HEURES
QUANTITÉ
d’urine.
ALBUMINE p. 1000.
ALBUMINE
totale.
De 5 à 8 li. du mat
De 8 à 11 1). du mat
Do 5 à 8 li. du mat
De 8 à 11 h. du mat
De 5 à 8 li. du mat
De 8 a 11 h. du mat
On yoit nettement, dans ce cas, l’importance de la distinction que nous avons indiquée entre la richesse relative de l’urine en albumine et la quantité totale d’albumine excrétée. L’urine rendue après le repas est plus chargée d’albumine que l’urine rendue à jeun ; mais, la quantité d’eau étant moindre, le malade perd en fait autant et parfois plus d'albumine dans les trois heures qui précèdent que dans les trois heures qui suivent le repas. Il en est de même dans la deuxième série d’expé-
(1) Pavy, The Lancet, 1863.
riences du même auteur, où l'urine était recueillie six heures avant et six heures après le repas.
JOURS
Il F. un ES.
QUANTITÉ
d'urine.
A 1. Il U M 1 N E p. 1000.
AUIUMI N E totale.
!*■ jour. . . .
De midi à 6 h
De 6 li. à minuit
2' jour. . . .
De midi à 6 li
De 6 h. à minuit
De midi à 6 h
jour. ... j
De 6 h. à minuit
L’observation de notre malade brigli tique, que nous avons déjà citée à propos des variations diurnes de l’albuminurie, fournit les mêmes conclusions que celles de Parkes, Guider, Pavy. Gomme Parkes, si nous comparons l’urine sécrétée pendant une heure à la période de jeune complet, c’est-à-dire quatorze à seize heures après le dernier repas, à l’urine sécrétée pendant le même temps dans les heures qui suivent le déjeuner, nous trouvons les chiffres suivants :
Albumine par heure.
gr-
, . ( Période du jeune 0.43
1er jour.' J
( Période de la digestion 1.16
oc j0ur>l Période du jeûne 0.31
’) Période de la digestion 1.00
„„ . I Période du jeûne 0.40
3° jour.; J
( Période de la digestion 1.10
C’est là, croyons-nous, le meilleur procédé pour mettre en lumière l’influence réciproque du jeune et de la digestion. Si on procède comme Guider, en recueillant l’urine des douze heures de jour et des douze heures de nuit, on n’obtient, comme nous l'avons déjà fait remarquer, que des différences peu marquées, eu raison des variations en sens inverse delà proportion d’eau. La même objection s’applique au procédé de Pavy, si on veut juger d’après la quantité absolue d’albumine sécrétée. Mais ici, en réalité, le point important est la richesse relative de l’urine en principe albumineux, et, sur ce point, toutes les observations sont d’accord; la différence est du tiers et parfois de moitié. Nous rappellerons les chiffres que nous avons déjà notés.
T II AIT K l)K L’ALBUMINURIE
Proportion d’albumine pour 100.
( Urines du jeùno
1'”' jour. . j
( Urines de la digestion.
( après le premier repas.. 0.70 ( après le deuxième repas. 1.00
( Urines du jeûne
2“ jour.
( Urines do la digestion.
\ après le premier repas. . 0.60
( après le deuxième repas. 0.80
( Urines du jeûne
3e jour..
I Urines de la digestion.
( après le premier repas.. 0.60
) après le deuxième repas. 0.80
On remarquera que la proportion pour 100 d’albumine est toujours plus élevée dans l’urine émise après le dîner que dans celle qui suit le déjeuner, bien que la quantité absolue, rendue pendant une période de six heures, soit moindre après le second repas qu’après le premier.
On a proposé diverses explications de cette augmentation de l’albuminurie dans l’urine de la digestion : une diffusibilité plus grande de l’albumine (Parkes et Pavy) ; l’hyperalbuminose du sang (Gubler) ; une proportion plus forte de sels dans le liquide sanguin ; une différence dans la nature de l’albumine excrétée, consistant surtout en une modification du rapport de la globuline à la sérine (Dauvé). Nous reviendrons tout à l’heure sur cette dernière hypothèse.
L’idée de Parkes se rattache évidemment à cette autre hypothèse que la constitution chimique de l’albumine de la digestion se rapprocherait de celle de la peptone, corps éminemment diffusible ; mais nous n’avons pas la preuve chimique de cette assertion. Notons cependant, à l’appui de l’opinion de Parkes, que Lépine dit avoir constaté que, chez les brightiques, l’albumine de la digestion possède un pouvoir dialytique un peu plus prononcé que l’albumine du jeune.
Quant à l’influence de la proportion de sels, cette explication s’appuie sur les expériences de Wittich et de Newmann, dont nous avons parlé. L’urine de la digestion devrait, dès lors, contenir une plus grande quantité d’urée que celle du jeune. Or, d’après nos analyses, la différence est peu marquée, et nous avons trouvé, à peu de chose près, la même proportion d’urée pour 1000 dans les deux périodes, parfois même une proportion inférieure dans la période de digestion. Ainsi, nous notons successivement pour l’urine du jeune absolu, rendue de G à 10 heures du matin : 8»r,96, L0«r,24, 1 b-, 52 pour 1000; et pour l’urine de la digestion, après le premier repas : 8er,96, 11er, 58 et 10s,,35 ; — après le deuxième repas: lOEr,24, 12sr,80 et une fois 3C,,80 seulement pour 1000.
Reste l’hypothèse lapins naturelle, celle de Gnbler, à savoir que l’urine sécrétée contient plus d'albumine parce que le sang est plus riche lui-même de l’albumine assimilée provenant des aliments. Il n’y a pas lieu, sans doute, de chercher plus loin la cause du phénomène. Peutêtre aussi, cependant, doit-on tenir compte de certaines modifications dans les conditions .physiques de la circulation rénale. Nous avons noté que, d’une manière pour ainsi dire constante, la quantité d’eau est moindre dans l’urine delà digestion que dans l’urine du jeûne, dans l’urine du jour que dans l’urine de la nuit. On n’a qu’à se reporter aux expériences, citées plus haut, de Pavy pour apprécier nettement cette influence de la période digestive sur la diminution de l’eau urinaire. Or, cette oligurie relative ne peut être en rapport qu’avec un abaissement de la pression sanguine dans le rein, et nous savons que c’est là un des facteurs qui favorisent le plus puissamment le passage de l’albumine dans l’urine.
cl) Influence de l'alimentation. — Cette influence est incontestable, et les quantités d’albumine excrétées sont notablement modifiées suivant le régime adopté; toutes choses égales d’ailleurs, on peut dire d’une manière générale qu’un brightique soumis à une alimentation exclusivement azotée éliminera plus d’albumine qu’un brightique soumis à un régime mixte ou à une alimentation lactée. Mais ceci posé, il convient d’entrer dans quelques détails. Le rôle de l’alimentation ne doit pas être envisagé seulement dans ses rapports avec les pertes en albumine, mais aussi au point de vue de son action sur l’état général du sujet et sur l’état local du rein. Nous avons dit qu’il n’y avait pas corrélation absolue entre le degré de l’albuminurie etlagravité delà maladie. Dans l’appréciation des faits, il faut donc tenir compte : 1° de la simple hvperalbuminose sanguine, conséquence nécessaire d’un régime riche en matières albuminoïdes ; 2° de l’action vraie, nuisible ou non, exercée directement ou indirectement sur le rein par ce régime.
Nous donnons à un brightique qui, soumis à un régime mixte, élimine 5 à 6 grammes d’albumine par jour, quatre cuillerées de poudre de viande en plus de ses aliments ordinaires. Le jour même, la quantité d’albumine monte à 10;r,50 ; le lendemain, bien que la poudre de viande ait été supprimée, la quantité s’élève à 13 grammes ; le troisième jour, elle est encore de 9sr,75. Il est évident que, dans ce cas, l’augmentation de l'albuminurie n’a pas été due seulement à l’hyperalbuminose transitoire du premier jour ; il faut admettre qu'une action défavorable a été exercée sur le filtre rénal même par l’excès des matériaux azotés éliminés.
Chez un autre brightique, débilité et cachectique, le régime mixte, donne une proportion quotidienne d’albumine qui varie delà lü grammes
TRAITÉ DE L’ALBL’MINüRIK
Pendant un mois, on ajoute à son régime ordinaire trois cuillerées de poudre de viande. Après douze jours, la quantité d’albumine est de 10:vs0, et au bout d’un mois elle n’est que de 7cr,20. Ici l’influence nocive, constatée dans le cas précédent, ne s’est pas produite, et, si i’hyperalbuminose relative a entretenu et maintenu l’albuminurie, qui aurait peut-être été modifiée favorablement par une autre alimentation, elle ne l’a du moins pas aggravée.
L’alimentation par les œufs et le régime lacté prêtent à des considérations analogues. L’influence des œufs sur l’albuminurie a été diversement appréciée. Les uns, comme Guider et Senator, en prohibent absolument l’usage, s’appuyant sur ce fait que l’albuminurie augmente par l’ingestion des œufs -, les autres, comme (Jtërtel, Sfokvis, Loewenmeyer, ne leur attribuent pas, pourvu qu’ils soient cuits, une action plus nuisible que celle de tout autre aliment azoté.
Nous avons fait sur ce point un certain nombre de recherches que nous résumons rapidement.
I01' cas. — Homme de vingt-cinq ans, atteint de mal de Briglit en évolution, avec albuminurie abondante. Il est soumis pendant trois jours à un régime mixte de viande et de légumes ; pendant trois autres 'jours, on ajoute à son régime quotidien quatre œufs crus : deux au déjeuner, deux au
Régime mi
Albumine totale I ....
des 24 heures.
En 3 jours 46.30
Moyenne journalière, 15.50 Moyenne journalière. 11.90
dincr.
ixte.
Régime mixte plus quatre œufs crus.
Dans ce cas, l’augmentation moyenne est de 2s' ,40 par jour.
2» cas. — Homme de cinquante-deux ans. Mal de Briglit; période avancée; cachexie commençante avec œdème.
Deux litres de lait et quatre œufs
Régime mixte. à la coque.
Albumine des ) 3>40 5.00
24 heures ) 3 4.40
En 3 jours 10.30 14.50
Moyenne quotidienne. 3.43 Moyenne quotidienne. 4.83
On supprime les œufs. — Régime mixte, plus un litre et demi de lait. La quantité d’albumine tombo à 2«‘', 50 le lendemain. La moyenne des trois jours qui suivent la suppression des œufs est de 2er,42.