DESIGNATION DES URINES
ALBUMINE par litre.
Urines du jour. . . .
( Urines de la nuit .
j Urines du jour . . .
I Urines de la nuit.
Urines du jour . . .
Urines de la nuit.
Urines du jour . . .
Urines de la nuit.
Urines du jour . . .
Urines de la nuit .
Urines du jour
Urines de la nuit.
osr,30 5 00
A l. Ii l >1 1 > E
totale.
GO
Liiez ce malade, la proportion pour 1000 n’est guère différente dans l’urine du jour et dans celle de la nuit; à plusieurs reprises même,
l’urine de la nuit est plus riche en albumine que celle du jour, et une lois la différence est de 9,50 à 5,50. Quant à la quantité absolue, elle est parfois inférieure; mais, d’autres fois, elle est plus élevée dans 1 urine de la nuit.
Dans cette question des variations diurnes et nocturnes de l’albuminurie, il faut distinguer, comme toujours, la richesse relative de l’urine en albumine et la proportion absolue d’albumine excrétée dans un temps donné. Les deux choses ne marchent pas de pair.
Au point de vue du tant pour 1000 d’albumine contenu dans l’urine, la règle est que l’urine de la nuit est moins albumineuse que celle du jour ; quand le rapport est renversé, comme dans notre deuxième observation, cette modification indique une aggravation du pronostic. Chez notre malade, elle s'est produite dans les quinze derniers jours de la vie; elle a précédé la suppression de l’urine du jour d’abord, puis l’anurie absolue. Dans la période de jour, comptée de 10 heures du matin à 10 heures du soir, l’urine la plus fortement albumineuse est excrétée dans l’aprèsdiner, de 4 heures à 10 heures du soir.
Au contraire, au point de vue de la proportion absolue d’albumine perdue par le malade, les différences sont moins marquées entre le jour et la nuit, la sécrétion aqueuse étant plus abondante la nuit. On ‘peut dire que, normalement, dans les conditions ordinaires, le malade rend un peu plus d’albumine dans la période diurne que dans la période nocturne; mais souvent aussi les deux chiffres sont à peu près égaux, et, quand le régime lacté est institué, l’albuminurie peut être plus abondante la nuit. D’autre part, dans l’urine du jour, la proportion absolue d’albumine excrétée de lü heures du matin à 6 heures du soir, c’est-à-dire dans le milieu de la journée, est beaucoup plus élevée que celle de la période suivante, c’est-à-dire de l’après-dîner.
Diverses inlluences expliquent ces variations de l’albuminurie ; les principales sont : la fatigue et le repos, la station debout ou couchée, la digestion et le jeûne, l’alimentation.
b) Influence du repos et de la fatigue. — Nous avons vu que la fatigue était un moyen de rendre apparente une albuminurie latente; nous ne reviendrons pas sur les observations d’Edlefsen, de Rooke, elc. Bartels avait déjà noté cette alternance dans la présence et l’absence de l’albumine dans l’urine, suivant que les sujets se donnaient du mouvement ou restaient couchés, chez trois de ses malades qu’il avait pu suivre pendant plusieurs mois. En même temps que dtU’albuminurie, ajoute-t-il, ils présentaient l’hypertrophie caractéristique du ventricule gauche, de sorte qu’il n’v avait aucun doute sur la nature de leur affection rénale. Riiez un autre malade atteint à la fois d’albuminurie, de rétinite et d’hypertrophie cardiaque, l’urine contenait constamment de l’albumine le
■18G TRAITÉ DE L’ALBUMINURIE
jour et la nuit, avec cette différence que, lorsqu’on été le malade se promenait à l’air libre, l’urine du jour contenait proportionnellement et absolument plus d’albumine que celle de la nuit.
('.liez un de nos malades, tenu au lit depuis dix jours et soumis au régime lacté, nous avons fait l’épreuve suivante: l.e 20 juin, l’analyse des urines donne :
Album in e
Albumine
Quantité.
totale.
Urines du jour
gr.
gr-
Urines de la nuit
Totaux
Le 21, le malade fait vers midi [une marche rapide d’une demi-heure et reste levé pendant quatre heures.
Quantité.
Albumine
Albumine
totale.
gr-
gr.
Urines du jour
Urines de la nuit
Totaux
Le lendemain, le malade est tenu au repos absolu au lit.
Albumine
Albumine
Quantité.
totale.
gr-
gr.
Urines du jour. . . .
Urines de la nuit..
Totaux
Quelques jours après, une deuxième épreuve est faite. Le malade ayant
élé tenu au lit les jours
précédents, on trouve les
chiffres suivants le
25 juin :
Albumine
Albumine
Quantité.
totale.
gr.
gr-
Urines du jour. . .
Urines de la nuit.
Totaux. ...
Le 20, le malade reste levé pendant trois
heures dans l’après-midi ; il
aide l’infirmier dans le service de la salle; il se couche, éprouvant un peu de fatigue.
Quantité.
Albumine
Albumine
totale.
gr-
gr.
Urines du jour
Urines de la nuit
Totaux
L’iniluence de la fatigue est nettement mise en évidence par ces deux expériences. Une fatigue violente avec marche rapide fait hausser l'albuminurie quotidienne de plus de 8 grammes. La staLion debout avec exercice modéré a déterminé seulement une augmentation de 2 grammes d'albumine pour les vingt-quatre heures. Dans le premier cas, la hausseaporté tout entière sur l’urine du jour; dans le second, c’est l’albuminurie nocturne qui a été plus marquée. Cette différence ne tient, croyonsnous, qu’à l’heure plus tardive de l’après-midi où le malade s’est levé dans la seconde expérience.
e) Influence du jeûne et de la digestion. — Parkes et Gubler ont les premiers signalé l’influence de la digestion sur les variations de l’albuminurie. Des trois cas de Parkes, le premier seul est nettement concluant; il s’agissait d’un mal de Bright chronique avec anasarque. L’urine sécrétée pendant une heure, quinze heures après le repas, renfermait 70 centigrammes d’albumine. Le même jour, deux heures après le repas, la quantité d’albumine rendue dans le môme temps, s’élevait à l^TO. Un autre jour, l’urine du jeûne renfermait 55 centigrammes d’albumine; l'urine de la digestion, Ur,5ü (I).
Gubler donne les cinq analyses suivantes ; il appelle urines de la digestion, les urines d’une période de douze heures (10 h. du matin à 10 h. du soir), comprenant les repas et le temps de la digestion, et urines du jeune, les urines de 10 heures du soir à 10 heures du matin, correspondant à l’abstinence de nourriture (2).