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Régime des malades

Nous ne parlons ici ({ue des malades ordinaires, les malades payants étant reçus dans les chambres parliculières des hôpitaux et ayant ordinairement un régime particulier.

Le règlement doit fixer une portion entière ou maxima qui est distribuée en 3/4^ l/â, i/i ou même en simples consommés, suivant la prescription du médecin et aux heures qu'il indique, lorsqu'il doit être fait par hasard exception à l'heure réglementaire du repas. C'est pour assurer l'exactitude do ce service qu'il est ordinairement tenu, dans chariue salle, un cahier de visites, où le médecin consigne ses prescriptions et, en même temps que le remède à administrer, le régime ahmentaire du malade. Il importe que le cahier de visites soit conçu de manière que les médecins puissent y indiquer le régime par une annotation claire et rapide, qui devienne en même temps un moyen de contrôle pour les consommations.

La composition de la ration étant déterminée, on la suppose divisée en quatre parties; et dans la colonne réservée à cet effet dans le cahier des visites, on indique par les chiffres 4, 3, 2, 1, 0, si le malade doit avoir 4/4, 3/4, 2/4, 1/4 ou s'il doit lui être donné simplement du bouillon. En additionnant ensuite tous ces chiffres, on obtient la somme des quarts de portions entières distribuées dans une certaine période. En y ajoutant le nombre des portions entières consommées par les valides et les préposés nourris dans rétablissement, on se rend un compte exact de ce qu'ont dû être les consommations de Tannée et Ton a, à leur égard, un contrôle naturel en calculant le nombre de journées que produit le mouvement de la population (1), (2).

L'heure généralement considérée comme la plus propice aux visites médicales est 8 heures du matin. Dès lors, il nous semble qu'à 10 heures les visites peuvent être terminées dans les salles et que les heures les plus favorables et les plus hygiéniques pour les repas sont 10 heures du malin et 5 heures du soir. Ces heures étant adoptées, on peut supprimer à certains malades le lait du matin; cette suppression réalise une notable économie et a l'avantage de permettre la distribution de médicaments qu'il serait difficile ou nuisible d'administrer après un déjeuner, même léger.

La distribution des aliments est faite, après examen du cahier de prescriptions, par les soins des sœurs hospitalières ou des personnes préposées à cet effet par l'administration. Si l'hôpital possède des réfectoires, les malades qui peuvent se lever doivent être tenus^ par mesure d'ordre et aussi par hygiène, de prendre leurs repas dans ces salles spéciales; si au contraire l'établissement ne possède pas de réfectoires, chaque malade doit, pour qu'il n'y ait pas de confusion, attendre la distribution auprès de son lit.

Il est bon que les religieuses ou préposés chargés de la distributioi^ des vivres se servent pour celte opération de cuillers ou mesures en rapport avec les allocations du régime et portant chacune la marque de sa capacité métrique.

(1) Inslruclion ministrrielle du 20 novembre 1830.

(2) Il est accordé sur la viande crue, dans certains hospices, 10 0/0 pour compensation du déchet de dessiccation et du débris occasionné par le dépècement; sur les légumes de saison, légumes frais et pommes de terre, il est accorde 25 0/0 pour déchet d'épluchage.

L'observation rigoureuse du régime étant une des conditions essentielles de la guérison, les malades ne devront, sous aucun prétexte, s'écarter des prescriptions du médecin.

Pain. — € Le pain rassis et le pain frais, dit le savant professeur Gautier (1), ont à peu près la môme composition. En 5 jours, le pain frais perd de 1 à 3 centièmes de son eau, mais il devient rassis, même dans une atmosphère saturée d'humidilé; on ne sait pas encore la cause de cette transformation singulière. Le pain rassis et bien cuit est celui qui nourrit et se digère le mieux. Le pain frais ordinaire contient environ, pour le même poids, moitié moins de substances albuminoïdes que la viande de bœuf. En revanche, plus d'un tiers de son résidu sec est de l'amidon, capable de produire de la chaleur et de la graisse. D'un autre côté, les substances protéiques du pain ne sont pas aussi facilement assimilables que les matières de la viande. On voit donc qu'à certains égards le pain n'est pas un aliment aussi parfait que la chair musculaire. Encore parlons-nous du pain de froment, car après celui-ci viennent, en valeur nutritive décroissante, les pains d'orge, de seigle, d'avoine de maïs et de riz. »

Les hôpitaux, s'ils ne fabriquent pas eux-mêmes leur pain, doivent exiger de leurs fournisseurs, deux variétés :

1** Le pain nécessaire à la consommation, qui doit être de première qualité;

2** Le pain de soupe, qui est beaucoup plus cuit et qui fournit des soupes aussi sapides et aussi nutritives que les pâtes à potage; il a même sur les pâtes alimentaires l'avantage d'être de fabrication toujours récente.

La circulaire ministérielle du 31 janvier 18 iO fixe la ration ou portion entière de pain à distribuer dans les hôpitaux :

Hommes 750 grammes

Femmes GOO —

Enfants 500 —

Voici comment la ration entière est établie par les règlements dans les hôpitaux suivants :

(1) La Chimie appliquée à la physiologie.

Tours . . .

l)csaQi;oii .

Uajoiuie. .

MoDtpellicr.

Marseilli'. .

Cherbourg .

Orléans . .

Grenoble. .

[lordeaux .

l'au. . . .

Cliâlons-sur- Tarifs. . .

Cbambéry ,

LUIe

TouloD

Taaiousr

Celle ,

Cai'cassouiie

Chorlros

mois

Narboime

llâpital niililairc de Dade

Charilé de Berlin

Uruxollea

Madrid

lldpilal de la Commirni' à Copen-

hapue

SaiulB-Marie à Moscou

Saiot-Bartoîomew à Londres . . .

Siinl-Tliomais ^ Londres

Royal frue hospilal à Loadros . .

î's collège à Londres

ring cross à Londres . . . . .

il-lj<'0rgi) à Londres

Nous croyons qu'on doit fixer comme il suit la ration entière (y compris 50 grammes de pain pour soupe) :

Hommes 650 grammes

Femmes et enfants 55Ô —

Viande. — La viande de boucherie, aliment plastique par excellence, joue à juste titre un rôle très important dans Talimentation deThommeà tous les âges de la vie ; elle est, avec le pain, la base de la nourriture solide des hôpitaux. La fourniture en est ordinairement mise à l'adjudication, conformément à Tordonnancc du 14 novembre 1837 et il est stipulé que la viande devra être de première qualité. Mais que de fournisseurs tiennent peu compte de cette condition et livrent à très chers deniers les meilleurs morceaux à leur clientèle pour ne donner aux maisons hospitalières que des parts osseuses et membraneuses ! Les économes ne sauraient trop se préoccuper de celte façon d'agir; qu'ils veillent bien à ce que les livraisons soient faites consciencieusement et fournissent une quantité suffisante de bonne viande pouvant être rôtie.

Le mode de cuisson généralement adopté pour la viande rôtie laisse beaucoup à désirer. Elle est cuite dans des sortes de lèchefrites qui la durcissent sans lui donner le bon goût et les qualités alibiles qu'on obtient par le rayonnement direct du combustible. C'est un inconvénient presque irrémédiable, peu d'hôpitaux pouvant installer des rôtisseries.

Voici comment dans les hôpitaux suivants est déterminée la portion entière de viande.

ÉTABI.ISSF.ME!iiT<i.

Versailles ....

Bcsanroa ....

Grenoble

Bordeaux ....

Châlons-sur-Marne

Ntmcs

Nantes

Lyon

Toulouse

nOMMES.

gr

FEMMES

noo

gr

ODSLRVATIONS.

Viande cuite et désossée.

Crue avec os.

Par repas, cuile et désossée.

âoO»', cuite et désossée.

— Ui —

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