TOXICOLOGIE DES ALCOOLS, DES AROMES ET DES BOISSONS EN GÉNÉRAL
Dans ce chapitre, il convient d'étudier, en allant du simple au composé, les doses et effets toxiques de Talcool élhylique; ceux de ses congénères, et enfin ceux des boissons alcooliques usuelles. Ces boissons empruntant une partie de leur pouvoir toxique à des substances étrangères à la classe des alcools, il deviendra nécessaire d'insister aussi sur ces composants hétérogènes (furfurol, aldéhyde, essences).
§ I. — Intoxication aiguë
Alcool éthyllque. — Le premier auteur qui se soit occupé de déterminer le pouvoir toxique de Talcool éthylique, semble être Camérarius (1699). Postérieurement, Fr. Petit (Lettres d'un médecin des hôpitaux du roi, 1710), constate que l'alcool injecté dans les veines d'un animal provoque une mort rapide. Les travaux qui parurent depuis cette époque ont trait surtout à Wciion physiologique générale de l'alcool de vin. Il faut arriver aux recherches de Lussana et Albertoni (1874)? pour rencontrer des résultats expérimentaux précis, sur la question de toxicité. Les physiologistes italiens, ayant administré l'alcool éthylique par la voie stomacale, estiment à 6 grammes par kilogramme d'animal, la dose capable d'amener la mort.
Mais la première étude de toxicologie pure, entreprise sur notre sujet, avec une certaine rigueur de méthode, est celle de Dujardin-Beaumetz et Audigé [Sur la puissance toxique des alcools y 1879).
Ils s'élaient proposé de déterminer la « dose toxique limite», c'est-à-dire la quaiitué d'alcool éllty ligue absolu qui^ par kilogramme du poids du corps de Vanimaly est nécessaire pour amener la mort dans V espace de vingt-quatre à Irente-siv heures y avec un abaissement graduel et persistant de température (*).
Ils expérimentaient sur le chien, et adoptaient de préférence la voie hypodermique. L'ingestion stomacale provoque, en effet, des vomissements, et Tinjection veineuse, des coagulations qui vicient les résultats. Les phlegmons consécutifs à l'injection sous-cutanée, n'ont qu'une influence limitée, bien qu'indéniable, sur l'issue fatale, lorsqu'on se tient dans les courtes limites de vingt-quatre à trente-six heures.
Dans une série d'expériences, ils injectèrent l'alcool pur, et dans une autre, l'alcool dilué, soit dans l'eau glycérinée,soit dans l'eau pure (v. tableau, p. 5i),
Dujardin-Beaumetz et Audigé ont encore déterminé, à l'aide des mêmes procédés, la dose toxique limite de l'alcool méthylique, des alcools supérieurs, de la glycérine, de l'aldéhyde, de l'acétone.