OBSERVATION CXIV
D'' Gauthier. — (Mémoire cité p. 104.)
Angine de Poitrine par abus du tabac
J.-M. G..., âgé de 65 ans, indemne de toute diathèse, (son grand’père cependant était asthmatique) fume la pipe avec excès, 40 à 50 centimes par jour du tabac ordinaire de la régie. Un soir qu’il avait veillé fort tard dans un cabaret, au milieu d’une atmosphère tabagique et ayant fumé lui-même, il fut pris soudainement en rentrant chez lui d’un évanouissement incomplet avec sensation d’une constriction thoracique violente. Aussitôt appelé, nous constations la
ÉTIOLOGIE
pâleur du visage avec sueurs froides, le pouls serré et ralenti, l’inspiration pénible et lourde ; le malade accusait la sensation d’une barre transversale dans la poitrine ainsi qu’une céphalalgie intense. Nous crûmes d’abord que tout cela était la conséquence de li'op copieuses libations quoique le sujet n’eùt pas l’habitude de boire, mais quelques jours plus tard, les mêmes phénomènes s’étant reproduits dans d’autres circonstances, nous reconnûmes notre erreur. Le malade venait de se coucher, après avoir veillé en famille, mais toujours après avoir beaucoup fumé, quand il fut pris d’une crise plus sévère encore que la précédente, surtout au point de vue de la douleur précordiale.
Nous interdîmes alors l’usage immodéré du tabac. M. G..., tint compte en partie de notre recommandation, les crises sténocardiaques ont disparu, mais les palpitations sont encore fréquentes, principalement après les longues soirées d’hiver pendant lesquelles il fume plus que d’habitude. A part cela, cet homme se porte fort bien et ses fonctions digestives sont d’une régularité parfaite.
OBSERVATION CXV (G. Graux) (1)
Angine de Poitrine chez un fumeur de cigarettes
Il s’agit d’un fumeur qui avait sans cesse la cigarette à la bouche et en avalait la fumée. Il fut subitement pris d’une douleur dans la région du cœur et crut qu’il avait cessé de battre. Il chercha dans ce moment là à s’appuyer sur quelque chose de solide suspendant sa respiration de peur do réveiller la douleur. Il sentait en même temps le mal s’irradier dans l’épaule, le bras, la main gauche et principalement le petit doigt qui était engourdi et sentait des fourmillements. A l’auscultation, on ne trouva aucune lésion du cœur ni des vaisseaux. Son médecin lui interdit l’usage du tabac et les accidents disparurent.