varie de celui d’un œuf de poule à celui de deux tètes d’adulte.
A la coupe, la surface de section apparaît blanchâtre ou grisâtre; elle est souvent parsemée de petites cavités remplies de liquide. Ces petites alvéoles se fusionnent souvent pour constituer une
cavité volumineuse, à parois irrégulières et anfractueuses.
1 Voir Fagoet [Journal de médecine de Bordeaux , 18 mars 1895). — Frankel. Endolhelioma Ovarii ( Nouais . /'. Gel), und Gyn., t. 7, p. 255). — Muller. Ueber Carcinom und Endotheliom des Eierstocks (. Archiv fur Gyn., t. LU, p. 585). — Pick. Die von den Endothelien ausgehenden Geschwiilste des Eierstocks [Berl. klin. Woch., 1894, n"’ 45 et 46). — Voigt. Zur Kenntniss des Endothelioma Ovarii [Arch. f. Gyn., t. XLVII, p. 560). — Brouha. Contribution à l’étude des endothéliotnes de l’ovaire [Revue de Gyn. et de Chir. abd., 1900, n° 5. p.455). — Apelt. Ueber die Endothéliome des Ovariums ( Beitr . zur Geb. und Gyn., 1901. t. V et Thèse de Leipzig, 1902). — Bruckneh. De l’endothéliome de l'ovaire ( Revue de Gyn. et de chir. abd., 1902, n° 3, p, 459). — . Soubeyran. Endothéliome de l’ovaire [Bull, et Me m. de la Soc. anat. de Paris, 1902, p. 689). — Godart. Endothéliome des deux ovaires [La Policlinique, Bruxelles, 1903, p. 169). — M. Lange. Ein Fa 1 1 von Endolhelioma Ovarii [Centr.
/'. Gyn., 1903, p. 65). — Schürmann. Ein Fait von Endolhelioma lymphaticum cysticum. [Zeitschr. f. Geb. und Gyn., 1903, t. L, p. 235). — Papaioannou. Zur Kenntniss der endo-
Fig. 641. — Endothéliome de l’ovaire .(Latteux. l’ransformation graduelle des cellules proliférées en cellules épithélioïdes.
(500 diamètres.)
I. Tissu conjonctif lâche. 2. Cellules proliférées, arrondies avec un nucléole brillant. 3. Les mêmes tuméfiées et augmentées de volume. 4. Développement encore plus avancé. 5. Cellules complètement transformées et lâchement soudées entre elles dans une large cavité alvéolaire. 6. Large vaisseau plein de sang. 7. Lacunes lymphatiques.
ENDOTHÉLIOMES ET PÉRITHÈLIOMES DE L’OVAIRE.
Ces tumeurs sont le plus souvent unilatérales.
Au microscope, on constate, lorsqu’on étudie les lésions à leur début, une multiplication active des cellules endothéliales, qui augmentent de volume, prennent une forme cubique ou polyédrique, et obstruent plus ou moins complètement la lumière du vaisseau. Lorsque ces vaisseaux ont un calibre très réduit, ils ne tardent pas à être remplis dans toute leur étendue par les éléments néoformés ; les lésions se présentent alors sous l’aspect de lobules arrondis ou de boyaux anastomosés, suivant que les vaisseaux sont intéressés par les coupes parallèlement ou perpendiculairement à leur direction. Dans cet état, il n'est pas toujours facile de distinguer un endothéliome d'un épithélioma 1 ; la topographie des lésions est sensiblement la même ; cependant les cellules endothéliales, même très hyperplasiées, n’atteignent presque jamais les dimensions des éléments épithéliaux, leur corps protoplasmique est aussi moins nettement dessiné. Malgré tout, la confusion est possible entre les deux espèces de néoplasmes, et l’existence d’un endothéliome ne devra être affirmée que lorsqu’on aura rencontré, sur les coupes, au pourtour des éléments néoformés, des vestiges encore reconnaissables des parois vasculaires. On retrouvera souvent, en ces points, des figures de transition entre les cellules endothéliales, normales, aplaties, et les formes cubiques, polyédriques, pseudo-épithéliales, qu’elles affectent lorsqu’elles sont dégénérées ( fi g. 641).
D’autres circonstances, d’ailleurs, tendent encore à augmenter les difficultés du diagnostic. Il n’est pas rare de voir les cellules endothé-
thelialen une! metastatischen 0 variai tumoren (Monatschr. f. Gel. und Gi/n., 190 i, t. ‘20,
1 Cet aspect cpilliélioïde rappelle les tumeurs de l’ovaire décrites par Ki.ebs sous le nom A' adénosarcomes ( Handb . der Path. Anal., 1876) et par Krukenberg (. Arch . /’. Gyn., 1896, t. L, p. 287) sous celui de fibrosarcoma mucocellulave carcinomalodes. Ce sont des tumeurs douées d’une malignité extrême. Au microscope, on reconnaît dans un tissu franchement sarcomateux la présence de grandes cellules, à protoplasma clair, souvent vacuolaire, à noyau quelquefois périphérique, et disposées par groupes dans des alvéoles plus ou moins bien limitées par le tissu avoisinant sous la forme de cordons moniliformes infiltrant le tissu conjonctif. Voir pour cette question l’excellente étude de Bruckner. De Tendothéliome de l’ovaire ( Revue de Gyn. et de Cliir. abd., 1901, p. 459).
Fig. 612. — Endothéliome (le l’ovaire (Latteux).
Éléments dissociés à leurs diverses périodes de développement. (800 diamètres.)
A. Petites cellules rondes avec nucléole provenant de la prolifération des cellules conjonctives dans les espaces lymphatiques. C. Les mêmes se tuméfiant et s’acheminant à la transformation épithélioïde. C. Les cellules sont devenues plus ou moins anguleuses et présentent les formes les plus variées. On remarque des phénomènes de karyokinèse sur celle du côté gauche. D. Cellules géantes à noyaux multiples.
TUMEURS SOLIDES DE L'OVAIRE
liales, activement multipliées, dépasser les limites du vaisseau sanguin ou lymphatique et envahir d’une manière désordonnée le stroma ovarien avoisinant. La tumeur présente alors l’aspect du sarcome diffus,
et sa nature exacte
restera le plus souvent méconnue.
Les périthéliomes résultent de la prolifération des éléments de la tunique adventice des vaisseaux.
Amann1 a donné de ces tumeurs une excellente description.
Les périthéliomes se développent d’ordinaire autour des vaisseaux artériels de petit calibre. Lorsque les lésions sont à leur début, elles se présentent sous l’aspect suivant : la cavité du vaisseau est intacte, ses parois sont souvent hyperplasiées, parfois
Fig. 613 . — Endothéliome de l’ovaire. (Latteux.)
Zone d’aspect sarcomateux. (S00 diamètres.)
Tissu homogène granuleux uniquement composé de cellules très variées de forme et de volume et dont un grand nombre présentent des phénomènes de karyokinèse. 2. Ce tissu est parcouru par un grand nombre de capillaires à parois embryonnaires.
en état de dégénérescence hyaline; tout autour du vaisseau
on trouve, formant une couronne irrégulièrement dessinée, des cellules arrondies ou polyédriques, étroitement tassées les unes contre les autres, sans substance unissante interposée. L’aspect est des plus caractéristiques. Plus tard les cellules néoformées envahissent largement le stroma avoisinant et forment des placards mal limités, au centre desquels on retrouve d’ordinaire un vaisseau. L’aspect ne diffère plus, à ce moment, de celui du sarcome à cellules rondes2.
Au point de vue clinique, les endothéliomes et les périthéliomes ne diffèrent pas du sarcome banal. Si l’on en croyait certains auteurs,
1 Amaxn. Ueber Ovarialsarkome [Arch. f. Gyn ., t. 40. p. 4X4), et Kurzge/'assles Lehrbuch dry mikroshopisch-gynahologischen Diagnostic.
a Voir: von Kosthorn {Arch. f. Gyn., t. XLI, p. 528). — Voigt [Arch. f. Gyn., t. XLYII, 360;. — Pollak. Zur Kenntniss des Perithelioma Ovarii (. Honatsshr . f. Geb. und Gyn., t. VII, p. 179). — Krükekderg. Beitrage zur Kenntniss des Perithelioma ovarii ( Zeitschr . f. Geb. und Gyn-, 1899, t. 41, p. 475). — Boiim. Ein Fall von Perithelioma ovarii. Thèse de Munich,
ANGIOMES, ENCHONDROMES, MYXOMES DE L’OVAIRE.
l’endothéliome aurait quelquefois un pronostic relativement bénin, mais ces. cas heureux semblent être exceptionnels. D’une manière générale, les endothéliomes et les périthéliomes sont des tumeurs particul i è r e m e n malignes et, alors même que l'opération est pratiquée de bonne heure, la récidive est la règle à brève échéance. Les métastases sont fréquentes.
4° Angiomes.- — Enchondromes.
— Myxomes.
— Ce sont des tumeurs absolument rares.
L’existence des enchondromes 1 purs de
l’ovaire n’est pas nettement démontrée ; il est probable qu’il s’agissait, dans la plupart des cas, de tumeurs mixtes. 11 en est de même pour les myxomes2, qui n’étaient le plus souvent que des fibromes ou sarcomes dégénérés ou bien des kystes gélatineux demi-solides.
En revanche il existe quelques observations avérées d’angiomes3 de l’ovaire; ces tumeurs sont habituellement de dimensions très réduites et ne déterminent pas de symptômes.
Fig.Gfi. — Endothéüome de l’ovaire. (Latteux.)
Généralisation dans l’épiploon. (550 diamètres.)
. Tissu cellulo-adipcux. 2. Cellules conjonctives proliférées dans les mailles du tissu précédent. 5. Prolifération surtout active au voisinage des vaisseauxpleins de sang. 5. Lacunes lymphatiques. 6. Point où les cellules précédentes se transforment peu à peu en cellules épithélioïdes pour donner naissance à des masses compactes massives (7). 8. Cloisons conjonctives interposées.
1901 . — Jonnesco. Périthéliome primitif des ovaires avec métastases dans l’épiploon [liull. et Mém. de la Soc. de Chir., de Bucarest, 1902, n° 5, p. 115). — Graefe. Zxvei l'aile von Endo-Perithelioma ovarii, etc. ( Arch . f. Gijn., 1904, t. 72, p. 373).
1 Olshausen. Die Krankheiten der Ovarien, 1886.
2 Pfannenstiel (in Veit. Handbuch der Gyn , p. 404). — Potherat et Lenocle. Myxome des deux ovaires [la Gynécologie, 1898, p. 48).
5 0IiTU (■ Lehrbuch der spec.path. Anat., t II, p. 588). — Marckwai.d. Ein Fall von Angioma cavernosum Ovarii ( Virchow’s Archiv, t. C XXXVII, p. 175). — Stamsi ( Beitrag zur Lehre von den Gcfâssgeschwülslen. Thèse de Gôttingen, 189J).
TUMEURS SOLIDES DE L’OVAIRE