‹ Traité de l'alcoolismeChapitre 5 sur 201 · PRÉFACE Y · texte numérisé non relu

PRÉFACE Y

a sache que les impôts produits par la consommation de « Talcool ne constituent qu'un revenu .apparent et que u Télévation de leur chiffre indique non pas la richesse du a pays, mais l'intensité du mal qui le ronge. L'impôt sur a l'alcool ne suffisant pas à payer la dépense des hôpitaux, « des asiles d'aliénés et des prisons que l'alcoolisme chro- (c nique rend nécessaires, n'est donc pas une source de « revenus réels pour TÉtat. Plus, en effet, l'alcool produit « d'impôts, plus le pays s'appauvrit, car non seulement il « faut déduire des impôts provenant de l'alcool ce que « coûtent les alcooliques qui remplissent les hôpitaux, les oc asiles d'aliénés et les prisons, mais encore il faut en « retrancher le gain qu'aurait produit le travail de tous ce ces malades, de tous ces aliénés, de tous ces criminels, (( s'ils n'étaient devenus victimes de l'alcool (*). *>

En somme, de quelque façon que l'on envisage la vente de l'alcool par l'État, soit par le côté social, soit par le côté économique, elle apparaît à la fois comme une mauvaise action et une mauvaise affaire.

Aussi, faut-il savoir gré à MM. Triboulet et Mathieu, et à mon ancien chef de clinique Mignot, d'avoir mis tous ces points en lumière et d'avoir fidèlement exposé la somme de nos connaissances actuelles sur l'alcoolisme. Sans doute, la question n'est pas épuisée ; de nouvelles discussions surgiront, de nouvelles données ne manqueront pas de s'ajouter et de se substituer aux anciennes. Mais je ne doute pas que, d'ici là, la première édition de ce livre ne soit épuisée, et qu'une seconde ne vienne alors, à son heure, nous retracer l'évolution nouvelle qu'aura subie le pro-

(■) JoFFROY. Encyclopédie Larousse^ 3 novembre 1900.

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