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SÉ RO— GLOBULINE

SÉRINE.

RAPPORT

Très acide )

Après neutralisation. \

Extrêmement acide../

Après neutralisation. ^

Extrêmement acide..)

Oit

Après neutralisation. J

Extrêmement acide. . /

oo

Après neutralisation. \

Très acide )

xtprès neutralisation. (

Très acide 1

Après neutralisation. \

Un voit que, d’une manière constante, après neutralisation de l’urine.

TRAITÉ DE L’ALBUMINURIE

la quantité do globuline diminue, et, fait assez curieux, dans ces six expériences, la différence a été la même, soit 1 gramme en moins dans l’urine neutralisée que dans l’urine acide.

Nos expériences confirment donc l’assertion de Ott, et il nous parait que la réaction de l’urine doit être tenue en sérieuse et nécessaire considération, lorsqu'il s’agit d’apprécier les rapports réciproques de la sérine et de la séro-globuline dans une urine albumineuse. La conclusion même qui s’impose au point de vue pratique est que, pour avoir des résultats comparables entre eux, il faut toujours ramener à la neutralité l’urine dont on veut doser la globuline par le sulfate de magnésie. Faute de cette neutralisation préalable, on obtiendra toujours dans les urines très acides une proportion trop forte de globuline, trop faible de sérine.

On s’expose même, en ne tenant pas compte de l’acidité urinaire, à des erreurs plus graves. D’après les faits que nous venons de relater, il nous paraît en effet évident que les prétendus cas de globulinurie indiqués par quelques auteurs (Estelle, Werner).(l) doivent être interprétés comme des cas d’albuminurie légère à urines très acides, où, en raison de l’acidité extrême et de la faible proportion d’albumine, la sérine a été précipitée en même temps que la globuline. Dans les deux cas d’Estelle et dans le cas de Werner, en effet, la réaction de l’urine n’est pas indiquée, et il s’agissait d’urines faiblement albumineuses; dans l’une des observations d’Estelle, on voit qu’au moment où l’urine devient plus fortement albumineuse, on constate, après précipitation de la globuline, la réaction de la sérine. Nous avons dit plus liaut que, sur 260 analyses, 45 fois Ott avait trouvé de la globuline seule, et toujours la réaction était très acide; mais Ott n’indique pas la richesse de ces urines en albumine.

Pour notre part, jamais nous n’avons constaté, sur une centaine d’analyses, la présence dans une urine albumineuse de la séro-globuline à l’exclusion de la sérine, même quand l’acidité était extrême.

A priori , il n’est pas vraisemblable d’ailleurs que la globuline passe isolément dans l’urine; on ne saurait concevoir pourquoi et comment le rein séparerait et éliminerait un des corps albumineux du sérum à l’exclusion de l’autre. On croyait, il est vrai, autrefois, que la séro-globuline était extrêmement diffusible, contrairement à la sérine ; mais les recherches de Gottwald ont établi le contraire. Nous discuterons plus loin les expériences d’Estelle et de Faveret et la globulinurie expérimentale qu’ils ont provoquée par l’injection de globuline dans le sang des lapins et des chiens. Dès à présent, nous pouvons dire que, chez l’homme, la globulinurie ne nous paraît pas admissible ; qu’en tout cas aucune observation profil Estelle, üev. de méd., 1SS0, p. 740. — AVkrner, Deustch. mdd. Wochensch., 1880, n° 46.

DE L’ALBUMINURIE

baille, à l’abri de toute critique, n’en démontre la réalité. Les quelques exemples publiés sont des erreurs d’interprétation: ils s’expliquent par ce fait que l’on n'a pas tenu compte de l’acidité de l’urine. Si l’on a soin de neutraliser au préalable le liquide, on constatera toujours la coexistence des deux matières albuminoïdes dans toute urine albumineuse.

Ce point établi, doit-on admettre que le degré d’acidité du milieu urinaire est la seule condition capable de faire varier le rapport de la séroglobuline à la sérine? Si l’excès de globuline était toujours et uniquement dû à l’acidité exagérée de l’urine, les urines acides devraient présenter ce rapport d’une manière constante. C’est bien la loi que ’Ott semble vouloir tirer de scs expériences, puisque, sur 112 analyses d’urines acides, il a presque toujours trouvé peu ou pas de sérine, et 11 fois seulement les deux matières albumineuses en quantité à peu près égale. Mais Ott n’indique pas la proportion en chiffres de ces deux substances. Or, si, dans notre observation 111, la quantité de globuline est constamment supérieure à celle de sérine, dans notre observation II, sur huit analyses nous ne constatons qu’une fois cet excès de globuline.

D’autre part, si l’hypothèse de Ott était absolument vraie, en neutralisant l’acidité de l’urine, on devrait ramener la proportion des deux substances à celle que l’on constate dans une urine naturellement neutre ou faiblement acide, c’est-à-dire à une proportion égale de sérine et de séro-globuline, ou supérieure de sérine. Or, après neutralisation de l’urine, il y a toujours, il est vrai, diminution de la quantité de globuline; mais, même ainsi réduit, le taux de la globuline peut encore rester plus élevé que celui de la sérine.

Enfin, dans des urines neutres ou faiblement acides, on constate des chiffres très variables de sérine ou de séro-globuline, et si, d’une manière générale, la proportion de sérine est plus forte que celle de globuline, cette proportion peut osciller dans des limites assez larges, et aucun rapport fixe ne peut être déterminé.

Donc, abstraction faite des modifications apportées par le milieu chimique, il y a lieu de faire intervenir les intluences d’ordre plus élevé qui peuvent agir sur l’albumine du sérum sanguin. Ces influences, faut-il les chercher dans l’état anatomique du rein, dans la nature de la lésion rénale? Faut-il les rapporter aux conditions qui font varier, dans le milieu sanguin même, les rapports des deux corps albumineux du sérum?

Nous aurons à revenir sur ces questions à propos de l’étude des urines b rigli tiques. Disons dès maintenant que, d’après quelques faits encore bien peu nombreux, les variations de la sérine et de la séro-globuline urinaires paraissent suivre assez exactement celles des deux substances albuminoïdes du sérum sanguin.

TRAITÉ DK L’ALBUMINURIE

Estelle a fait quelques analyses dans cet ordre d’idées. Voici les chiffres qu’il a obtenus dans deux cas de mal de Bright chronique.

Première observation.

Sérum sanguin.

de sérum.

Sérine 30sr06 Sérine...

Globuline 34 04 Globuline

Albumine totale 83sr 00

Pour 100 d’albumine.

Urine.

Pour 1000 d’urine.

Sérine 4sr 06

Globuline 7 32

Albumine totale llsr 92

Pour 100 d’albumine.

Sérine 39;r00

Globuline 61 00

Deuxième observation.

Sérum sanguin.

Albumine total

Pour 1000 de sérum.

. 18sr 00 . 36 00

Sérine. . .

Globuline

Pour 100 d’albumine.

. 33sr00

Urine.

Pour 1000

d’urine.

Serine 3sr50

Globuline 7 42

Albumine totale 10='r 92

d’albumine.

Sérine 33sr00

Globuline 67 03

Chez un homme de 60 ans, atteint de mal de Bright avec atrophie rénale, avec œdème des jambes, nous avons dosé le môme jour l’albumine du sérum sanguin obtenu à l’aide de ventouses scarifiées appliquées sur la poitrine, et l’albumine de l’urine. Pour ces deux analyses, nous avons employé la méthode indirecte indiquée plus haut. L’urine était très faiblement acide.

DE L’ALBUMINURIE

Si'rum sanguin.

Pour 1000

de sérum.

Sérine 29sr 00

Séro-globulino 36 00

Albumine totale 65'* 00

Pour 100 d'albumine,

Serine 4i*r06

Séro-globuline 63 03

Urine.

d’urine.

Sérine le 50

Séro-globuline 2 00

Albumine totale 3;r50

Pour 100 d'albumine.

Sérine 42e 08

Séro-globuline 57 01

On voit que, pour 100 (l’albumine, qu’il s’agisse de l’albumine urinaire ou de l’albumine du sérum sanguin, les rapports de la sérine et de la séroglobuline sont sensiblement les mêmes. Chez notre malade, en nous servant du mode de notation que nous avons adopté jusqu’ici, c’est-à-dire en prenant comme chiffre du rapport le quotient de la division de la sérine par la séro-globuline, ce rapport est, pour l’albumine du sang, de 0,80, pour l’albumine de l’urine, de 0,75.

Il est donc permis de chercher dans les variations de constitution de l’albumine du sang la cause des variations de rapport entre la sérine et la séro-globuline de l’urine. Et réciproquement, la connaissance des rapports proportionnels de ces deux substances dans l’urine albumineuse peut et doit nous renseigner sur l’état du sérum sanguin. Il y a làun vaste champ ouvert aux recherches, au point de vue de l'Influence de l’alimentation, des trouilles digestifs, respiratoires, etc. Bien plus, un élément important de pronostic peut être tiré del’étude des rapports delà sérineetde la séro-globuline dans l’urine. Nous avons vu que, pour le sérum sanguin, l’abaissement de ce rapport au-dessous de 1 est un signe de la gravité de l’affection. Si le fait est exact, si, d’autre part, on peut conclure de la proportion de globuline constatée dans l’urine à la proportion qui existe dans le sang, ou pourra déduire de cette constatation des renseignements intéressants sur l’état général du malade, et l’augmentation anormale de la quantité de séro-globuline au détriment de la sérine sera l’indice d’une aggravation de la maladie.

II — Procédés de recherche et de dosage des peutones urinaires.

Les deux matières peptoniques dont la présence a été signalée dans l’urine sont la propcplonc ou hémialbumose et la peptone proprement

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dite. Nous avons déjà étudié les caractères distinctifs de ces deux variétés de peptones entre elles, aussi bien qu’avec l'albumine vraie. Il nous reste à dire comment on décèle et on reconnaît leur existence dans l’urine.

A. — Recherche de la propeptone ou hémialbumose dans l’urine.

La seule réaction caractéristique de l’hémialbumose est de précipiter à froid par le chlorure de sodium en excès en présence de l’acide acétique. Si donc, dans une urine non albumineuse, acidifiée par l’acide acétique, on voit, par l’addition de sel marin en poudre ou de parties égales d’une solution saturée de ce sel, se produire un trouble, on peut être certain que cette urine renferme de l’hémialbumose. En chauffant, le précipité disparaîtra par la chaleur; il reparaîtra par le refroidissement.

Toutes les autres réactions de la propeptone lui sont communes, soit avec la peptone, soit avec l’albumine. Comme pour la peptone, une urine qui ne contient que de l’bémialbumose, ne se trouble pas quand on la porte à l’ébullition. Comme l’urine albumineuse, l’urine propeptonique précipite à froid par l’acide nitrique et par l’acide acétique et le ferrocyanure de potassium.

Mais il ne faudrait pas croire que toute urine, qui ne se coagule pas à l’ébullition et qui donne à froid un précipité par l’acide nitrique ou par l’acide acétique et le ferro-cyanure, est une urine propeptonique. Nous savons qu’une telle urine peut être albumineuse, si elle est neutre ou alcaline. D’autre part, une urine albumineuse donne aussi un précipité par l’acide acétique quand elle a été saturée par le chlorure de sodium ou le sulfate de soude. Mais le précipité ne se dissout pas par la chaleur.

Il est donc indispensable, pour conclure à la présence de l’hémialbumose, de s’assurer au préalable que l’urine ne contient pas d’albumine, et, si elle est albumineuse, delà débarrasser de cette albumine. On saturera l’urine de chlorure de sodium et on y ajoutera de l’acide acétique. L’urine, ainsi traitée, sera portée à l’ébullition et filtrée à chaud. L’albumine coagulée reste sur le filtre. Si l’urine renferme en outre de l’bémialbumose, le précipité apparaîtra dans le liquide filtré après refroidissement, et après addition d’un nouvel excès de sel marin.

La propeptonurie est une question actuellement à l’étude ; elle n’a jusqu’à présent qu’une importance pratique médiocre. Nous n’avons que des notions vagues et incomplètes sur les conditions qui font apparaître l’hémialbumose dans l’urine. On s’accorde à reconnaître que la substance signalée par Bence Jones, il y a longtemps, dans l’urine de malades ostéomalaciques (1), était probablement de la propeptone. Langendorff

(1) Bence Jones, Philosoph. transactions , 1848. — Voir aussi Macintyre, Med. chir. trans., 1850.

DE L’ALBUMINURIE

el Mommsen, dans un cas d’ostéomalacie, ont retrouvé la même matière albuminoïde, non seulement dans l’urine pendant la vie, mais aussi, après la mort, dans la moelle des os (1). Mais la propeptonurie n’est pas constante dans l’ostéomalacie; car, dans trois cas, Fleisclier a constaté que l’urine ne renfermait pas d’hémialbumose. Et, d’un autre côté, le même auteur indique, dans la moelle des os sains, l’existence d’une matière présentant les réactions de la propeptone (2).

Senator dit avoir trouvé de l’bémialbumose dans l’urine, sans albumine, chez sept malades atteints de pneumonie, de diphthérie, de cancer de l’œsophage, d’bémiplégie. Dans un certain nombre d’autres cas, il existait en même temps de la propeptonurie et de l’albuminurie (3).

D’après les recherches de Ter. Grigoriantz, la propeptonurie ne serait pas rare. Get auteur en rapporte 25 cas, observés à la clinique de Dorpat (4). Les malades étaient atteints d’hépatite suppurée, de pneumonie, de septicémie, de péritonite cancéreuse, d’apoplexie cérébrale, de catarrhe vésical, d’affections puerpérales, d’endocardites, de fièvre typhoïde, de pemphigus, de phtisie pulmonaire, de néphrite. Le plus souvent, il y avait en piênie temps albuminurie; dans trois cas, l’hémialbumose coexistait ou alternait avec la présence de la peptone. Grigoriantz a fait deux fois le dosage de l’hémialbumose ; la quantité variait de GO à 70 centigrammes par litre.

On pourrait ajouter encore quelques faits de même genre, entre autres le cas de Jaksch (5) : la propeptonurie coexistait encore ici avec l’albuminurie chez un malade atteint de tuberculose pulmonaire et intestinale, avec péritonite, foie gras et néphrite. Mais on peut dire avec Jaksch que nous ne sommes pas encore en état de déterminer les conditions pathogéniques de la propeptonurie. 11 est impossible de rien conclure de l’énumération des maladies disparates que nous venons de faire.

L’hémialbumose a été signalée, d’une façon passagère, par Leubeetpar Grigoriantz, dans l’urine de sujets atteints d’affections cutanées, urticaire dans un cas, érythème provoqué par des onctions mercurielles dans l'autre. Le malade de Leube eut en môme temps de l’albuminurie ; chez celui de Grigoriantz, l’hémialbumose fut remplacée au bout de quelques jours par de la peptonurie qui persista plusieurs semaines (G). On

(1) Laxgkndorff et Mommsen, Virchow' s Arcliiv, IM. L\IX, p. 465.

(2) Flkiscjieh, Virchow' s Archiv, Bd. LXXXI, p. .'109.

(3) Senator, Die Albuminurie in g es . uml kranken Zustandc, Berlin, 1882.

(i) Ter. Grigoriantz, Ucber Homialbunioso (Diss. Dorpat , 1883).

(5) Jakscii, Ucber propeptonurie (Zeilsch. fur Klin. meJ., 1884, VIII, 216).

(6) Ter. Grigoriantz, Ueber Hcinialbumosurie ( Zeilsch fur. phys. Chemie, 1882, VI, 537).

TRAITÉ DE L’ALBUMINURIE

peut rapprocher de ces cas de propeptonurie d’origine cutanée les observations de Lassai*. Dans ses expériences sur les lapins, cet auteur a constaté, après l’application de matières irritantes sur la peau de ces animaux préalablement épilés, l’apparition dans l’urine d’une substance albuminoïde donnant les réactions de la propeptone et précédant ordinairement l’apparition de l’albumine (1).

Fueter Slcnell (2) a encore observé un cas de propeptonurie transitoire chez une dame de 38 ans, qui avait été prise brusquement de violentes douleurs dans les reins et le dos avec sensation de constriction épigastrique. L’urine était trouble, acide, d’une densité de 1032; elle laissait déposer des cristaux d’acide urique, des globules rouges et des cellules épithéliales sans cylindres. Cette urine était fortement albumineuse; en outre, le premier jour, on constata de l’iiémialbumose en grande quantité. Dès le lendemain, le précipité était très faible. Le troisième jour, l’urine ne contenait plus ni albumine, ni propeptone.

Enfin, dans deux cas, à l’état de santé, Noorden a trouvé dans l’urine du matin, chez des soldats, de l’hémialbumose ; dans les deux cas, l’urine contenait du sperme (3). •

Ces quelques observations sont trop peu nombreuses pour qu’on puisse attacher à la propeptonurie une valeur clinique sérieuse.

B. — Recherche de la peptone dans l’urine.

La grande difficulté de cette recherche est d’obtenir une urine absolument exempte de toute trace d’albumine et de mucine. La présence de la plus faible quantité de l’une de ces substances est une cause d’erreur; car toutes deux donnent les réactions qui servent à caractériser la peptone. Les premières recherches de Gehrardt, d’Obermuller, de Schultzen et Riess, deSenator, de Pétri, sur la peptonurie, ne fournissant que des indications approximatives ; car le procédé employé par ces auteurs, la précipitation par l’alcool, n’éliminait ni l'albumine, ni la mucine. C’est seulement depuis les travaux d’Hofmeister que la présence de la peptone dans l’urine a été établie d’une manière indiscutable.

Quand on veut procéder à la recherche de la peptone urinaire, il faut donc, avant toute chose, débarrasser l’urine de l’albumine et de la mucine. Voici comment on pratique cette opération préliminaire, suivant les indications d’Hofmeister.

Premier procédé. — On ajoute à l’urine une petite quantité d’une

(1) Lassa», Virchow’ s Archiv, DJ. LXXVII, 1880.

(2) Fukter Sknkll, Fin Fait von Homialbutnose iin Harn (Corresp. Illatt Schweiier Aerzte, fov. 1883).

(3) Noordex, Arcli. /'tir Klin, med., 1880, XXXVIll, p. 205.

DK L'ALBUMINURIE

solation d’acétate neutre de plomb; on fait bouillir et on filtre. L’urine est en même temps décolorée et débarrassée d'albumine. Bile ne doit pas donner de trouble par l’acide acétique et le ferro-cyanure de potassium. Si un trouble se produit, on recommence l’opération (I).

Deuxième procédé. — On prend un demi-litre d’urine qu’on additionne de 10 centimètres cubes d’une solution concentrée d’acétate de soude' Sur ce mélange, on laisse couler goutte à goutte une solution de perchlorure de fer jusqu’à ce que le liquide prenne une teinte rouge. On neutralise alors, à l’aide d'une solution alcaline, jusqu’à réaction neutre ou faiblement acide. On porte à l’ébullition et on filtre après refroidissement. Si le fer et l’alcali ont été ajoutés en proportion convenable, le liquide filtré ne contient ni fer, ni albumine. 11 ne doit pas se troubler par l’acide acétique et le ferro-cyanure de potassium. Du reste quelques traces de fer ne nuiraient pas à la recherche de la peptone (2).

Ce deuxième procédé doit être employé de préférence quand l’urine contient de l’albumine. Si l’urine n’est pas albumineuse, il faut néanmoins toujours la traiter par l'acétate de plomb. La recherche de la peptone est d’abord facilitée par la décoloration du liquide. En outre, toute urine pathologique renferme un excès de mucine dont il est aussi indispensable de la débarrasser que de l'albumine. La filtration, après précipitation par l’acétate de plomb, répond à ces deux indications.

Dans une urine ainsi préparée, la présence de la peptone peut être décelée par les différents réactifs que nous avons indiqués plus haut.

Les réactifs de Tanret, de Millard, d’Oliver, la solution saturée d’acide picrique, le sublimé, donnent un précipité blanchâtre, opalescent ou floconneux qui disparait par la chaleur et réparait après refroidissement.

Le tannin et l’alcool absolu produisent un précipité floconneux; le précipité alcoolique se redissout dans l’eau, même après un contact prolongé avec l’alcool.

Le réactif de Millon détermine à chaud une coloration rouge.

Le réactif de Randolph produit une coloration jaune.

Une solution alcaline de sulfate de cuivre donne la réaction du biuret, c’est-à-dire une teinte rose allant jusqu’au rouge pourpre.

Hormeister préconise de préférence l’emploi d’une solution acétique de phospho-tungstate de soude. Dans l’urine préalablement traitée par l’acétate de plomb et filtrée, on verse un cinquième de son volume d’acide acétique et d’une solution acétique de phospho-tungstate de soude. Si un trouble se produit immédiatement ou dans l’espace de cinq minutes, il indique la présence de la peptone. Si le trouble est plus tardif, il peut

(1) Hokmeister, Ztitsch., f.pliys. Chemie, 1830, IV, 253, cl 1881, V. 67.

(2) Hofmeister, Zeitsck., /'. phijs. Chemie, 1878, p. 292.

TRAITÉ l)H L’ALBUMINURIE

être dû. à d’autres substances, à la créatinine par exemple. Si le liquide reste clair, on peut conclure à l’absence de peptones.

Mais ces diverses réactions pratiquées sur l’urine même ne donnent pas une certitude absolue. Elles se produisent en effet, non seulement en présence de la peptone, mais aussi en présence d’autres matières qui peuvent être tenues en solution dans l’urine, créatinine, alcaloïdes, etc. Pour éviter toute erreur, il convient donc d’opérer, non sur l’urine, même après traitement parle plomb, mais, comme l’a conseillé Hofmeister, sur la peptone elle-même précipitée par une série des nouvelles opérations.

Pour précipiter la peptone, on peut se servir d’une solution de tannin (Maixner) ou de phospho-lungstate de soude (Hofmeister).

Donc, dans l’urine traitée par l’un des procédés préliminaires décrits plus haut, on verse une solution concentrée de tannin. On laisse reposer vingt-quatre heures; on filtre; le précipité resté sur le filtre est lavé avec une solution faible de tannin et de sulfate de magnésie, pour empêcher le lavage d’entraîner la peptone.

Si on se sert de pliospho-tungstate de soude, on ajoute à l’urine un dixième de son volume d’acide chlorhydrique, et on précipite la peptone avec une solution chlorhydrique de pliospho-tungstate. On filtre; on lave le précipité sur le filtre avec de l'eau acidulée d’acide sulfurique à 3 ou 5 0/0.

La peptone, recueillie par un de ces deux procédés, est agitée dans une capsule avec de l’eau de baryte, à laquelle on ajoute quelques fragments d’hydrate de baryte. On porte à l’ébullition pendant quelques minutes, et on filtre. Le liquide filtré tient la peptone en solution.

Sur cette solution, on peut essayer une des réactions ci-dessus énumérées. Hofmeister préfère la réaction du biuret. On ajoute quelques gouttes d’une solution de sulfate de cuivre à l ou 2 0/0. La présence de la peptone est caractérisée par l’apparition d’une teinte rose, rouge violet ou rouge pourpre. D’après Hofmeister, cette réaction décèle une proportion de 15 à 20 centigrammes de peptone par litre.

La réaction de Randolph serait plus sensible. Pour 5 centimètres cubes de liquide, on ajoute 2 gouttes d’une solution saturée d’iodure de potassium, puis 4 à 5 gouttes du réactif de Millon. Une teinte jaune caractérise la présence de la peptone. D’après Randolph, 0,06 centigrammes de peptone par litre suffiraient pour déterminer la réaction.

La recherche de la peptone dans l’urine comprend donc trois opérations successives :

1° La précipitation de l’albumine et de la mucine par l’acétate neutre de plomb ou par l’acétate de soude et le perchlorurc de fer;

2° La précipitation de la peptone par le tannin ou la solution chlorhydrique de phospho-tungstate ;

3° La démonstration de la présence de la peptone dans la solution harytée à l’aide d’une de ses réactions caractéristiques, et en particulier de la réaction du biuret.

Quant aux méthodes de dosage, nous n’avons que peu de chose à en dire. Hofmeister a conseillé l’emploi du polarimètre, après précipitation par l’acétate neutre de plomb. Mais cette méthode n’est applicable qu’à des liquides très riches en peptone, et non à l’urine.

Schmidt-Mulheim a imaginé un procédé de dosage colorimétrique fondé sur la réaction du hiuret. Dans une solution titrée de peptone, on ajoute goutte à goutte une solution de sulfate de cuivre et de potasse, et l’on s’arrête lorsque la coloration rose vire au bleu. On étend alors le liquide d’eau, de manière que 3,000 centimètres cubes renferment 1 gramme de peptone. On détermine ensuite la réaction du biuret dans un volume donné du liquide à analyser, jusqu’à ce que la couleur rose tourne au bleu. On mesure le liquide, on l’introduit dans un récipient de verre semblable à un second récipient contenant une quantité mesurée de liquide étalon, et on l’étend d’eau jusqu’à identité de nuance avec celle du liquide titré. La proportion de peptone contenue dans la solution titrée étant connue, on peut facilement calculer à l’aide d’une formule la quantité de peptone cherchée (1).

D’après Schmidt-Mulheim même, les résultats obtenus par ce procédé sont très arbitraires. A défaut d’autre, ce mode de dosage pourrait néanmoins servir pour donner une idée approximative de la richesse peptonique d’une urine.

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