‹ Traité de l'angine glanduleuse et observations sur l'action des Eaux-Bonnes dans cette affectionChapitre 7 sur 45 · INTRODUCTION. XVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XVII

confier entièrement à l'effet du traitement général, serait s'exposer à des mécomptes : car certaines lésions diathésiques peuvent persister par une sorte d'habitude morbide, alors que la cause dont elles émanent n'a plus qu'une faible tendance pathogénique ; c'est à la sagacité du médecin à déterminer le moment où le traitement local doit intervenir.

Il est des cas où le médecin doit s'abstenir de toute médication contre les affections de cette nature : lorsque la maladie est très ancienne, qu'elle entraîne peu d'inconvénients, et qu'on peut craindre de lavoir remplacée par d'autres affections plus graves ; surtout si le malade est avancé en âge, à une période de la vie où l'organisme a moins de ressort, moins d'élasticité, si je puis parler ainsi, et supporterait difficilement la suppression d'habitudes, qui sont plus profondément entrées dans ses conditions d'équilibre.

Une donnée très importante, quand il s'agit d'instituer le traitement d'une affection diathésique, est la connaissance des circonstances qui peuvent en favoriser le développement ou les progrès. Il en est, comme la tuberculisation pulmonaire, qu'on ne saurait attaquer de front, qui ont une fatale et irrésistible tendance à détruire les tissus qu'elles occupent. Tous les efforts de l'art ont pour objet, bien moins d'amener la rétrogradation du mal que d'en arrêter les progrès, d'en circonscrire le foyer, d'en atténuer les effets. On doit chercher à obtenir que la marche envahissante du travail diathésique soit enrayée, que la tendance de la diathèse à se révéler par des manifestations nouvelles soit cou-

Page 1