TE DEUM
Ti -biChérubimet Sémphim
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incessâbili vôcepi*oclâ-mant:
San^^ctus .
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Ve - nerândumtûuin vé-rum et ù-ni-cum Fi-li -um. Tu Réxglo-ri-ae, Christe.
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Tu ad ilJ-berândum.susceptürushé - mi-nem nonlhor-ruistiVir-ginis ûterum.
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Tu ad déx-te-ramDé-i sé des in glô - ri- a Pâ - tris.
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ratl.mplto
— ig5 —
Les premières réponses oscillent de la fondamentale Mi à la fondamentale la. La quatrième [Pleni surit], dans sa seconde distinction, adopte la fondamentale ut et traite le si comme une septième régressive (209) (210). Le Te Prophetarum conclut sur sol , ce qui est, pour beaucoup d’organistes, une habitude raisonnée1. La fin du Te per orbem ramène la fondamentale mi, et 1’ « intensité » quia été adoptée en principe pour la première partie de la pièce. Le Tu Rex Gloriae , en homophonie, a l’avantage de ne pas rendre trop nette la formule nouvelle, qui fait suite à la doxologie. Si par hasard il valait mieux la traiter en formule intense [avec ut pour fondamentale, c’est-à-dire en mode de Sol transposé], cette prudente dénudation deviendrait une échappatoire... Tout de même il faut prendre parti et les deux réponses qui interviennent après cet unisson, Tu ad liherandum et Tu ad dexterarrï2 , sont teintées harmoniquement en mode de Mi normal. Et cependant rien ne ressemble plus que le Salvum fac à une formule « intense » : la fondamentale ut, par transposition du mode de Sol, est ici instante. De sorte que, à l’arrangement proposé ci-dessus, on pourrait préférer cet autre, qui fait usage du si [7, pour mieux marquer le mode de Sol si [7 la sol fa mi ré ut = sol fa mi ré ut si la so£].
1 A les entendre, toute la première partie du TeDeume st en mode de Sol. 3 Le mot Patris est, dans l'harmonisation, souligné par des quintes en série aboutissant à un accord sans tierce : vague imitation des vieux déchants.
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Primitivement le Te Deum s'achevait après 1 ’aeterna fac cum sanctis tuis gloria numerari, analogue modalement au salvum fac , « intense ». La pièce était-elle donc construite en plusieurs échelles modales ? Y a-t-il dans cet emploi de 1’ « intensité » pour conclure, une intention formelle ? Est-ce une supplication plus ardente qui entraîne cette modulation et l’emploi de cette échelle anormale ?
Mais le Te Deum ne s’arrête plus là. Il y a reprise du thème initial1, avec greffe de la finale mi, signalée plus haut. Et si j’avais poursuivi plus loin la réalisation polyphonique, je serais revenu, pour le et laudamus nomen tuum , à la fondamentale mi, en mode de Mi normal, quitte à réintégrer dans ses droits [à l’m te Domine speravi] le mode de Sol, intense et transposé, et à conclure par la formule ci-dessus (255). Faut-il blâmer les organistes qui, uniformisant la modalité de la pièce, prennent le parti annoncé, au début de cette analyse [p. 190] et se contentent du mode de mi ?
Il est évident que le Te Deum nous met en présence d’une œuvre morcelée, recousue, agrandie, remaniée; que l’ensemble a droit au respect, et le détail aussi ; que, suivant le point de vue, c’est l’ensemble ou le détail qui prévaudra dans la polyphonie ; et que diverses solutions sont défendables.
Il est évident aussi que cette discussion est vaine; que le taceat s’impose ; qu’à de pareilles cantilènes, aussi énigmatiques, aussi ondoyantes, la livrée polyphone est un contresens! Non seulement elle aggrave les inévitables erreurs commises dans l’interprétation modale, mais en
1 Dans le tonus simplex la reprise sur la teneur ut est d’un effet sublime.
Il serait désolant d’abolir cette version, même si elle est erronée. Il y a d’heureuses fautes. Et celle-ci en est une. Elle a droit à survivre et à prendre rang parmi les usages, a lio modo , tolérés. J’adresse cette supplique à qui de droit. C. M. Widor déjà prit la défense de notre Te Deum de France.
renforçant, par empâtement, les cloisons qui séparent les différentes parties de la pièce, elle exagère le faciès des successifs remaniements auxquels l’homophonie, respectée, enlève bien des heurts. La beauté du Te Deum , et surtout de notre tonus simplex , est gravement compromise par toutes les combinaisons harmoniques auxquelles autour de lui nous pouvons nous livrer : elles ne sont que des conjectures.
Cette observation est générale. Il n’est guère de cantilène liturgique qui ne suscite des difficultés analogues. Les exemples choisis Kyrie et Gloria XV, Te Deum , ne sont pas des exceptions. Où sont, dans l’immense répertoire conservé par l’Eglise, les pièces qui ne soient pleines de pièges pour l’harmoniste? Seulement, ces dangers-là, c’est nous qui les créons, par une obstination puérile. Il suffit de rendre à la mélopée chrétienne son caractère essentiel, qui est l'homophonie, pour que ces incohérences prennent fin.
Il faut même ajouter qu’en des cas aussi complexes l’usage de la Quinte Modale conclusive — harmonisation cependant bien restreinte — doit être rigoureusement abandonné. Laissez à ces chants magnifiques le soin de dérouler dans l’espace sonore leurs capricieux méandres. N’insistez pas pour qu’ils vous livrent leurs secrets, et croyez qu’à respecter leurs mystères vous élargirez leur puissance.