PO P
lO
aaaa
s C^ ft a
aaaa
PO i*: p^ »o es
îi »r5 PO
aaaa
en vO
PO a a a a";'^a a a PI u-5
aaaa
■::i ■s fi s
es
aaaaixaaooa « pï
Si î5
aaaa
aaaa a^aa
-H lO
aaaa
OO
aaaa ..aaaa
a ce
aaaa
•^ S S a -Sa!
O O 3 <♦ es^ es 1-^ r^. <, ^-14 *- ^>
APOGÉE DE VALCOOLISME 407
d^asphodèle, et que, grâce à cette origine, elle pouvait être co«sommée en grande quantité sans qu'on en éprouve d'effets fâcheux fJ.-V. Laborde, Riche). Or, V « absinthe d'asphodèle », et il faut le regretter, n'est qu'un mythe. Un médecin très distingué, de Philippeville, le D^ Augier, nous écrit à ce sujet : a Le bulbe « d'asphodèle est féculent, mais contient un principe dont il « faut le débarrasser par. TébuUition pour le donner en aliment rc aux bestiaux. Certains ont proposé d'utiliser la fécule de ce « bulbe pour faire de l'alcool. Mais jamais l'asphodèle n'a servi « à fabriquer de l'absinthe, par la raison bien simple que l'ar- « moise est la seule plante qui puisse être utilisée pour cela (^).
« L'absinthe que nous buvons ici nous est fournie par la « France, et on ne trouve dans les cafés, d'Oran à Tunis, de « Philippeville à l'extrême sud de nos possessions, que les « marques débitées dans vos cafés de Paris. Bref, pour le mo- « ment, l'asphodèle est complètement inutilisée. »
Les trois tableaux précédents semblent établir que, dans un nombre croissant de pays civilisés, Talcoolisation, ayant atteint son apogée, esquisse un mouvement de régression.
La France, nous venons de le signaler, est au nombre de ces nations : depuis trois années, c'est-à-dire depuis le relèvement des droits sur les spiritueux, on y consomme une moindre quantité de spiritueux (évalués en alcool à loo*), ou, du moins, les relevés officiels le donnent à croire. Des esprits chagrins ou. . . clairvoyants (discussion à la Chambre des députés, sur le monopole, février igoS) attribuent à la fraude cette brusque diminution. Ce qui est certain c'est qu'elle coïncide avec une abondance exceptionnelle des vins au cours des dernières années ; or, l'étude des statistiques anciennes nous montre entre ces deux faits une relation de causalité.
Il faut aussi remarquer que les fabricants ont abaissé non pas le prix, mais le titre alcoolique de leurs produits, de façon à contrebalancer l'effet des nouveaux droits; et que, par conséquent, au point de vue fiscal et social, le progrès a été quasi nul.
Nous n'entreprendrons pas d'établir une hiérarchie des na-
(') V. l'article de Ch. Rivière (d'Alger), in Revue des cultures coloniales , 1900.
4o8 DÉMOGRAPHIE
lions civilisées, en prenant comme base leur consommation eo alcool total: alcool des spiritueux, alcool des vins, bières, cidres, etc. En France, en Italie, en Suisse, la consommation totale suit d^assez près les fluctuations de la consommation des vins : du fait de l'abondance des récoltes vinicoles, la quantité d'alcool total consommée, peut, d'une année à l'autre, augmenter d'un cinquième, d'un quart et même d'un tiers.
D'autre part, il faut se rappeler que la puissance d'alcoolisation des boissons fermentées (alcools dilués) ne doit pas être assimilée à celle, incomparablement plus élevée, des eaux-de-vie et liqueurs (spiritueux à haut degré), dételle sorte que certains pays, comme la Suisse et l'Italie, venant en tête, pour la consommation totale, descendent de plusieurs degrés dans Téchelle de l'alcoolisation, si l'on tient compte de la toxicité des boissons de tout genre figurant sur leurs statistiques respectives.
Nous nous bornerons donc à dégager le fait qui constitue pour nous le principal enseignement contenu dans les statistiques précédentes, à savoir que la France se trouve au premier rang des nations pour la consommation totale des boissons alcooliques, qu'elle l'occupe peut-être aussi pour la consommation des boissons fermentées (classées d'après leur teneur en alcool) et, enfin, qu'elle ne parait abandonner que depuis fort peu de temps, la troisième place qu'elle occupait de longue date, dans l'échelle de la consommation mondiale des liqueurs fortes.
F. Mathieu.