ARTICULAIRE AIGU
Nous avons dit plus haut que c’est M. Péter et ses élèves, MM. VigLiier, Letulle, et récemment M. Martinet (1), dans sa thèse extrêmement intéressante, qui se sont surtout occupés de cette variété d’Angine de Poitrine, au sujet de laquelle il nous semble bon de faire une distinction, utile non seulement au point de vue du pronostic, mais encore au point de vue du traitement plus ou moins énergique à mettre en usage.
Dans la première de ces variétés d’Angine de Poitrine rhumatismale — les symptômes généraux sont moins graves, moins accentués, la fièvre moins violente, la symptomatologie moins menaçante, il n‘y a qu’une simple hypérémie des nerfs cardiaques ; dans l’autre, la douleur précordiale est plus accentuée, plus persistante, le cortège fébrile plus développé, la pression plus douloureuse, non .seulement au foyer du plexus cardiaque, mais dans le voisinage. Ce dernier est enflammé, il y a véritablement une névrite cardiaque, c’est l’Angine de Poitrine névritique, c’est-à-dire grave, sérieuse, parfois mortelle si une médication énergique ne la conjure pas. Nous citerons quelques observations de la première, nous réservant d’étudier l’Angine de Poitrine Névritique quand nous nous occuperons des Angors de causes organiques.
OBSERVATION LXXXVIII (Df Rueff. — Thèse de Martinet)
Angine de Poitrine pendant un rhumatisme articulaire aigu
yime Sch..., âgée de soixante-trois ans, est une femme bien constituée, un peu nerveuse, mais n’ayant jamais présenté d’hystérie convulsive ; elle s’est bien portée jusqu’à l’époque de la ménopause, où elle a eu, pendant cinq mois, un rhumatisme articulaire aigu qui s’est promené sur diverses articulations.
(1) Martinet. — De l’Angine de Poitrine rhumatismale. Th. doct., Paris 1884.
ETIOLOGIE
3 juin 1883. — Elle fut de nouve;iu all.einle de celte affection, (jin débula aux incml)ics inferieurs cl cnvaldt onsuile pres(|ue loutcs les autres aiiiculations.
Le 20. — Alors que la malade était en voie de rémission, elle fut subitement prise, à trois heures du soir, d'une douleur précordiale très violente avec sensation de constriction thoracique et dyspnée des plus intenses, mais sans irradiation dans le cou ni dans le bras; la respiration était brève, saccadée, excessivement fréipienlc (quarante ins[)irations à la minute). La malade se j)laignait de battements do cœur très pénibles. A l'auscultation, on constate que les battements sont irréguliers et très fréquents, cent-vingt à la minute; mais on ne trouve ni souffle, ni frottement d’aucune nature. Le pouls est aussi très fréquent et irrégulier. L’auscultation des poumons est normale et il n’existe pas d’éléments morbides dans les urines.
L’on détermine do la douleur par la pression au niveau des dernières côtes, vers le troisième espace intercostal et sur les parties latérales du cou.
Cet état d’anxiété et de dyspnée diminue un peu au bout do quelques heures, mais sans disparaître coinplétcmont ; il en est do même des palpitations.
Le lendemain, la malade est examinée par M. le professeur Péter, qui constate les symptômes précédemment énoncés et ne trouve, après une très longue observation, aucun bruit de souille, ni à la base, ni à la i^ointe. Il nous fait remarquer l'absence de toute cyanose soit à la face, soit à l'extrémité, malgré la dyspnée violente qui dure depuis la veille. Il croit à une bypérémio rhumatismale du plexus cardiaque et prescrit une demi-douzaine de sangsues à la région précordiale.
Le lendemain, cet état avait complètement disparu et, huit jours après, la malade entrait en convalescence de son rhumatisme articulaire.
Nous avons revu la malade à [ilusieurs rc})risos depuis cette épc.quo, et encore tout dernièrement ; elle ne présente aucun malaise i[ui puisse faire supposer chez elle une affection do cœur. D’ailleurs, l’auscultation du cœur et de l’aorte nous monti'e que cos organes sont dans un état normal.
OBSERVATION LXXXIX (D>’ ViGuiER. — Thèse)
M'i' Marie R..., rentière, âgée de vingt-trois ans. tempérament lymphaticonerveux, née à Nîmes (Gard), do parents malingres, mais sans antécédents morbides, tomba subitement malade, à la suite d’une imprudence qu’elle avait commise. Au mois d’août de l'an dernier, elle se tint pendant un certain temps dans un endroit humide, dit Ca})itella, servant à entreposer les raisins. Quand elle y pénétra, elle était couverte de sueur et, en sortant, elle accusa un sentiment de courbature dont elle se plaignit à sa mère.
La journée se passa sans grande fatigue ; mais, le soir, la malade se sentant plus mal, lit mander le médecin.
21 août 1872. — Fièvre assez forte, céphalalgie violente, yeux larmoyants, peau chaude et sèche, douleurs dans les reins et dans les articulations. Rien à l’auscultation ni à la percussion, soit aux poumons, soit au cœur.
Prescriptions. — Sinapismes aux jambes, tisane sudorifique, lution d’eau sédative sur le front, potion calmante.
lÜO
DE l’angine de DUITRINE
Le 25. — Diminnlioii de la fièvre, absence île céphalalgie ; la sécheresse de la peau a di.sparu, mais il s’est produit un gonflement des genoux qui sont douloureux; pas d’épancliemonls. Rienducôlé des organes thoraciques. Sur le soir, le pouls prend une légère accélération.
Prescriptions. — Frictions sur les genoux avec du Uniment ammoniacal camphré, térébenthiné ; fomentations sèches aux membres inférieurs. Le matin, la malade a pris une limonade Rogé. Pilules de carbonate de fer, vin de quinquina.
Le soir, un léger mouvement fébrile. Potion calmante, eau de laurier-cerise.
Le 2G au matin. — Pas do fièvre. La malade prend deux bouillons. IjCS genoux sont toujours douloureux, néanmoins un jieu moins tuméfiés ; les mouvements articulaires sont pénibles ; on sent un léger épanchement ; toujours absence de troubles cardiaques ou pulmonaires.
Prescriptions : ut suprà. — Potion avec soixante-quinze centigrammes de quinine.
Les 27 et 28. — Sous l’influence du sulfate de quinine, la rémittence vespérale a presque disparu, les genoux sont toujours douloureux et tuméfiés ; épanchement à peine perceptible.
Le 29. — La journée est très bonne ; la malade n’accuse jiresque plus de douleurs dans le genou ; pas do fièvre vespérale. Continuation du traitement antérieur, sauf le sulfate de quinine.
Vers onze heures du soir, la malade est subitement atteinte d'une constriction angoissante qu’elle définit « comme si on lui serrait les deux seins ». Dyspnée intense, la malade cherche toutes les positions possibles pour trouver du soulagement ; douleurs précordiales s’irradiant vers le bras, jusqu’au milieu de l’avant-bras, fortes palpitations, intermittences dans les contractions cardiaques, puis lenteur progressive du pouls, pâleur de la face, refroidissement des téguments et des extrémités ; elle éj^rouve des défaillances très courtes, il est vrai, faisant craindre une syncope. Les paroles sont brisées, saccadées ; la malade fait de nombreuses inspirations sans éjjrouver le moindre soulagement.
Prescriptions. — Ventouses sèches sur la région précordiale, inhalations d’éther, potion avec acétate d’ammoniaque, six grammes, sinapismes aux membres inférieurs, frictions sur tout le corps avec de l’alcool camphré.
La malade éprouve quelques soulagements après l’application des ventouses et les frictions ; les téguments reprennent leur température normale, le cœur reprend un rhythme moins intermittent et plus rapide, la dyspnée est un peu moindre, la douleur précordiale et brachiale est constante.
A minuit, la malade respire plus librement sous l’influence d’une nouvelle application de ventouses sur l’épaule et sur la région dorsale gauche (continuation des inhalations d’éther). Demi-heure après, la malade est couverte de sueurs profuses qui amènent insensiblement la disparition de la dyspnée ; il se produit une réaction fébrile assez intense. La malade se sent brisée.
Le 30. — Sur les quatre heures du matin, la malade s’endort d’un sommeil agité, troublé par des cauchemars, la douleur brachiale n’est plus que de l’engourdissement.
De temps à autre encore, quelques palpitations réveillent en sursaut la malade.
ETIOLOGIE
Le lendemain, à midi, mieux très sensible ; il ne reste plus qu’un sentiment extrême de lassitude ; seulement, l’épanchement articulaire, sous l’influence des sinapismes, a reparu ainsi que la tuméfaction et la douleur.
Le soir, un léger mouvement fébrile. — Potion avec quatre grammes de bromure de potassium, deux pilules de belladone (Trousseau).
Le 31. — Amendement dans l'état de la malade.
Prescriptions : ut suprà.
P’’, 2, 3, 4 et 5 septembre. — Même traitement; la malade se lève le 4 ; les genoux sont encore douloureux et tuméfiés, mais plus d’épanchement.
Le 6. — La malade n’a pas encore vu apparaitro scs menstrues ; dans la journée, douleurs des reins, sensation de pesanteur au bas du ventre.
Prescriptions : ut suprà.
Le 7. ■ — Dans la journée, la malade est re()rise d’un nouvel accès, mêmes symptômes que dans le précédent, sauf la dyspnée, qui est bien moindre. L’accès ne dure qu’une heure au plus, caractérisé surtout par des troubles cardiaques ; à la fin de l’accès, vomissements et selles copieuses.
Prescriptions. — Même traitement que dans l’accès précédent; une heure après l’accès, potion emménagogue avec tisane d’armoise, q. s., vin emménagogue, trente grammes.
L’accès est bien moins fort que le précédent ; les sueurs arrivent ; le soir, mouvement fébrile.
Le 8. — La malade voit apparaître scs menstrues, faiblement d’abord, puis avec caillots et coliques, puis assez abondantes.
Prescriptions : ut suprà.
Le 9. — Amélioration notable ; les menstrues continuent, — Fer, vin de quinquina, bromure de potassium, belladone.
Les 10, 11, 12 et 13. — Mêmes prescriptions; amélioration continue; le 12 elle se lève, et le 14 elle peut faire une promenade en voiture.
Les jours suivants, la malade va de mieux en mieux. — Usage du fer, du quinquina, flanelle sur les articulations.
L’état de Mil® Marie R... s’est amélioré depuis ; elle a éprouvé seulement quelquefois une légère angoisse précordiale et un engourdissement de la région scapulo-brachiale, avec intermittences fugitives dans les contractions cardiaques, mais cela a été tout. La malade a continué longtemps, et reprend de temps à autre son traitement par le broniure de potassium et la belladone.
Depuis, il n’y a pas eu de rechutes.
OBSERVATION XC (D® ViGuiER. — Thèse)
Henry V..., aide-major, stagiaire au Val-de-Gràce, âgé de vingt-cinq ans, tempérament lymphatico-nerveux. (Il a rédigé lui-même son observation.)
Antécédents morbides. — Rhumatisme, pneumonie, bronchite, etc.
Antécédents de famille. — Grand-père maternel goutteux ; père rhumatisant et atteint d’affection cardiaque.
Rien du côté du cœur ni des poumons, anémie considérable produite par
plusieurs atlaqucs de rhumalismes, se localisant surtout dans les genoux et plus spécialement dans le genou gauche.
20 mai 1872. — Je souffrais depuis quelques jours de douleurs rhumatismoïcles générales, comme cela m’arrive assez souvent et à chafpie variation de temps et de température. Le soir en rentrant chez moi, je me sentais néanmoins plus libre du côté des articulations. Au moment de me mettre au lit, je fus subitement pris par une douleur précordiale angoissante et une sensation de constriction autour du thorax, suivant les insertions du diaphragme. J'eus à peine le temps d’appeler du secours et de tomber sur mon lit.
La dyspnée était atroce, les mouvements cai-dia([ues lents, mais réguliers. La douleur précordiale s’irradiait au bras et à l’épaule gauche. J’avais toute ma connaissance, et il me semblait que j’allais mourir ]>ar asphyxie. Les mouvements resjjiratoires se faisaient Ijicn, mais il me paraissait que les poumOns ne pouvaient laisser pénétrer l’air. J’étais couvert d une sueur froide et visqueuse, les téguments et les extrémités étaient refroidis.
j\Ion ami, le D'' M..., interne des hôpitaux de Paris, a[)pelc immédiatement, crut reconnaître un peu de frottement péricardique et me lit mettre dix-huit sangsues sur la région précordiale.
Traitement. — Frictions; potion; eau de laurier-cerise, six grammes; inhalations d’éther, etc.
Je souffris ainsi pendant près de deux heures jusqu’à ce qu’une certaine quantité de sang se fut écoulée.
L’accès se termina par une sorte de défaillance pendant laquelle je conservai l’usage complet de mes facultés et pus analyser une sorte de trismus, ainsi qu’un éblouissement accompagné de sensation de vide de cerveau.
Ije 21. — Rien de nouveau à constater. Lassitude extrême, engourdissement de l’épaule et du bras gauche.
Traitement. — Deux bouillons, potion calmante ; fomentations sèches aux membres inférieurs, redevenus douloureux.
Le 22. — Visite de M. le professeur Axenfeld. Pour lui, l’affection qui se présentait était [)urement une névrose, qu’il ne pouvait (jualifier, n'en ayant pas vu les manifestai ions. Il m’ausculta et ne trouva aucune trace de péricardite. Il blâma l’emploi des sangsues et m’engagea à n’user désormais i|ue des dérivatifs moins affaiblissants.
Prescriptions. — Fer, quinquina, etc.
Le 22. • — J’entrai au Val-de-Gràce, oi'i M. le i)rofesseur Colin me traita d’après cette dernière méthode, en définissant mon affection : troubles nerveux dus à l’anémie rhumatismale.
Je sortis de l’hôpital le 26 juin ; pendant ce laps de temjjs j’ai éprouvé quelquefois ce que j’appellerai une aura anguinosa, caractérisée par une douleur précordiale sourde et un engourdissement, ou de fourmillements dans le bras et l’épaule gauches. Ces symptômes précurseurs cessèrent après l’usage de ventouses, de l’acétate d’ammoniaque, etc.
Le 28. — Deux jours après ma sortie, nouvelle crise, moins forte, mais caractérisée par un amoindrissement de la dyspnée et l'apparition de symiAômes cardiaques, d’intermittences, de palpitations. Notons que ce dernier plié-
ÉTIOLOGIE
nomènc avait coniplctement fait défaut dans le premier accès. Séjour à l’hôpital du 28 juin au 4 juillet.
Traitement. — Ut supra. Vésicatoire sur la région précordiale, potion calmante à l’eau de laurier-cerise.
Je suis envoyé en congé ; j’ai chez moi deux petites atteintes insignifiantes, résumées en angoisse précordiale, légère dyspnée, et douleurs caractéristiques du bras cl de l’éi)aule gauches. A mesure ipie les accès se rapprochent, je constate la pré[)ondérancc des troubles cardia(jues sur les accidents dyspnéiques et surtout l’ap[iarilion plus }>récoce de l'aura anguinosa.
Chacune de ces atteintes a coïncidé avec des douleurs rhumatismales i)lus ou moins fortes, précédant l’accès, et auxquelles il succédait par une sorte de métastase.
28 octolnc. — Nouvel accès. Mômes symptômes que dans les précédents ; seulement la douleur constrictive du sternum est remplacée [lar un sentiment de strangulation exercée à la gorge et sur les muscles ilc la région postérieure du cou, douleur traversant la poitrine, comme celle <jue ferait éprouver un coup d’épée ; accès se terminant par trismus et sentiment de défaillance déjà décrit.
Vomituritions et selles copieuses à la fin des accès.
Du 28 octobre au 10 novembre, séjour à l’hôpital, traitement tonique ordonné par le professeur Colin.
19 novemhi-e. — Depuis deux jotirs j’éprouvais l’aura anguinosa, c’est-àdire, engourdissement de l’épaule et du bras gauches, palpitations, intermittences dans les contractions cardiaques, assez fortes pour me réveiller dans la nuit.
Je constate, à cette époque, l’apparition d’un nouveau symptôme précurseur, qui a été constante dans les accès suivants et m'en a prédit sûrement l’approche ; j’éprouvais une sorte de frémissement cataire s’irradiant dans les deux hypocondres et sensible à la main. C’est une sensation très pénible. Dyspnée moyenne, troubles cardiaques, intermittences, palpitations, sentiment de défaillances plus prononcé.
Traitement. — M. le professeur Villemin me traita par les ferrugineux, le quinquina, le bromure de potassium, l’arsenic (liqueur de Fowler).
Sorti le 17 décembre. — Notons un léger accès dans la nuit du 2 décembre. Même traitement de l’accès que dans les précédents. Vésicatoire sur la région précordiale.
27 janvier. — Depuis quelques jours mes douleurs rhumatismales avaient reparu.
Le 27. — Pendant toute la journée, j’éprouvai l’aura anguinosa accompagnée de frémissement cataire.
6 heures du soir. — Je suis pris d’un accès foudroyant, le plus terrible que j'aie jamais essuyé. Dyspnée atroce, troubles cardiaques (intermittences, palpitations), et de plus, de temps en temps, sensation d’un gonflement énorme du cœur, d’un violent effort de cet organe, suivi d’un affaissement brusque simulant une rupture. Eblouissements, défaillance, vomissements bilieux, selles copieuses, énorme refroidissement des extrémités. Pâleur de la face, bouche sècbe et pâteuse, soif ardente. C'est l’accès pendant leipiel j’ai eu le plus le sentiment d’une fin prochaine.
DE l’angine de poitrine
TranspoiTo à l’hôpital sur un brancard, j’y subis mon accès jusqu’à deux heures du matin, heure à laquelle M. le professeur Colin, appelé par le médecin de garde, vint me prodiguer scs soins.
Prescriptions. — Acétate d’ammoniaque, ventouses sur le dos cl la région précordiale, frictions énergiques, houle d’eau chaude. Malgré tous ces soins, je restai plus de deux heures sans me réchauffer. A la fin de l’accès, sueur profuse, réaction félndlc, sensation nerveuse. Cet accès est celui qui m’a laissé les plus longues suites ; j’ai demeuré en effet dix-huit jours à l'hôpital dans un état d’affaissement impossible à décrire.
Trailcmenl. — 27 janvier au 14 février. Tonique, vésicatoires successifs, ventouses, révulsifs successifs à cha(pie a|)parition de l’atu’a anguinosa.
Sorti de l’hô[)ital en congé do convalescence jus(|u’au 12 mai. Arrivé dans ma famille, séjour d’un mois et demi au lit par suite de rhumatisme articulaire reprenant une forme aiguë. Pas d’accès pendant cette période de temps, sauf quelques troubles cardiaques précédés d’aura anguinosa, mais promptement disparus sous l’inlluence d’un traitement préventif à chaque apparition de l’aui’a.
Je constate de plus en plus, dans ces accès, la prépondérance des troubles cardiaques sur les accidents dyspnéiques et surtout la continuation du symptôme précurseur, frémissement cataire dans les hypocondres.
Il est à noter que chaque accès est précédé de douleurs rhuniastismales, et qu’après chaque manifestation de l’Angine de Poitrine je reste atteint de ces mêmes douleurs pendant dix à douze jours.
24 juillet. — Nouvel accès foudroyant, mêmes symptômes ; seulement après l’accès, je reste un mois à ne pouvoir marcher qu’avec des béquilles. Douleurs rhumatismales se maintenant encore aujourd’hui par intervalles.
Le 25. — Nouvel accès moindre que le précédent.
Le 26. — Nouvel accès, intensité de plus en plus décroissante.
M. Kelsh, professeur agrégé au Val-de-Grâce, ni’a traité pendant cette période par le bromure de potassium associé à la belladone. Dans ces derniers accès j’ai éprouvé une sorte de tiraillement sur le péricarde, comme s’il était lié au diaphragme. Cette dernière sensation se maintient encore aujourd’hui et se manifeste au moindre effort, à la moindre émotion. Sorti de l’hôpital le 31 août. Depuis lors, grâce au traitement que je continue, je n’ai plus eu d’accès, j’éprouve seulement de temps à autre quelques symptômes d’aura, cédant à l’emploi des révulsifs ; emplâtre de thapsia, teinture d’iode, etc. Dans ces symptômes, prédomine aujourd’hui le tiraillement péricardique dont j’ai parlé plus haut.