‹ Traité de l'accent appliqué à la théorie de la versificationChapitre 25 sur 33 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Endécaêyllitbe^ ou vers de onze syllabes,

A. Première forme.

Règle: Quatre on cinq accents.

Deux accents ûsl^i le premier sur le 5e syllabe, le second sur la 10e.

«Tîgnore si les vers de onze syllabes ont été connus avant le seizième siècle; je les crois postérieurs à Marot. Rapin, poète estimable, un peu antérieur à Malherbe, fit, sans succès, plusieurs pièces de vers dans ce rhythme. Callier lui adressa une ode où ce vers est mieux fait:

^^SbU que tes beam "verê coutcai en Hbeif^, Soit que ton démon, d'une grave ûerté^ Marche plus con/raû^, et par un nouveau son Bor^t ta chanson;

Rien de tel n^est vn^ ai de plus grave ea soL Mais qui veut tenter cet ouvrage après toi.

Egarant ses pas, se trouve avoir pris Grand peine sans prix.**

Oeuvres de Rapiw.

L'auteur dW traité de versification essaya au siècle dernier de remettre en honeur les vers de onze syllabes i

^SHiï» sont rarts, dU*U, c*esi parceqi|e trèg-p^u de „no8 poètes ont fait attention k la grâce qu'ils pou- „ raient avoir quand as étaient bons, et qu'il ne s^ „8ont point appliqués. Mais leur rareté, et le peu d'usage „ qu'on en a fait jusqu'ici dans notre poésie,' n*empé- „chent pas pourtant qu'ils ne soient tr^beaux et très- „ harmonieux."

(Ds Chalous, Régies d^ la Poésie francise.

Paris, 1716, in 8., p. 26.)

Voici une pièce de Vers que M. de Chaions cite à Tappui de son jugemenjt (p. 8—10):

Ode à M. Blondes

„Parmi les Lapons et leurs déserts sauvages, Ma muse avec toi polissait ses ouyrages.

Sans que les ours blancs, qu'endormaient mes chanson!, Troublassent mes sons.

Mais ici, Blondel, dès que je prens ma Ijre, Hélas! pour tâcher d'assoupir mon martyre, Mon frère, aussitôt, plus cruel que les ours, Me tient ce discours:

Crois-tu £Bire honenr par tes yers à It France, Quand ton roi puissant se rit de ta souffrance? Et que ta famille, ayec tant de raison.

Te tient en prison?

Jamais sans tes yers on ne t'eût mis en cage; Et sans eux encor tu passerais pour sage; Tout poète est fou, mais parmi ces grands fous. Tu l'es plus que tous.

Cela se peut bien; mais puisque point yoos n'êtes, Réponds-je en grondant, du nombre des poètes, Certes tons les fous, mon frère, ne sont pas Poètes, hélas!"

Ltetesr la lama easaite ca vcn à ckata ealmes* pour «{Belle put être diantce sur Fair de rHjBuie des canHesienn. Voici la premîflre stroplie de eette seconde rersioa:

Jhamîk It» Lap— s «t knm tristw 4#scrfs Ma mise appmuth â compofter d«s tcts.

ftaw ^ac ks <mvs bbacs^ yi'fJoiiMft mcs rfcianag Troobltfsemt mes soas.^

Oatie qae ces vers ne sont pas briUsnts de poésie, lear harmonie est impar&ite; mais la cause nen est pas. ce me semUe, dans la natnre même dn vers. La cadence agréable des tcts dépend de la position des accents et des repos, de la camire de la phrase et de l'état des rimes. Essayons une antre carrare de plinu»è et d'autres dispositions de rimes. Je ne prétends pas donner des modelés: ce sont de simples esstts de versification, mais qoi pourront mettre les bons poètes snr la voie du mieox.

L^octaire, con^osée de yers de onze sylU>es, conviendrait, ce me semble, à la marche dn poème épique, et serait pentêtre employée aussi heureusement en français qu^en italien. Supposons un début de la Jérusalem délvcrée.

,,Chrétieiis, écoutez lliistoire glorieuse, Tancrède, Alaâin, le Christ et son berceau.

Les barons d'Europe et leur bandes pieuses.

Et la sainte croix plantée an saint tombeau.

Vainemimt contre eux Fenfer tonne et s^oppose. Dieu par sa faveur fait triompher leur cause; VsJnquear du sultan, le sage Godefroi, Aax muFB de Sion, aimé de I>\eu, ia\. toiT

Une autre combinaison de rimes modifie le rbyibme:

,,Magiiaiiiine roi, qui du milieu des ondes.

Malgré les écoeUs et la fureur du sort, DemÎHSubmergé sous les yagues profondes.

Errant pèlerin m'as conduit dans le port:

Vois d^un front riant ces pages sanguinaires, Où des Musulmans viennent tomber les forts; Permets qu'à Fabri de ton nom tutélaire Sonne dans mes chants la trompette des morts.*'

Autre rhythme:

,,Un charmant conteur, donné pour plaire au monde. L'esprit enrichi de bons enseignements, De nature et Dieu se fit le truchement:

Toute béte alors, soit sotte ou bien immonde. Nous plut en ses yers, nous fit amusement Hélas, le Parnasse en notre siècle abonde En sots rabâcheurs qui n'ont que du caquet; Mieux vaudrait ouYr parler un perroquet'*

B, Autres formes.

Un accent fixe sur la 4e syllabe , et un aulre à la 6e; ou bien le second accent fixe à la 7e syllabe.

r,M! si I f avais, \ ami, \ ton glaive \ ii acier T

Mètres de prose:

— „Un rayon de yotre hxmikte immor^^lle.

— Repoutftf^r une servi/iide étran^m,

— Si quelqu'im ne ann^nait heureusem^i»/»"

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