PRÉJUGÉS SUR L'INTERNEMENT DES ALCOOLIQUES
Tout en désirant que les asiles pour alcooliques incurables ne soient pas, ainsi que le demande le D' Bargy (M, de véritables prisons, avec salles de police, régime cellulaire, condamnations judiciaires, etc., nous pensons qu'il doit y régner une discipline sévère, que Tabstinence doit y être scrupuleusement observée et que seul le travail assidu doit permettre à l'interné de se procurer quelques douceurs. La sévérité du régime aurait pour double effet de maintenir la discipline chez ces vicieux, et de détourner de rétablissement ces faux malades qui viennent chercher un refuge dans les asiles^ à rapproche de la mauvaise saison (Legrain).
Quand aurons-nous en France une loi rendant possible la guérison des buveurs curables et la séquestration des incurables, tous dangereux à un titre ou à l'autre?
Bien des obstacles matériels, bien des préjugés s'opposent à la réalisation de ces projets de thérapeutique et d'hygiène individuelles et sociales. C'est le cas de citer ces paroles de Forel : « Grâce aux préjugés, des milliers d'alcoolisés sont (( laissés dans leur famille, qu'ils maltraitent et ruinent, faisant « un mal incalculable autour d'eux, sans que personne oseinter- « venir. C'est au nom du libre arbitre — triste dérision à la fin " du xix® siècle — qu'on agit ainsi. Il suffit que l'alcoolisé « ne « veuille pas » aller dans un asile pour buveurs, et c'est le ff plus souvent le cas, pour qu'on se croise les bras et le « laisse faire en disant : « Il n'est pas fou, on ne peut rien « faire. » Mais plus, la contre-partie, la vieille loi du talion « ou de lynch, si profondément ancrée dans la tète des défen- ' seurs de la métaphysique appliquée, leur fait préférer la « condamnation judiciaire d'un malade à son traitement. »
(') Babgy. Loc. cit.