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HISTORIQUE DU MOT ALCOOL. — DEFINITION DES ALCOOLS

DITS d'alimentation

Jusqu'au début du xix** siècle, le terme alcool servit à désigner le produit de la distillation du vin, produit complexe, ainsi que nous le montrerons plus loin. Depuis, les chimistes ont étendu cette appellation à toute une famille de corps organiques définis, dont la propriété fondamentale, la fonction chimique, est de s'unir aux acides pour former des éthers. On dit: la famille des alcools^ les alcools.

Dans le langage courant, lorsqu'on parie de Talcool, sans ajouter aucun qualificatif, on entend nommer l'alcool éthylique ou vinique. Cet alcool est celui que nos pères extrayaient du vin, à Tétat impur ; c'est celui que les industriels modernes tirent des jus sucrés de toute nature ; c'est enfin celui qui constitue, en quelque sorte, le substratum des boissons alcooliques usuelles.

L'histoire de ce nom patronymique d'alcool est un peu du domaine de Thygiène rétrospective. Nous la retracerons donc brièvement, en mettant à contribution les savantes recherches de M. Berthelot (La chimie au moyen âge, 1893, t. i*').

Le mot alcool, alcohol des vieux textes, vient de l'arabe : al, le ; Kohol^ Kohi, Kuhul, toute substance à l'état finement pulvérulent, par le fait du broyage ou de la sublimation (^).

*) Suivant IIœfer (Histoire de la chimie), le ternie arabe originel signifierait : Triboulet, Mathieu et Mignot. Traité de ralcoolisme. i

yOTlOyS GENERALES

Jusqu'au xiii* siècle, ce vocable s'est appliqué à toutes les poudres impalpables : « Les pierres, les bols, les terres et quelques autres parties d'animaux, dit Moïse Charas (1618- 1698), sont réduits en poudre fine qu'on nomme alkohol.»

On l'appliquait encore aux liquides représentant la quintessence des corps : « Alkohol est purior substantia rei, segrata ab impuritate sua. Sic alkohol vint est ^i\y\di ardens rectificataet mundissima. » (Ruland.)

Le sulfure d'antimoine, pour donner un dernier exemple, porta en Europe, jusqu'aux temps modernes, le nom d'alkohol, et il Fa gardé en Orient, où les femmes l'emploient pour se noircir les cils et les sourcils (kohl).

Au xiii® siècle et même au xiv* siècle, M. Berthelot n'a trouvé aucun auteur qui appliquât le terme d'alcool au produit de la distillation du vin. Le mot esprit de vin ou esprit-ardent, quoique plus ancien, n'était pas non plus connu au xiii'' siècle, car on réservait, à cette époque, ie nom iïesprit^ aux substances volatiles qui attaquent les métaux.

Quant à l'expression eau-de-vie^ elle était, aux xiii® et xiv* siècles, synonyme d'élixir de longue vie, et lorsque Armand de Villeneuve (i238-i3i4) l'employa, le premier, croit-on, pour désigner un liquide spiritueux issu de la distillation du vin, c'était moins « comme nom spécifique que pour marquer l'assimilation qu'il faisait de ce produit avec l'élixir de longuevie ».

C'est, en réalité, sous le nom à'eau ardente (ou inflammable) , également donné à l'essence de térébenthine, que l'alcool est apparu dans l'histoire.

A dater de Boerhave (i 668-1 738), l'esprit de vin porte seul la dénomination d'alcool, du moins jusqu'au moment où on lui découvrit des congénères. Cette époque fut celle des remarquables travaux de J.-B. Dumas et de Péligot (i834) sur les familles et les fonctions en chimie organique, et sur la fonction alcool, en particulier.

Dans l'immense famille chimique qu'ils fondèrent, l'esprit

quelque chose qui brûle, et dériverait d'un verbe chaldécn exprimant l'uction de se ronsumcr.

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