XXVI INTRODUCTION
manière générale, que les éruptions scrofuleuses affectent spécialement les formes pustuleuses et tuberculeuses avec tendance à l'ulcération et à la suppuration; on a signalé la teinte souvent violâtre et livide de l'aréole qui environne la base des pustules (1), et leur localisation élective sur les téguments de la tête (2).
Les affections cutanées qui m'ont paru se rattacher à la diathèse rhumatismale étaient érythémateuses ou papuleuses, accompagnées de prurit ou même de douleurs très vives. Je me rappelle avoir vu une éruption lichénoïde de l'avant-bras et de la main alterner avec un rhumatisme articulaire très opiniâtre, à forme subaiguë. La sensibilité de la peau affectée était portée à un tel degré, qu'on ne pouvait la toucher sans arracher des cris à la malade.
Une autre critique que je me permettrai d'adresser aux dermatologues, c'est qae la plupart d'entre eux ont oublié le tégument interne. L'existence des dartres internes était admise par les anciens médecins. Il existe des affections impétigineuses internes, disait Pierre Frank. Cette question n'est même pas discutée dans le plus grand nombre des traités modernes de pathologie. Pourquoi cette exclusion ? Les muqueuses ne font-elles
gine, ne seiiiienl pas le produit de ia combinaison de ces différentes dialhèses avec i'iierpéiisiue ? Sans pouvoir fonder sur une démonstration rigoureuse Topinioii que j'ai adoptée, je dirai toutefois qu'elle me parait conforme aux résultats de l'observation et aux inductions tirées de l'analogie.
(1) Fuclis, de Gotlingue, cité par M. Leberl , Traité des maladies scrofuleuses, p. 20/i.
(2) Lebert, loc. rit., p. 217.
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pas partie du système tégumentaire? Ne voit-on pas les exanthèmes fébriles, l^h-ysipèle, la variole, la rougeole, la scarlatine, se répéter sur les muqueuses nasale, buccale, pharyngienne, conjonctivaie? Des signes irrécusables ne témoignent-ils pas, dans beaucoup de cas, du retentissement de ces maladies sur les membranes bronchiques, intestinales, urinaires? N'observe-t-on pas sur la langue des groupes herpétiques? Pourquoi le vice dartreux ne pourrait-il pas affecter le tégument interne?
On reconnaît que des affections des membranes muqueuses peuveiTt alterner avec des affections cutanées ; on voit souvent des dartres, des catarrhes pulmonaires, des diarrhi^es l'ebelles se succéder, se remplacer d'une manière si marqu(''e, qu'il est difficile de ne pas admettre une connexion entre ces diverses manifestations. Mais quelle est la nature de ce rapport? Dira-t-on que ces \ différents états morbides, indépendants les uns des autres, se succèdent fortuitement; ou qu'une fluxion développée sous l'influence de causes accidentelles fait cesser, par un antagonisme de dérivation, une fluxion plus ancienne, fixée sur un autre organe? ou bien doit-on reconnaître qu'il y a, entre ces phénomènes, un lien pathogénique, qu'ils dérivent d'une même origine, qu'ils manifestent une même diathèse ? Ici la démonstration rigoureuse est impossible, mais, sans pouvoir y arriver, le sens médical sépare ce qu'une analyse superficielle confond : quand on voit se répéter plusieurs fois cette sorte de balancement d'états morbides, occupant des sièges divers; quand la maladie interne, qui a remplacé l'affection extérieure, dépasse, dans sa durée, les hmites