DE LA VALEUR RELATIVE DES MÉTHODES DIRECTE ET INDIRECTE DE TRAITEMENT
Dans les deux premiers chapitres consacrés au traitement de l'angine infiltro-laryngée , nous avons étudié séparément les méthodes thérapeutiques indirecte et directe, ainsi que les nombreux moyens qu'elles nous offrent. — Ici nous recherchons la valeur relative de ces méthodes et de ces moyens.
Laissons pour le moment de côté quelques agents (sulfate de quinine , antisyphilitiques , diurétiques , sudorifiques ) qui n'ont été appliqués qu'au traitement de certains cas tout spéciaux; — passons également sous silence quelques autres moyens (sulfure de potasse, tartre stibié à haute dose) fort rarement employés, — et recherchons la valeur des autres agents, en comparant simplement et sans discussion la fréquence de leur emploi : 1° Dans les cas où la guérison a été obtenue sans bronchotomie, et 2° dans ceux où le traitement , dirigé contre l'infiltration laryngée elle-même, a échoué, en sorte que les malades sont morts ou qu'il a fallu recourir à la bronchotomie.
Ce mode d'appréciation pour être utile est cependant fort imparfait, nous le reconnaissons tout le premier : aussi, pour guider notre pratique à cet égard, est- il indispensable de revenir aux nombreuses observations que nous avons exposées et aux considérations qu'elles nous ont suggérées.
EXAMEN COMPARÉ DES M ÉTHODES DIRECTE ET INDIRECTE. 33ii
Dans le tableau suivant :
La première colonne est destinée aux cas où le traitement a réussi, en sorte que les malades ont guéri sans bronchotomie.
La seconde et la troisième colonnes concernent les malades chez lesquels le traitement dirigé contre l'infiltration aryténo-épiglottique a échoué, en sorte qu'ils sont morts ou qu'il a fallu les soumettre à la bronchotomie , laquelle a réussi ou échoué , peu importe pour le moment.
Enfin , la quatrième colonne est consacrée à la fois aux deux ordres précédents de malades.
Dans chacune de ces quatre colonnes les agents de traitement ont été placés dans l'ordre de fréquence de leur emploi, en commençant par ceux qui ont été le plus souvent mis en usage.
Enfin , pour mieux les distinguer, nous avons inscrit en lettres italiques les moyens directs, ainsi que les vésicatoires sur la région antérieure du cou.
L'exemple que nous citons servira de guide pour la lecture de ce tableau :
Sur 92 observations, les scarifications des bourrelets ont été employées : dans la 1 /2 des cas de guérison sans bronchotomie ; — dans le l/42e des cas de mort sans bronchotomie ; — dans le l/8e des cas qui ont exigé plus tard la bronchotomie ; — et enfin dans le 1/1 6e des cas de mort sans bronchotomie et de bronchotomie, c'est-à-dire des cas où le traitement dirigé contre l'infiltration laryngée elle-même a échoué.