XVIII INTRODUCTION
tenue, que la production morbide soit séparée des tissus voisins par un travail d'isolement , témoignant des efforts de l'organisme pour la repousser de son sein ; qu'enfin, elle finisse par être éliminée, et qu'une cicatrice revête ou remplisse la solution de continuité laissée par elle dans la partie du poumon dont elle s'était emparée. Voilà ce que la nature opère quelquefois sous nos yeux. Toute l'attention, toute la sagacité du médecin doivent tendre à connaître les conditions dans lesquelles s'est accomplie une si heureuse solution, et toute la perfection de l'art consiste à les reproduire.
Sans entrer dans le détail de toutes les conditions auxiliaires qui concourent au développement de chaque diathèse, je signalerai, à titre d'exemples, celles qui paraissent exercer l'influence la plus générale et la plus puissante sur leur évolution. En première ligne, vient l'affaiblissement de l'organisme. La vie est une lutte, comme la définissait Bichat, une résistance de la force individuelle contre les forces générales, qui tendent à l'absorber. Toutes les influences morbifiques ont d'autant plus de prise sur l'économie que sa force de résistance est moins développée; et cette loi (1) est applicable, non-seulement aux causes pathogéniques qui l'attaquent du dehors, aux impressions produites par les agents extérieurs, mais à l'évolution des germes morbides que nous apportons en naissant. Prenons
(1) Les végétaux y sont soumis comme les cinimaux. Les arbres caducs et malades se couvrent de parasites : on voit dans une forêt de sapins, à côté d'individus forts et vigoureux, de vieux troncs cachés sous les lichens.
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pour exemple l'affection tuberculeuse : voyons à quel âge elle se développe.
Dans l'enfance, c'est dans cette période d'accroissement rapide, qui est une cause de dépense, et. pour ainsi dire, de fatigue, pour la force organisatrice ; ou au milieu des orages de la dentition, phénomène dont nous ne comprenons pas les retentissements profonds sur l'organisme, mais qui l'éprouve d'une manière incontestable. Plus tard, c'est après la crise de la puberté; trop souvent encore chez les femmes, après les épreuves de la parturition ou de la lactation. Les excès qui épuisent, les chagrins qui dépriment la puissance nerveuse, les mauvaises conditions hygiéniques, qui troul)lent lentement, et quelquefois d'une manière irréparable, le travail de la nutrition, sont encore des causes prédisposantes très actives de cette évolution diathésique.
Certaines maladies ajoutent à cette influence générale celle d'une action déterminante spéciale sur l'organe qui est le siège de prédilection des tubercules : ainsi, la rougeole, la coqueluche; ainsi un simple rhume, contracté dans certaines conditions, chez des sujets qui n'en avaient pas eu d'atteintes antérieures, et chez qui on ne pouvait constater aucun trouble des fonctions respiratoires, deviennent le signal de l'éclosion de ces productions hétéromorphes. D'une manière générale, certaines causes occasionnelles, impuissantes par ellesmêmes pour créer une manifestation diathésique, peuvent en favoriser le développement quand elles agissent sur l'organe qu'affectent de préférence ces manifestations. C'est ainsi que chez un sujet prédisposé, une