III. — Mode de FA intense
Première messe de la Nativité. Antienne ; analyse sommaire :
Ambitus
ïons itératifs
Harmonie essentielle
ni »n
Q-lchelle naturelle rétablie]
La fondamentale si |? [ = Fa] fait défaut, suivant un usage très fréquent dans les échelles intenses. Il y a intérêt à la faire entendre dans le verset.
Dans l’exemple harmonisé ( 1 4^) la transposition du texte est remplacée par l’échelle de Fa elle-même. La polyphonie est réduite à son minimum :
La fausse relation du triton mélodique n’est pas explicite dans l’antienne, dont l’échelle est défective : mais elle y est latente. Il importe de l’affirmer dans le psaume, et la
meilleure manière est de se contenter de la Quinte Modale pour tout support de la seconde distinction, au verset.
A l’encontre de ce dernier verset, dont l’harmonisation est rudimentaire, un très habile accompagnateur pourrait se livrer, sous la ligne vocale, à des fantaisies contrapontiques plus compliquées. Gela à ses risques et périls. Voici, en exemple, un verset d 'introït en Doristi-LA, d’allure rapide, dont la réalisation devrait être improvisée :
Tout dépend en effet de la vitesse avec laquelle le chanteur articule ; et pour caser sous sa psalmodie des traits et des dessins de cette nature, il faut supposer presque que Torganiste de chœur chante lui-même le verset. L’habillage (146) n’est donc qu’une indication générale où les notes de passage, les broderies, les appoggiatures simples ou doubles, les échappées ont été accumulées à plaisir. Il va de soi que
cela doit être émis en grande douceur, avec des fonds de « huit pieds », flûtes et bourdons de préférence, de sorte que l’enveloppement de la ligne mélodique soit léger et que les «frottements», voulus, ne soient pas durs. Il est facile de voir que l’harmonisation latente se réduit à ceci :
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Il y a souvent une variante mélodique au saeculorum , Amen de la doxologie, à VIntroit. Elle sera traitée conformément aux principes posés précédemment. Mais celle du mode de Sol relâché mérite une mention particulière. On a vu que le mode de sol
[p. 73 (73), et 92] a parfois une tendance à diviser son échelle, secondairement, en :
Autrement dit, en mode de Sol le sol paraît, dans un assez grand nombre de cas, être la pseudo- dominante d’une échelle d’Ux. L 'Introït des Rameaux suggère impérieusement cette impression : la finale sol fait fonction de domi-
nante. Ici la doxologie est supprimée et c’est le verset unique qui adopte la variante, propre ailleurs à e u o u ae. Elle est remarquable: c’est une formule ascendante, entraînée par la contexture relâchée de la pièce [comparez-la à la formule sans coda (187)]. Il faut, de toute nécessité, conserver au sol le caractère qu’il revêt et s’interdire la pseudocadence parfaite ci-dessous :
La solution suivante est bonne : elle laisse entendre que la finale n’a point le rôle d’une tonique ; et le raccord avec l’antienne [réitérée] sera modalement logique. L’astérisque signale une « échappée ». On alourdirait terriblement l’harmonisation en faisant de ce la une note réelle :
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L’étrange préoccupation qu’eut Niedermeyer de supprimer tout ornement mélodique s’explique par le fait que les éditions plainchantistes dont il disposait signalaient peu, pas ou faussement, les groupes neumatiques. Nous serions inexcusables de nous obstiner en cette manière, qui exclut toute liberté de la ligne vocale, maintenant qu’une restitution des textes montre, jusqu’à l’évidence, de quelle souplesse étaient douées les cantilènes médiévales.