XIV INTRODUCTION
fournir, les sympathies éveillées dans d'autres organes, le retentissement ressenti par l'ensemble de l'économie.
Mais, dans un certain nombre de cas, tous ces renseignements sont insuffisants pour fixer le diagnostic, et c'est dans un autre ordre de considérations et d'inductions qu'il faut en chercher les éléments. Il faut tenir compte de la marche de la maladie, des phénomènes qui l'ont précédée ou qui l'accompagnent, remonter jusqu'aux prédispositions héréditaires; en un met, ne pas considérer l'affection actuelle comme un acte isolé, mais étudier ses rapports avec tous les phénomènes morbides qui l'ont précédée. Ces divers actes morbides ne sont en effet, dans beaucoup de cas, que des épisodes d'une même histoire pathologique, qui peut embrasser toute la vie du sujet et dont il faut saisir le fil à travers tous les incidents qui sont venus s'y mêler. A cette étude, il faut joindre celle des diverses influences qui ont pesé sur l'organisme ; la solution du problème clinique exige quelquefois toutes ces données.
Quelques exemples rendront plus claires ces diverses propositions. Supposons qu'une affection accidentelle, un catarrhe par exemple, se développe sous l'influence des conditions individuelles ou générales qui lui donnent ordinairement naissance, et qu'au lieu de se terminer dans les limites de sa durée habituelle, il tende à persister indéfiniment, sans que cette anomalie puisse être imputée à des erreurs de régime ou à l'intervention nouvelle de la cause productrice de la maladie ; il faut rechercher alors si quelque coefficient dia-
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thésique n'est pas venu en modifler les tendances. La chronicité, dans ces maladies, doit presque toujours être attribuée à une complication de cette nature, quand elle n'est pas, bien entendu, le résultat de l'action réitérée des causes morbifiques ; car, ainsi que je l'ai déjà dit, les actes morbides, en se répétant, sous l'empire de cette loi 'd'habitude qui domine les phénomènes de la maladie comme ceux de la santé, finissent quelquefois par créer un état morbide permanent ou une disposition qu'éveillent les causes les plus légères.
Si, maintenant, des signes évidents d'une afîection diathésique, du vice herpétique par exemple, se révélaient à l'observation , cette présomption serait appuyée de bien plus nombreuses probabilités; dans les conditions que je suppose, elle deviendrait presque une certitude, ou du moins s'en approcherait autant que le comporte ce genre d'observations, s'il y avait une alternance bien marquée entre la lésion du tégument externe et les troubles de l'organe intérieur.
Tout le monde sait combien on trouve souvent dans la connaissance des antécédents héréditaires des indications précieuses pour le diagnostic et la prophylaxie des maladies; combien cette connaissance importe surtout pour la détermination des affections diathésiques, qui ont une remarquable tendance à se transmettre par hérédité , tantôt avec tous leurs caractères propres, tantôt sous une expression affaiblie ou modifiée : c'est ainsi que, chez les enfants d'un goutteux, des migraines, des névralgies, des dyspepsies, des accès d'asthme, sont souvent les préludes et quelquefois le seul témoignage