‹ Traité de l'albuminurie et du mal de BrightChapitre 55 sur 109 · LK MAL 1)L HIUG1IT · texte numérisé non relu

LK MAL 1)L HIUG1IT

L’augmentation moyenne a été de 1er, 40. Dans ces deux cas, l’ingestion des œufs, crus ou cuits, a augmenté l’albuminurie; la hausse albuminurique a été plus forte avec les œufs crus qu’avec les œufs cuits. Mais cette influence ne s’est pas maintenue, et l’albuminurie a baissé aussitôt que l’alimentetion par les œufs a été supprimée, ce qui semble indiquer que la hausse était uniquement en rapport avec l’excès d'albumine absorbée.

Dans les deux faits suivants il y a eu quelque chose de plus.

3“ cas. — Hotnmo do vingt-six ans. Mal œdcine.

Régime lacté.

En 5 jours 29.70

Moyenne quotidienne. 5.94

de Bright ; période moyenne ; léger

Régime lacté plus trois puis quatre œufs à la coque.

Moyenne quotidienne. 5.72

A 1 b u m i n e p a r 24 heures

Ici, il n’y a pas d’augmentation de l’albuminurie ; la moyenne quotidienne est au contraire un peu plus faible, 5Sr,72 au lieu de 5e', 94. Mais, le lendemain de la suppression des œufs, le malade est pris de nausées, de diarrhées, de céphalalgie, de douleurs lombaires, son urine devient sanglante et rare. Cette poussée aiguë s’améliore, du reste, rapidement sous l’influence du régime lacté exclusif, et, dès le troisième jour, les phénomènes menaçants disparaissent, les urines redeviennent claires et abondantes. Pendant ces trois jours, la quantité d’albumine est de 6 grammes, ôEr,60, 6Er,75 ; puis elle baisse à 6Er,60, 5 grammes, 4sr, 50.

4° cas. — Homme do quarante-qualrc ans. Mal de Bright saturnin avec anasarquo ; le malade avait eu, à la suite d’une pneumonie, une première poussée aiguë qui avait cédé en unequinzainede jours. La quantité d’albumine était dc8”'r,40, 5°r,25, 7 grammes par vingt-quatre heures. Onlui donne, avec deux litres do lait, quatre œufs à la coque par jour pendant cinq jours. Le quatrième jour , la quantité d’albumine est de 11 grammes, le cinquième de 14 grammes. On supprime les œufs et on le met au régime lacté intégral. La quantité d’albumine se maintient néanmoins à 13, 14, 15 grammes; puis elle monte à 21, 20 et 18 grammes. En même temps, les urines deviennent rares et foncées; des phénomènes urémiques se produisent, céphalagie, douleurs d’estomac et vomissements, refroidissement général, anasarque intense; les symptômes graves persistent pendant trois semaines, et une amélioration notable ne survient qu’au bout de deux mois.

Le maximum des effets nuisibles a été atteint chez ce malade. Unevé-

TRAITÉ DK L’A LHi; MIN U RIE

ri table poussée de néphrite aiguë a été la conséquence de cette absorption anormale d’œuf-albumine. Il nous parait que la gravité des accidents, dans ce cas, doit être attribuée à l’imminence morbide dans laquelle se trouvaient les reins du malade. Quinze jours auparavant, une poussée aiguë, avec anurie passagère, s’était déjà produite. Les fonctions digestives étaient encore troublées. L’albumine du blanc d’œuf, incomplètement coagulée par la coction, et non peptonisée par l’estomac, a été absorbée en nature et, en s’éliminant par des reins malades, a réveillé le processus aigu mal éteint, et provoqué les accidents qu’on détermine cliez les animaux, en injectant directement l’œuf-albumine dans le courant sanguin.

r.vs. — Homme do 37 ans; mal de Bright saturnin; période latente. Le malade est entré à l’hôpital pour une pleurésie légère, qui se résorbe rapidement. On constate une albuminurie légère avec polyurie et hypertrophie moyenne du cœur. La santé générale est bonne. i

Régime

Régime

ordinaire

ordinaire.

plus 4 œufs

à la coque.

Albumine par 24 heures. <

En trois jours

Moyenne quotidienne. . .

Le malade a pris quatre œufs à la coque pendant siv jours. La moyenne quotidienne d’albumine, avant l’usage des œufs, était de l*>'r,43; elle a été de Isr, 36 pendant les trois premiers jours de l’alimentation albumineuse, et de isr,46 pendant les trois derniers. La différence est pour ainsi dire nulle dans ce cas

Ces différents faits nous semblent capables d’expliquer les contradictions des auteurs. Dans l’alimentation par les œufs, il faut d’abord établir une distinction entre les œufs dont l’albumine a été complètement coagulée par la coction, et les œufs crus ou incomplètement cuits. Les premiers, s’ils agissent sur la proportion d’albumine excrétée, ne peuvent le faire qu’à la manière de la viande ou de toute autre matière albuminoïde, en augmentant seulement la quantité d’albumine en circulation dans le sang. Pour que l’albumine cuite soit absorbée, il faut en effet qu’elle soit peptonisée, et, dès lors, elle rentre dans la classe des autres substances albuminoïdes. Pour les œufs crus ou les œufs à la coque, nous constatons les effets suivants :

Ou bien ils ne déterminent aucune modification dans la proportion d’albumine excrétée ;

Ou bien ils exagèrent l’albuminurie, mais sans provoquer d’irritation rénale ;

LE MAL DE BlUGUT

Ou bien ils déterminent une poussée rénale aiguë, avec ou sans augmentation de l’albuminurie.

Ces différences dépendent à la fois de l’état des fonctions digestives et de l’état actuel du filtre urinaire. La première alternative s’observe chez les brigbtiques dont l’estomac fonctionne normalement, aux périodes de repos de l’affection rénale. L’albumine de l’œuf est régulièrement peptonisée, absorbée et assimilée, comme l’albumine des autres aliments azotés.

Si l’on a affaire à un mal de Hright déjà avancé, avec œdème et mauvaise nutrition générale, l’absorption peut encore être régulière; mais, l’assimilation étant défectueuse, l’excès passager d’albumine en circulation dans le sang amène une augmentation proportionnelle de l’albumine filtrée; cette augmentation cesse dès qu’on supprime l’alimentation albumineuse.

Enfin, dans le troisième groupe de faits, il s’agit de brigbtiques en imminence de poussée aiguë, atteints de troubles digestifs. L’albumine de l’œuf, cru ou incomplètement cuit, n’est pas peplonisée; elle est absorbée en nature dans lesang, et, en s’éliminant par le rein, elle agit comme corps étranger irritant et provoque une inflammation glomérulaire aiguë.

L’étude de l’alimentation lactée ressortit surtout à la thérapeutique. Son action médicatrice sera donc étudiée ailleurs. Mais le lait n’est pas seulement un remède, c’est encore un aliment, et un aliment riche en matières albuminoïdes. Au bout de quelques jours, celte douille qualité est difficilement appréciable séparément, le médicament modifiant rapidement les conditions de la filtration albumineuse et compensant les effets de l’hyperalbuminose sanguine provoquée par l’aliment. Mais dans les premiers jours de la cure lactée, les effets thérapeutiques n’ont pu encore se produire. Le lait agit comme tout aliment azoté, viande ou œuf, et l’excès d’albumine introduit dans le sang fait monter aussitôt le taux de l’albuminurie. C’est là un fait facile à vérifier : nous nous contenterons de citer à l’appui l’observation suivante.

l'n malade est soumis pendant trois jours au régime mixte ordinaire, puis pendant six jours au régime lacté exclusif, quatre litres de lait par jour. Voici les chiffres indiquant la proportion d’albumine excrétée pendant ces deux périodes :

Régime mixte.

En trois jours 46.20

Moyenne quotidienne... 17.40

Régime

lacté.

TRAITÉ DK L’ALBUMINURIE

ISO

On voit que la quantité moyenne d’albumine rendue pendant les trois premiers jours du régime lacté est supérieure de 2»r,50 à la moyenne quotidienne du régime ordinaire. L’alimentation lactée exclusive étant continuée, la moyenne des trois jours suivants descend à 15er,15. Elle continue d’ailleurs à baisser tant que le régime lacté est maintenu, l’action bienfaisante du lait modifiant progressivement les autres conditions qui, dans la filtration de l’albumine, priment, comme nous l’avons dit, l’bvperalbuminose sanguine.

Le lait peut encore, en tant qu’aliment, augmenter l’albuminurie par un autre procédé. 11 peut, chez certains malades, être mal digéré, mal toléré par l’estomac ou l’intestin. En pareil cas, c’est d’une manière indirecte, et en tant qu’aliment indigeste, qu’il influence la filtration albumineuse. C’est là-une particularité qu’il convient de ne pas oublier quand on institue le régime lacté chez les brightiques.

é) Variations de la sérine et de la séro-globuline dans l'urine brightique. — Comme l’albumine du sang, l’albumine urinaire est formée de deux corps albuminoïdes ': la sérine et la séro-globuline, séparables par le sulfate de magnésie. Nous avons indiqué ailleurs les caractères chimiques de ces deux corps, ainsi que les procédés à l’aide desquels on pouvait les séparer et les doser. Leu de recherches ont été entreprises jusqu’à ce jour sur les variations proportionnelles de ces substances albuminoïdes dans l’urine albumineuse. Toute conclusion ferme sur ce point serait donc prématurée, et les analyses que nous avons faites ne peuvent guère fournir que des indications qu’il sera utile de vérifier par de nouvelles recherches.

Un premier point qui ressort de nos analyses, c’est l’existence constante des deux substances dans l’urine brightique albumineuse. Quelques auteurs, Estelle, Werner, disent avoir observé des cas de globulinuriepure. Nous nous sommes déjà expliqués sur ce point; nos expériences, confirmatives de celles de Ûtt, montrent que l’on précipite d’autant plus de globuline par le sulfate de magnésie qne l’urine est plus acide, c’est-à-dire que, dans un milieu très acide, une partie de la sérine est englobée avec la séro-globuline dans le précipité formé par le sel magnésien. Si l’acidité est très forte et l’albumine en faible proportion, on comprend que toute la sérine puisse être entraînée et que l’urine albumineuse ne paraisse contenir que de la globuline. C’est ainsi, croyons-nous, que peuvent s’expliquer les quelques cas signalés de globulinurie pure. Pour notre part, toutefois, si acide que fut l’urine, nous n’avons jamais observé de faits analogues.

D’autre part, si nous n’avons jamais constaté dans une urine albumineuse la globuline seule à l’exclusion de la sérine, nous n’y avons jamais rencontré non plus de la sérine sans une certaine proportion de

globuline. Nous sommes en contradiction formelle, sur ce point, avec Pétri, qui, sur il cas d’urines albumineuses, dit n’avoir trouvé de la globuline que treize fois (1). Dans toutes les urines briglitiques que nous avons analysées, nous avons trouvé les deux substances réunies, en proportions extrêmement variables, il est vrai; tellement variables, que nous ne saurions donner, d’une manière générale, une moyenne utilisable. Le rapport le plus élevé que nous ayons noté est 22, le rapport le plus faible est 0,58.

Nous rappellerons que le procédé le plus simple pour apprécier le rapport des deux substances est de diviser le chiffre de la sérine par le chiffre delà globuline. Plus le quotient est élevé, moins la proportion de globuline est forte. Un autre mode d’appréciation consiste à rapporter à 100 d’albumine les quantités respectives de sérine et de globuline, dont le total représente la quantité d’albumine trouvée dans l’urine. Pour fixer les idées, prenons les deux analyses dont nous venons de parler. Dans le premier cas, 1,000 centimètres cubes d’urine contenaient 5ffr,50 d’albumine, qui donnaient 5s'r,25 de sérine et 0»r,25 de globuline. Le rapport 22 est fourni par la division de 5,25 par 0,25. D’autre part, si on rapporte à 100, 100 grammes de celte albumine renfermaient 95=r,-,i de sérine et seulement 4°r,6 de globuline. De même, dans le deuxième cas, l’urine contenait, pour 1,000, 9s1', 50 d’albumine, dont 3sr,50 de sérine et 6 dë globuline. Le rapport, par division, est de 0,58, et la proportion pour 100 d’albumine est de 39,2 de sérine et G0, 8 de globuline.

Ceci établi, voici quelques analyses qui montrent les variations des matières albuminoïdes dans l’urine albumineuse, aux diverses périodes du mal de Bright (2).

lor cas. — Dans un cas de poussée inflammatoire aiguë primitive, deux analyses donnent :

POUR 1000 d'urine.

pour 100 d’ai.iiumime.

RA PPOIIT.

Albumine.

Sérine.

Globuline.

Sérine.

Globuline.

(L't Pétri, Vers, sur Cliemie des Eiweisshams , 1876.

(2) Nous nous sommes servis dans nos rcclierclies du procédé que nous avons indique dans la première partie do ce livre et que nous avons décrit sous le nom do méthode indirecte, dosage par différence. (Voir p. 07.)

TUAITÉ DE L’aLHL'MINUIUE

La proportion de séro-globuline est considérable; elle est presque égale et môme supérieure à la proportion de sérine.

2° cas. — Mal de Briglit; forme intermédiaire ; poussée aiguë secondaire. Homme jeune et vigoureux.

po un i,f. s 24 heures.

pour 100 d'albumine.

Albumine.

Sérine.

Globuline.

Sérine.

Globuline.

La quantité de globuline est augmentée dans une analyse, elle est à peu près normale dans la seconde.

3° cas. — Mal de Briglit à la période moyenne, avec albuminurie abondante et hypertrophie compensatrice du cœur.

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