XVIII INTRODUCTION
coriespoiident, en effet, au développement prodigieux de Paris dans le cours de ce siècle, — • Paris qui a vu précisément quadrupler sa population de 1801 à 1866 — et ils tienneiit encore à l'afflux exceptionnel de luthériens allemands, sous le second Empire ; de 57,000 qu'ils étaient en France en 1 85}, les Allemands se retrouvent 106,000 en 1866. A Paris, beaucoup d'entre eux se rattachèrent de préférence à TEglise française et ils auraient, par la naturalisation, fini par entrer définitivement dans ses rangs.
Cet élément disparut en majeure partie par la guerre ; mais le vide qu'il laissait aurait dû être comblé par l'immigration alsacienne. A nos yeux et en ne considérant que la population légale^ il l'a été réellement. C'est là un point qu'il ne sera sans doute pas superflu de mettre en lumière.
La population de l'Alsace-Lorraine était de 1,600,000 habitants en 1870. Dans ce chiffre l'Alsace figurait pour les deux tiers Les Alsaciens- Lorrains immigrés en France doivent donc être sensiblement dans la proportion de deux Alsaciens pour un Lorrain. Cela posé, observons que d'après une statistique minutieuse et détiillée publiée en i8g3 par un journal parisien, le département de la Seine compte 42,546 électeurs nés dans les provinces annexées, ce qui représente une population totale au moins quadruple, se décomposant en 1 14,000 Alsaciens et 57,000 Lorrains. Or, le rapport numérique des luthériens aux catholiques d'Alsace était^ en IS70, de 20 0/0 (220,000 î>ur 1,100,000), nous aurions donc dans le département de la Seine une immigration de 23,000 luthériens alsaciens. Remarquons incidemment que les évaluations les plus modérées fixant à 25o,ooo le nombre total des Alsaciens-Lorrains