‹ Traité de l'angine laryngée oedémateuseChapitre 28 sur 150 · INFLAMMATION DE LA GORGE · texte numérisé non relu

INFLAMMATION DE LA GORGE

enfant ne se irouve donc signalé dans ce groupe, et cependant, dans le jeune âge, la phlegniasie simple de la gorge est assez commune.

Parmi les malades dont nous parlons, 18 appartenaient au sexe masculin, et 13 au sexe féminin.

b. — Dans 25 cas, l'infiltration laryngée a été subordonnée à une inflammation de la gorge survenue elle-même pendant la convalescence, ou dans le cours de maladies diverses, mais étrangères au larynx.

Parmi ces 25 malades, nous trouvons 2 enfants de U et de 6 ans, et 3 vieillards de 68 à 71 ans. Les autres sujets étaient âgés de 18 à 60 ans ; savoir : 2, de 15 à 20 ans ; — 7, de 20 à 30 ans ; — 5, de 30 à M) ans; — 2, de 40 à 50 ans;— 1, de 50 à 60 ans.

Sur les 23 sujets qui avaient dépassé l'enfance, 18 appartenaient au sexe masculin, et 5 seulement au sexe féminin.

c. — En sorte qu'en réunissant tous les cas où l'angine infiltrolaryngée s'est trouvée sous la dépendance d'une inflammation aiguë et simple de la gorge, le larynx n'étant le siège d'aucune lésion antécédente, nous en trouvons 56 ;

Parmi lesquels nous n'avons inscrit que 2 enfants de k à 6 ans, et 3 vieillards ayant dépassé 60 ans; — et remarquons que ces enfants et ces vieillards étaient déjà malades lorsqu'ils furent atteints d'inflammation gutturale avec œdème laryngé. — Cette forme de la maladie n'a point encore été signalée chez des sujets de 7 à 15 ans; — rare de 15 à 20 et au delà de 50 ans , — c'est surtout de 20 à 50 ans qu'elle s'est montrée.

Sur 54 malades, 36 étaient du sexe masculin, et 18 seulement du sexe féminin. — Mais, tandis que la différence a été très marquée lorsque l'angine gutturale a surpris des sujets dans Vétat de convalescence ou de maladie (18 hommes et 5 femmes), elle l'est devenue beaucoup moins chez les sujets bien portants avant l'invasion de l'angine (18 hommes et 13 femmes).

Dans les 56 cas que nous éludions, outre les lésions inflammatoires et ordinaires de l'arrière-bouche, nous avons trouvé 7 fois des lésions diverses et voisines du larynx, savoir: une infiltration séro-purulenle de la région antérieure du cou [U fois); — un fover purulent derrière la membrane thyro-hyoïdienne ; — un engorgement glanduleux du cou ou de la parotide (2 fois). — Ces lésions, qui toutes nous paraissent avoir été antérieures à l'angine œdéma™

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teuse, ont peut-être contribué à son développement; mais leur rôle est obscur ou douieux si on le# compare à celui, dès à présent si bien démontré, de l'inflammation de la gorge.

Sur 6 6 cas, l'inflammation gutturale a été: intense, 10 fois; — de moyenne intensité, 25 fois ; — et légère, 11 fois. — On ne saurait conclure de là que l'inflammation gutturale, légère ou de moyenne intensité, soit plus fréquemment suivie d'œdème laryngé que celle qui est intense, puisque les deux premières sont chacune certainement beaucoup plus fréquentes que la troisième. Mais ce qui ressort positivement de notre examen, c'est que l'inflammation intense et l'inflammation modérée, ou même très légère de la gorge, peuvent devenir le point de départ de l'infiltration du sommet du larynx. Rappelons en particulier ces individus surpris en pleine santé par une angine gutturale légère, et qui ont succombé en peu d'heures à l'œdème laryngé.

En général, l'infiltration du larynx est survenue pendant les périodes à'augment ou d'état de l'angine gutturale ; très rarement à son déclin. — Parfois, elle est apparue à l'occasion d'une rechute d'amygdalite sous l'influence du refroidissement ou de quelque écart de régime.

Les maladies, dans le cours ou pendant la convalescence desquelles cette forme d'angine œdémateuse s'est développée, ont été très variées. Ainsi elle a été observée :

Dans le cours d'un catarrhe pulmonaire chronique, d'une pneumonie (3 fois) et au début d'une coqueluche. Ces cas sembleraient indiquer que la double inflammation de l'arrière-bouche et des bronches ou des poumons prédispose d'une manière plus particulière les sujets à être affectés d'angine laryngée œdémateuse. — Quatre fois l'angine gutturale est survenue dans le cours d'un érysipèle de la face ; l'érysipèle s'était peut être étendu à l'arrièrebouche. — Trois fois cette même angine s'est développée chez des sujets atteints à'anasarque, par suite de maladie organique du cœur ou de fièvres intermittentes. Ces trois observations nous montrent le danger qui accompagne l'inflammation de la gorge, lorsqu'elle survient chez des individus affectés de dialhèse séreuse. — Trois fois l'angine gutturale est apparue dans le cours ou pendant la convalescence de la fièvre typhoïde. — Nous signalons enfin comme en ayant été atteints : un individu dont la luette était

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ulcérée; — un convalescent d'une fièvre bénigne ; — un convalescent de congestion cérébrale ; — un malade atteint d' 'éléphantiasis ; — un autre atteint ({'ulcère à la jambe ; — un jeune homme en voie de guérison d'une balano-posthite ulcéreuse; — et une femme convalescente d'une fracture de V extrémité inférieure de la jambe.

Si nous remarquons que le plus ordinairement les bourrelets aryténo-épiglottiques ont présenté les caractères manifestes de l'inflammation , savoir : de la rougeur, de la lymphe plastique , de la sérosité purulente ou du pus ; — que d'autres fois cependant ils étaient sans rougeur et infiltrés seulement de sérosité, nous admettrons que l'inflammation de la gorge détermine l'infiltration laryngée tantôt, et le plus ordinairement, en envahissant par continuité de lissu le sommet du larynx , tantôt par une influence à distance. — Dans le premier cas, il y a inflammation ; dans le second , simple irritation sécrétoire du tissu cellulaire des replis aryténo-épiglottiques. A moins cependant qu'on ne suppose dans ce dernier cas que la membrane muqueuse des replis a été pendant la vie le siège d'une phlegmasie légère et commençante dont les traces ont disparu après la mort.

B. — Diphthérite. — Gangrène de l'arrière-bouche.

La diphthérite de la gorge est assez fréquente à l'état sporadique; en outre , elle règne parfois sous la forme d'épidémies plus ou moins étendues; et cependant nous ne connaissons que cinq cas où celle affection se soit compliquée d'oedème aryténo-épiglottique (Boudel, nos 1 et 2; Louis, n° U; Marmy; Reeb). Cette redoutable combinaison est survenue : trois fois dans le cours de la fièvre typhoïde, chez un soldat, et chez deux personnes du sexe féminin, l'une âgée de 15, l'autre de 23 ans; — une fois chez une femme âgée de 66 ans, atteinte de péritonite aiguë; — une fois enfin sur un homme de 25 ans, affecté non seulement de diphthérite gutturo-laryngée, mais aussi d'une amygdalite réellement gangréneuse. — Ainsi , parmi ces 5 cas, il en est 3 qui ont appartenu au sexe féminin , et 2 seulement au sexe masculin. — Deux de ces faits se sont présentés pendant les mois de janvier et de février 18^5, à l'hôpital de la Charité, dans les salles du professeur Fouquier, où régnaient à cette époque des stomatites et des pharyngites couenneuses. —

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Chez deux de nos cinq sujets, les fausses membranes ne sont pas restées bornées à l'arrière-bouche , mais elles ont aussi envahi le larynx. (Voy. plus bas, Croup.)

Trois fois seulement l'infiltration sus-glottique s'est montrée consécutivement à la gangrène de l 'arrière -bouche , affection fort rare , comme on le sait. — L'un de ces cas a été observé chez un enfant de neuf ans, atteint déjà de tubercules pulmonaires, d'épanchement pleural et de gastro-entérite (Guibert, n° 2). — Nous venons de citer le second cas à l'occasion de la diphthérite gutturale (Reeb). — La troisième observation enfin a été recueillie sur un homme peut-être affecté de morve aiguë. (Voy. chap. II, §xx.)

Parmi les nombreuses observations d'inflammation de Yisthme guttural que nous avons précédemment analysées , il en est plusieurs dans lesquelles la phlegmasie avait aussi envahi le pharynx lui-même ; et bientôt , lorsque nous étudierons la laryngite chronique comme point de départ de l'angine œdémateuse, nous signalerons quelques autres faits qui démontrent que le pharynx, aussi bien que le larynx, était le siège d'ulcérations plus ou moins profondes. On voit donc que la pharyngite joue un rôle assez important dans le développement de l'angine infiltro- laryngée. Les trois observations suivantes méritent une mention particulière.

Chez un jeune homme de vingt-trois ans, le tissu cellulaire sousmuqueux du pharynx était infiltré de sérosité purulente, et la couche \ musculaire de cet organe offrait des stries purulentes (Louis, n° 1). '

Sur un homme de cinquante-quatre ans , qui succomba en vingtquatre heures à l'angine œdémateuse, on trouva, sur le pharynx , deux ulcérations d'un pouce de largeur à fond grisâtre et entourées d'une aréole inflammatoire. Le refroidissement auquel le malade s'exposa a peut-être imprimé un caractère aigu à l'inflammation, chronique et ulcéreuse du pharynx (Legroux, n° 4),

Une femme de trente-huit ans offrait une destruction des piliers du voile du palais et d'une grande partie de celui-ci, avec une ulcération qui s'étendait au pharynx; cette ulcération avait donné issue à une | esquille, fragment du corps d'une des vertèbres cervicales (Becquerel).

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