II. — Mode d'UT relâché
Antienne [saint Jean-Baptiste, à Magnificat ] ex lit :
Rien de plus moderne que cette formule mélodique. Le mode d’Urr Majeur [en fa] s’installe royalement. Même par deux fois la sensible se produit avant la barre grasse et à la deuxième distinction qui la suit. Faut-il harmoniser à la moderne , avec cadence parfaite et jeu de la sensible? Sans doute la mélodie est telle que cette manière serait presque légitime. Toutefois, si l’on observe que ce mode d’UT, nouveau alors, est encore une échelle pythagoricienne, quant au réglage de ses sons constitutifs, et que les accords de III sons demeurent inconnus de ses créateurs, il vaut mieux recourir à des compromis tels que :
En B, la cadence parfaite est masquée par le « passage » de la septième et de la neuvième, qui ne sont ici que des « incidents » mélodiques et permettent d’esquiver la sensible. Mais A vaut mieux. Et l’usage du sifc] y est peut-être préférable à celui du si ; car il rappelle le mode de Fa.
L’antienne de ce psaume offre cet intérêt qu’elle montre comment le mode de Fa, par altération descendante de son IVe degré — c’est-à-dire par suppression du triton inclus dans sa quinte modale — passe au mode d’Ur : c’est là un des mécanismes producteurs de ce nouveau venu, le tyran du lendemain.
L’astérisque signale un /'a, broderie du sol , avec élision du sol de passage entre la et fa ; cas identique — mais de mouvement contraire — à celui qui s’est présenté dans l’exemple (200).