première partie forme à elle seule un vers de s^t
ou de huit «yllabes, qui détruit l'alexandrin; pois les
quatre ou cinq syllabes qui suivent s'isolent ou
s'accrochent au premier hémistiche du vers suivant,
avec qui elle tendent à faire un vers, et ce second
vers est altéré comme le précédent. M. V. Hugo,
dans ses derniers poèmes, tombe s<Mivent dans cette
faute:
,^^ainie les soirs sereins et beaux — j'aime les soirs/*
Les Soleils couchants.
Ce vers a en outre le défaut d'avoir six accents toniques.
,Jje soleil à travers leurs ombres — brille encor."
ib.
„Derrière les derniers brouillards, — plus loin encore'
.fFailes voir an regret sincère — Àe \o^ ^^luVa»?
Il semble que le vers suivant de Racine soif faux :
— ,, Je vous ai àernaoïdé raison de tant d'injures/*
Mais en réalité il est juste; en effet, demandé^ a un accent tonique très -sensible; et raison est aussi bien lié par le sens avec les derniers mots du vers qu'avec les premiers.
£n un mot, pourvu qu'on garde le rhythme, ou doit chercher à couper son vers comme il convient pour l'effet qu'on veut produire.
Il terminerai cette petite polémique, qu'il était de mon devoir de renouveler, par deux observalions de la plus haute importance pour notre versification:
1. Un hémistiche long a naturellement plus de poids qu'un hémistiche court: conséquemment, dans les vers à hémistiches inégaux, le plus long doit être le dernier (voyez p. 54) ; car c'est surtout le second hémistiche, qui en closant le vers, détermine son unité et son indépendance.
2. Plus une phrase est accentuée, plus elle est coupée, et par conséquent moins elle a d'unité et de poids. Ainsi, conformément à l'observation qui précède, si sur deux hémistiches égaux, l'un reçoit un accent de plus, il doit plutôt former la première partie du vers.