INTRODUCTION. XXXV
J'ai admis avec les anciens qu'il pouvait y avoir dans ce cas métastase herpétique ; cependant cette doctrine soulève quelques objections auxquelles je veux répondre. Je ne parlerai pas de ceux qui ne voient dans ralternance des phénomènes qu'un effet de dérivation. Cette explication n'est pas applicable aux faits nombreux où la disparition de la maladie cutanée précède l'invasion de TafFection interne ; d'ailleurs il en a déjà été question plus haut.
Mais on peut objecter à l'opinion qui admet la diathèse comme condition et lien nécessaire de ces phénomènes successifs, que la suppression d'un ancien
y céflpr, je lui prescrivis l'usage de Iwissons dépuratives : des purgalils doux lui furent administrés à quinze jours d'inlervalie, et en même temps une pommade à base mercurielle fut ap[)liquée sur la partie malade. L'eczéma disparut, mais alors une diarrhée opiniâtre se déclara, ne céda qu'après deux ou trois mois de traitement, en même temps que l'allection eczémateuse reprenait possession des parties qu'elle avait si longtemps occupées. Il est difficile de ne pas admettre ici autre chose qu'un simple clTet de dérivation, et de ne pas chercher dans la condition diathésique l'explication de ce catarrhe intestinal qui persista obstinément, en dépit du régime et d'un traitement rationnel. Les purgatifs ont-ils favorisé la détermination sur l'inleslin de celle action morbide, après la suppression de la m anifestation exléiieure? Je ne le crois pas impossible, et peut-être, dans ces circonstances, doit-on être plus sobre de leur emploi qu'on ne l'est généralement dans les maladies herpétiques. Plusieurs faits analogues à celui-ci se sont présentés à mon observation; et ils frapperaient plus sou vent, je crois, l'atlention des médecins, si l'on était moins exclusivement préoccupé de la lésion locale, moins disposé à voir dans les alTeciions des actes isolés, sans lien avec les phénomènes qui les ont précédés ou avec les conditions générales qui les accompagnent. (Voy. l'ouvrage de Raymond sur les maladies qu'il esl dangereux de guérir.)