II PREFACE
<( Les ravages de ralcoolisme, écrivais-je en 1900, sont « tels qu'on peut dire que c'est peut-être actuellement la (c cause la plus puissante de la déchéance de la famille et (( de la décadence des nations... Non seulement il peuple « les asiles d'aliénés et les hôpitaux, mais encore il rem- (c plit les prisons... C'est l'une des causes les plus fré- « quentes de la tuberculose pulmonaire, des maladies du « foie... Il ne modifie pas seulement l'individu, il modifie « encore sa descendance, dont il diminue la vitalité (^). »
Cette situation ne pouvait manquer d'émouvoir les médecins et les hygiénistes, et leur émotion s'est répercutée dans les milieux où s'agitent les questions sociales et politiques.
On a reconnu le mal ; on s est préoccupé de lui trouver des remèdes; on a tenté, sans y parvenir, de concilier avec l'intérêt général de la race, les intérêts commerciaux des particuliers. Des opinions multiples, de toute origine, souvent contradictoires, ont été formulées sur ce redoutable problème. Or, il s'agit, en somme, d'une maladie et de son remède, et nul ne me semble mieux qualifié que le médecin, pour en parler avec compétence. Il est bon que sa voix se fasse entendre et il est souhaitable que ses avis soient écoutés.
La connaissance de l'intoxication alcoolique repose sur l'observation des malades et sur l'expérimentation. La clinique distingue deux aspects fort diflérents de Talcoolisme: l'état aigu et l'état chronique ; l'expérimentation provoque aussi ces deux formes de l'intoxication. Au premier abord, aucun lien ne semble les unir l'une à l'autre, pourtant, si
C) JOFFHOY. L'alcoolisme chronique et le monopole de l'alcool. Revue encyclopédique Larousse, 3 novembre 1900, p. 87:").