ÉRYSIPÈLE. — ECZÉMA
C. — Deux sujets ont été affectés d'abord d'une angine infiltrolaryngée, puis bientôt d'un érysipèle.
La première de ces observations , dont nous ne consignerons ici qu'un petit nombre de circonstances , est relative à une femme âgée de cinquante-huit ans, qui, pendant la convalescence d'une grave lésion traumatique de l'une des articulations tibio-tarsiennes , fut atteinte d'angine laryngée œdémateuse. Bientôt, et après l'expulsion de crachats « très mauvais, » au dire de la malade, les symptômes de l'affection laryngée s'améliorèrent avec une grande rapidité. Mais quelques jours plus tard apparut, dans le voisinage de la cicatrice de la jambe, unérysipèle qui envahit le membre inférieur tout entier... Quelques jours après, la malade succomba. — A l'ouverture cadavé-
! rique, on trouva, entre autres lésions, une rougeur insolite de l'isthme du gosier, du pharynx et du larynx, et quatre abcès sous-muqueux autour de l'orifice supérieur du larynx. En outre, les replis ary-épiglottiques, très tuméfiés, présentaient chacun une ulcération taillée à
j pic dirigée suivant leur longueur, reste des foyers purulents qui s'étaient vidés quelque temps auparavant (Gubler, n° 3).
Dans une seconde observation, sur laquelle nous reviendrons (Traitement par les scarifications), nous voyons un homme de cinquante ans, soumis aux influences qui favorisent au plus haut degré le développement de l'érysipèle nosocomial, être atteint d'une angine laryngée œdémateuse. Cette angine résiste à plusieurs moyens énergi-
! ques, la mort est imminente, lorsque apparaît un érysipèle sur l'une des joues; il gagne bientôt la tempe et le front, et tous les accidents laryngés disparaissent avec une remarquable promptitude (Gordon- Buck).
N'est-il pas permis de soupçonner que, dans ce dernier cas surtout, l'érysipèle, après avoir été interne et avoir affecté le sommet du larynx et son voisinage, a quitté cette région pour se porter au dehors?
D. — Nous ne connaissons encore aucun exemple de disparition d'érysipèle suivie d'angine laryngée œdémateuse, laquelle angine se serait à son tour amendée au moment de la réapparition de l'érysipèle à son siège primitif. — L'observation ultérieure constatera probablement cette succession de phénomènes ; mais ce qui n'a pas encore été signalé pour l'érysipèle nous paraît l'avoir été pour l'eczéma, comme nous le verrons bientôt.
E. — Enfin, l'angine infiltro-laryngée est survenue à distance d'un érysipèle de la face, et par un mécanisme qui serait fort remarquable s'il nous était parfaitement démontré,
ÉTIOLOGIE.
Ainsi, au rapport de M. Gariel, un foyer purulent s'était formé dans la glande parotide à la suite d'un érysipèle de la face; le pus se fraya | un passage jusqu'au larynx, où il forma une sorte d'abcès par congestion : on voyait « un trajet purulent marqué depuis la glande jusqu'au larynx. » Le pourtour supérieur de l'organe était œdémateux. »
En résumé, et autant qu'il est possible de tirer des conclusions d'un nombre de faits aussi peu considérable, il nous paraît que l'érysipèle est une cause particulière d'angine laryngée œdémateuse.— Tantôt V agent érysipélateux manifeste d'abord sa présence sur quelque région de la surface du corps, sur la face en particulier, pour envahir bientôt l'arrière-bouche et le sommet du larynx. — D'autres fois, l'agent érysipélateux affecte d'abord ces dernières régions pour apparaître ensuite sur la peau. — Lorsque l'érysipèle occupe la face et le cou, l'angine laryngée œdémateuse sera considérée comme plus menaçante encore, si le cou est fortement tuméfié par l'érysipèle, ou si le malade est atteint d'anasarque ou de diathèse séreuse ; car alors, s'il survient une inflammation de la gorge, plusieurs causes se réuniront pour produire l'œdème du larynx.