‹ Traité de l'accent appliqué à la théorie de la versificationChapitre 27 sur 33 · LE PAPILLON · texte numérisé non relu

LE PAPILLON

SOIïNEt TRONQUÉ.

„iVaître avec le prin/^i7i«, mourir avec les roses, Sur VaHe du léphir nager dans un ciel pur; Balan<7^ sur le sein des fleurs à peiue éeloseR, S'enivrer de farfums, de lumière et è!azur;

Secouant, jeune encor, la pouàre de ses aAes; S'enro/er comme un souffle aux 'ooâtes éternelles, Voi'/à da papillon le desfîH enclduiié.

Il re^^ifutble au àèsir, qui îstmais ne Sfs pose, Et sans se satis/W/re, e^eurant toute chose, l^etourné ^nfin au ciel cherr/i^r la volup/^/^

De Lamartine, Nouv, MédU, poétiques.

Quand le vers a moins de quatre accents, il devient mètre de prose:

— Je sais ce que in vaux et ce que je te doisT

P. Corneille, Héraclius^ I, 4.

„^ii/tes son chêMment de sa confusion, Q\ïetchez le plus u^/le en cette occasîo».*'

Id., Ciana^ IV, 3.

„Seign^f^r, vous empor^^r en cette extrémi/^, Cest plu/ot désespoir que générosi/^."

Id., ib.

„£t je n'imagi/iâTM dans la diy\mté..J"

Id., Horace, AI, 5.

„0n ne /i^rJ les Étais que par tinddi/^."

VoLTAiBE, le Fanatisme, I, 1.

„Aux noms de conquéro/i^ et de triompha^^i/r n veut /oindre le nom de pacifica/^ur.^^

Id., ib., n, 4.

ComeiUe et Voltaire sont souvent tombés dans ce défaut: aussi ont-ils beaucoup de vers d'un rhythme prosaupie; mais Corneille a sur Voltaire Favantage d'une période presque toujours bien carrée ^ tandisque les vers de Voltaire sont, en général, détachés Tun de Fautre, ce qui est en opposition avec le caractère de Falexandrin.

Les poètes du seizième et du dix-septième siècle qui ont manié Falexandrin, sont en f^énéral t^c&sÀquahles par la plénitude àa mt\.ttei^\'^^ ^^^^^"

sa

que coDstamment de quatre on de six vers ; au dixhaitième siècle, la facture du vers se relâcha, et dans les ouvrages du ton le plus grave on fît à tout instant tomber les vers alexandrins un à un. deux à deux:

„Je chante ce héros qai régna sur la France Et par droit de conquête et par droit de naissance, Qui par de longs malheurs apprit à gouverner, Calma les factions, sut vaincre et pardonner.^

Voltaire, Henriade^ ch. I.

Pour le début d'un poème épique, on ne pouvait être plus malheureux dans le choix d!une cadence qui satisfît Poreille.

Lorsque le vers alexandrin a cinq accents, il convient d^en placer trois dans le premier hémistiche, et de ne les admettre dans le second que par exception et pour quelque effet déterminé:

,,Ces ressorts politiques, Dont le juste, autrefois | sentit le poids îàtaV

J. B. Rousseau.

Voilà que de partout, | des eaux^ des monts^ des bois.

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