ROUGEOLE. — SCARLATINE
lequel nous voyons un travail peut-être métastatique présider à l'apparition de l'infiltration du larynx.
Un phlegmon en quelque sorte ambulant atteignit successivement, à des époques rapprochées et presque régulières , la cuisse gauche, l'avant-bras gauche et le dos de la main droite. Un vaste foyer de suppuration persistait dans ces dernières parties, lorsque tout à coup la matière purulente diminua pour disparaître bientôt ; mais alors sur- ! vinrent, du côté du larynx , des accidents promptement mortels , et J pour les expliquer, on trouva un phlegmon des replis aryténo-épiglot- | tiques (Howship).
La tumeur phlegmoneuse qui se développa la première sur la 1 cuisse gauche fut traitée, entre autres moyens, par des applications froides et sédatives ; ce traitement répercussif n'aurait-il pas contribué à donner au phlegmon le caractère ambulant que nous avons signalé? L'une des indications du traitement de l'infiltration laryngée était de rappeler par des moyens énergiques la suppuration de l'avant-bras gauche.
On consultera avec intérêt, et sous le même rapport, deux autres observations de MM. Louis (n° 1) et Pâtissier.
? xv.
Nous ne connaissons aucun exemple d'angine laryngée œdémateuse survenue pendant les prodromes ou dans le cours même de la rougeole et de la scarlatine \ et cependant le larynx dans la rougeole, la gorge dans la scarlatine, sont habituellement le siège d'une phlegmasie souvent fort intense, et qui semblerait, au premier abord, devoir puissamment favoriser le développement de l'œdème laryngé. — Mais il en est tout autrement lorsqu'il s'agit de la convalescence de ces exanthèmes; en effet, quelquefois alors apparaît l'angine œdémateuse.
a. — Pendant la convalescence de la rougeole l'œdème laryngé a été subordonné à l'angine gutturale aiguë, à l'engorgement des ganglions lymphatiques du cou, à la pneumonie.
b. — Quant à l'angine œdémateuse survenue pendant la convalescence de la scarlatine, nous en connaissons cinq exemples :
Dans l'un de ces cas, nous n'avons trouvé aucun lien bien particulier à établir entre l'œdème du larynx et la scarlatine.
Il s'agit d'un jeune homme convalescent de cet exanthème et non
ÉT10LOGTE.
affecté anasarque , et sur lequel on trouva après la mort un œdème des replis aryténo-épiglottiques avec une ulcération présentant les caractères de l'ulcération aiguë (Ryland, n° 1).
Mais dans les k cas suivants l'œdème laryngé s'est développé chez des sujets affectés à' anasarque par suite de scarlatine: — c'étaient trois enfants de 7 ans 1/2 et de 8 ans , l'âge du troisième n'a pas été indiqué, et un adolescent de l^i ans. — Trois d'entre eux appartenaient au sexe masculin. Ces observations méritent d'être consignées ici; il en est malheureusement deux dont les détails manquent en très grande partie.
Une petite fille de huit ans avait eu la scarlatine. Huit jours après la terminaison de l'exanthème , elle fut prise d'une anasarque générale ; la face, les lèvres et la bouche s'infiltrèrent, et bientôt après apparurent tous les symptômes d'une angine œdémateuse. Les laxatifs et les diurétiques furent employés vigoureusement; la diaphorèse s'établit, les urines coulèrent en abondance , l'anasarque disparut, et avec elle tous les symptômes de la suffocation (Trousseau, n° 4).
L'angine œdémateuse survint chez un enfant atteint d'hydropisie scarlatineuse dans le tissu cellulaire et dans les séreuses, et de pleuro- 5 pneumonie. L'œdème du larynx fut trouvé peu considérable. Pas d'autres détails (Barrier, n° 3).
Louis Conteau, âgé de quatorze ans, était atteint d'une anasarque scarlatineuse qui occupa d'abord les membres ; les parois abdominales furent bientôt envahies, et le péritoine devint le siège d'un épanchement considérable. (Saignée, diurétiques, extrait de cahinça.) Le malade tousse par intervalles ; l'accumulation de sérosité dans l'abdomen paraît apporter quelque gêne à la respiration. Du reste, le bruit respiratoire est pur. L'œdème gagne la face et les paupières. (Extrait de cahinça.) Les jours suivants, l'infiltration du tissu cellulaire paraît diminuer. — Le 12 février, à la visite du matin, le malade offre l'état suivant : orthopnée, altération des traits, parole haletante, inspiration sonore, difficile, expiration facile, sentiment de strangulation Le malade porte la main à la partie antérieure du cou , et demande d'une voix entrecoupée qu'on lui arrache l'obstacle qui s'oppose au passage de l'air. Il met en jeu toutes les puissances inspiratrices pour introduire de l'air dans la poitrine. Le cou est énormément tuméfié. En portant le doigt à l'intérieur de la gorge, on sent, sur le côté gauche de la glotte, une tumeur molle peu résistante. Un chirurgien est appelé et pratique une ponction sur cette tumeur; du sang mêlé de sérosité s'écoule par la bouche et les narines. Le malade dit éprouver du soulagement. On lui administre, peu de temps après, un vomitif, et l'on applique quelques sangsues sur la partie latérale gauche du cou. Une amélioration peu durable suit l'emploi de ces divers moyens, mais