‹ Traité de l'angine de poitrineChapitre 6 sur 110 · TERMINAISON · texte numérisé non relu

TERMINAISON

à l’abri de toute critique et justifiât cette proportion heureuse de succès. Le même genre des causes déprimantes, agissant sur une agglomération d’hommes fatigués et débilités pendant plus de trois ans avaient déterminé ce nombre considérable de cas d’^npors; mais à notre arrivée en France, le repos, le sommeil tranquille, les aliments frais et réparateurs en abondance, un travail modéré, l’absence d’humidité, la satisfaction morale de retrouver patrie, famille, amis, toutes ces conditions de bien-être succédant à tant de privations, devaient les faire disparaître sur place et c’est ce qui eut lieu. Mais il n’est pas douteuxfque si mes malades avaient eu à supporter un mois encore les intempéries, l’excès de fatigues et la disette d’aliments frais, nous aurions eu des pertes graves à supporter, et la preuve de la vérité de ce que j’avance, c’est la suspension de la maladie pendant les jours qui suivirent notre relâche à Sainte-Hélène et sa réapparition lorsque l’influence salutaire de ce temps de repos et de bien-être s’éteignit.

Nous avons donc le premier fait brèche à cette opinion qui avait cours dans la science, que l’Angine de Poitrine était nécessairement et presque toujours mortelle. On regardait jadis comme des cas heureux ceux où la sternalgie alternait avec des accès de goutte, de gastralgie, de sciatique, de migraine, et ceux aussi où quelque maladie venait opérer une diversion favorable (érysipèle aux pieds) (1), apparition spontanée d’un flux hémorrhoïdaire et écoulement ichoreux par l’anus (2). Mais depuis quelques années une foule d’auteurs sont venus prouver que la mort n’était pas la terminaison inévitable de VAngor, et chacun a cité des faits heureux à l’appui. Parmi ceux-là nous devons citer Beau, Axenfeld, Lartigue, Gintrac, Piorry, Bouchut, et dans ces derniers temps, MM. Marie, Lancereaux, Landouzy, G. Sée et Huchard, qui ont largement combattu l’ostracisme fatal qui nous faisait jadis condamner les angoreux (3).

PHÉNOMÈNES TERMINAUX DE l’aCCÊS

Existe-t-il des phénomènes critiques présageant l’heureuse terminaison de l’accès ? Oui, surtout quand il s’agit de certaines variétés d’Angor Pectoris, et il est rare que quelques-uns de ceux que nous

(1) Spring, Tra.ité des accidents morbides, p. 462, T. I.

(2) Schmidt {Médecine commentaire, Edimbourg, 1791, vol. 5, p. 97.)

(3) Huchard, Revue de Médecine 1883, p. 479.

DE l’angine de poitrine

allons énumérer d’après M. Liégeois (1), ne l’annoncent point. Ce sont des vomituritions et d’abondantes évacuations gazeuses (Watson), une explosion de vents (Fothergill), une toux suivie de crachats muqueux (J. Frank), et comme je l’ai observé moi-même et l’ai dit ])lus haut, de la strangurie (Raige-Delorme) , du malaise vésical (Lartigue), un besoin irrésistible d’uriner, (Axenléld), un gonflement notable des te.sticules (Elle Gintrac), une névralgie iléoscrotale ^Axenfeld), la lenteur et la profondeur des inspirations (G. Sée), une sensation douloureuse dans la région du cœur (Fothergill, Liégeois, Huchard) avec ou sans dilatation de cet organe, l’accélération, l’irrégularité (Fothergill, Frank), ou le ralentissement extrême (40, 30 pulsations), (G. Sée), des contractions cardiaques et des fourmillements dans les doigts.

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