PRÉFACE
Lorsque MM. Triboulet, Mathieu et Mignot sont venus m'apporter les bonnes feuilles de leur Traité de VA Icoolisme, en me demandant de le présenter au public, j'ai accepté leur offre d'autant plus volontiers, qu'il n'existe pas d'ouvrage similaire, dans notre littérature médicale de ces dernières années. Cette lacune devait être comblée.
La question de l'alcoolisme a, en effet, singulièrement changé d'aspect, depuis la publication du traité de Magnus Iluss. Dans le domaine scientifique, elle s'est enrichie d'une série de données nouvelles, à la fois cliniques, anatomiques et expérimentales. Les lésions microscopiques, les troubles fonctionnels engendrés par l'alcool, ont été précisés et étudiés dans leurs détails. L'expérimentation a déterminé la toxicité des divers liquides alcooliques et s'est attachée à reproduire, chez l'animal, les désordres anatomiques et fonctionnels, observés chez l'homme. Enfin, sur le terrain social, la question de l'alcoolisme a pris une importance qu'on était loin de soupçonner, il y a seulement une cinquantaine d'années. Sous ce rapport, notre pays est parmi ceux que la question intéresse le plus, car c'est surtout en France, que les ravages se sont accrus avec une effroyable rapidité et appellent un prompt remède.