‹ Traité de l'angine de poitrineChapitre 5 sur 110 · DURÉE · texte numérisé non relu

DURÉE

ans, et il rappelle que Ilunter, qui en était atteint, a vécu plus de ^ in.s^t ans avec des intervalles assez longs de calme parfait. Guthrie et Walsh ont observé des cas où il y a eu une distance de vingt- ([uatre et de vingt-cinq ans entre le premier accès et le second. Nous connaissons personnellement un malade de M. le D‘‘ Papillaud, c[ui a eu son premier accès en 18GG et qui vit encore aujourd’hui en 188G, ne souffrant plus de la maladie c[ui le terriüait jadis.

En général, la durée de l’affection dépend beaucoup de sa cause et de sa nature; l’Angine de Poitrine névralgique et névrosique peut durer très longtemps en faisant Ijeaucoup soulfrir; l’Angine tle Poitrine, par cause organique, dure infiniment moins, occasionne des douleurs moins bruyantes et est bien plus souvent inexorable. La lecture de ce livre fera bien comprendre cette diversité d’allure et de terminaison. Gardons-nous cependant de nous endormir dans une fausse sécurité, bien que Desportes cite un malade qui en a souffert pendant vingt ans; laissons les malades se croire à l’abri de toute atteinte parce ([u’ils sont restés longtem])s indemnes. En réalité la mort les menace toujours et ils peuvent succomber au moment où ils s’y attendent le moins; aussi, est-ce un devoir pour le médecin de prévenir la famille de ce dénouement possil)le.

Le nombre des accès est excessivement variable et dépend de la nature de l’Angine de Poitrine et de sa cause ; ([uelques malades meurent après trois ou quatre, d’autres vivent encore très longtemps et, dans ce cas, particulier aux hystériques ou aux neurasthéniques, les paroxysmes deviennent pour ainsi dire subintrants, de trois à six, si bien c[u’à la fin de l’année leur nombre s’élève à vingt, trente, soixante, cent, deux cents, trois cents ;D'' Rigal) (1), puis ils disparaissent pendant un long espace de temps pour éclater quand rien ne le présage et emporter enfin le sujet. Chez quelques personnes, ce])endant, la guéifison a paru définitive, ainsi qu’on l’observe fré- ((uemment dans les x\ngines névrosiques et même dans les cas les jjfiis graves depuis que la thérapeutique s’est enrichie d’armes nouvelles contre ce mal.

Le premier accès annonçant l’invasion du mal est souvent très court, quelquefois unique. Plus tard, cette durée augmente surtout chez les névrosiques ; on en a vu persister d’une heure à cinq ou six heui’es et même huit heures (Desportes) .

(1) D'' Rigal. — Cité par le D'' Huchard dans sa leçon sur l’Angine de Poitrine, Hôpital Bicbat, mai 1866.

DE l’angine de poitrine

Terminaison. — La mort, l’amélioration ou la guérison, telles sont, dit M. Lartigue, les terminaisons ordinaires de l’Angine de Poitrine. Pour moi, je ne comprends pas qu’il ait regardé la seconde comme possible ; dans une affection de ce genre où le mal est instantané et disparait avec la même soudaineté qu’à son origine, l’amélioration n’est qu’un état transitoire : mourir ou guérir sont les deux seules fins possibles de la maladie, il n’y a point de moyen terme.

Pour les anciens auteurs, la mort était de beaucoup la terminaison la plus fréquente. Forbes a compté quarante-neuf issues fatales sur soixante-quatre cas d’Angor Pectoris, les sixbuitièmes des malades auraient donc succombé.

M. Lartigue est un peu moins pessimiste; sur dix -huit cas la mort est survenue treize fois et la guérison cinq fois.

La mort a eu lieu au bout de deux mois et demi . 1 fois.

De trois à quatre mois 1 —

De six mois 1 —

De deux ans 2 —

De trois ans 2 —

De cinq à six ans 2 —

De six à sept ans 1 —

De huit ans. . , 1 —

De dix ans 1 —

De dix-sept à dix-huit ans 1 —

La guérison est survenue dans les cinq cas.

Après quelques mois 3 fois.

Après vingt mois 1 —

Après deux ans 1 —

Ainsi que je l’ai dit plus haut, il est rare que le patient succombe pendant l’accès ; c’est au début de l’un d’entre eux qu'il est subitement foudroyé ; le plus souvent, surtout quand il y a complication cardiaque, les accès se multiplient, se rapprochent, le malade se plaint sans cesse, il n’a plus d’intervalles de repos et il meurt épuisé, à bout de souffrances, incapable de les supporter plus longtemps.

Cette gravité extrême de l’Angine, reconnue telle par la plupart des auteurs, m’avait, pendant plusieurs années, empêché de publier les observations recueillies à bord de l’Embuscade, bien qu’à cette époque-là (de 1854 à 1864) et même longtemps après, la théorie régnante qui faisait de cette maladie une Névralgie du cœur, les mît

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