IV PRÉFACE
il y a lieu de penser qu'une intoxication plus lente et plus prolongée, et se rapprochant de la sorte davantage des conditions dans lesquelles se produit celle de l'homme, produirait des lésions plus étendues, plus profondes et portant mieux la marque des processus chroniques. Le foie élimine aussi l'alcool : les lésions de ce viscère, dans l'intoxication alcoolique, sont des plus connues. Il n'en est pas de même de celles de l'intestin : c'est un point que j'ai tout récemment étudié avec mon chef de laboratoire M. Serveaux, et nous avons reconnu que la muqueuse gastro-intestinale est l'une des plus importantes voies d'élimination de Talcool et qu'elle subit ses effets nuisibles d'une manière précoce et presque constante.
Ainsi s'étendent et se précisent peu à peu, grâce à l'observation expérimentale unie à l'observation clinique, nos connaissances sur l'alcoolisme chronique. Et cette étude doit se poursuivre sans relâche, car il est indispensable de bien connaître le mal pour pouvoir espérer qu'on lui opposera un remède efficace.
Avant tout, il est nécessaire « de montrer à tous le mal « et ses conséquences, et ces notions doivent être données (( à l'homme dès son enfance, à l'école et dans la famille. »
Il faut par tous les moyens diminuer la consommation de l'alcool, et comme ce serait folie que de compter simplement sur la sagesse des consommateurs, il importe de réduire l'offre qui leur est faite, c'est-à-dirc la vente des produits alcooliques. Aussi l'Etat ne doit-il pas s'en faire le marchand, car il favoriserait fatalement une consommation qui lui procure des bénéfices. C'est au contraire à diminuer ces bénéfices, ou plus justement ce mirage de bénéfices, qu'il doit travailler. Car « il faut bien qu'on