‹ Traité de l'angine laryngée oedémateuseChapitre 57 sur 150 · SEXE. — CONSTITUTION. — TEMPÉRAMENT · texte numérisé non relu

SEXE. — CONSTITUTION. — TEMPÉRAMENT

souvent, au contraire, le point de départ dans un âge plus avancé, nous sommes forcément conduit à admettre, dans l'organisme des enfants, une circonstance toute spéciale qui les met presque entièrement à l'abri de l'angine œdémateuse. — Le peu de développement proportionnel du larynx à cette époque de la vie ne jouerait-il pas ici le principal rôle.

§ II. — Sexe.

Sur 487 sujets qui avaient dépassé l'enfance et qui étaient jeunes, adultes ou avancés en âge, nous en avons trouvé 131 appartenant au sexe masculin et 56 au sexe féminin. Quant aux enfants, au nombre de 11, car nous faisons abstraction d'un nouveau-né, 7 étaient des garçons et U des filles. — Ainsi l'influence du sexe a été très marquée à tous les âges de la vie ; elle est surtout parfaitement démontrée au delà de l'enfance, puisque, sur un très grand nombre de sujets, un peu plus des deux tiers ont appartenu au sexe masculin. — On aurait pu prévoir ce résultat en remarquant la rareté de l'angine laryngée œdémateuse chez l'enfant, dont la femme se rapproche par son organisation et par son mode de vitalité. Ajoutons que l'homme est généralement beaucoup plus exposé que la femme aux diverses causes de laryngite aiguë , d'angine gutturale, etc., et aussi à toutes les influences qui aggravent la laryngite chronique.

Au reste , plusieurs des variétés étiologiques de la maladie ont présenté dans leur fréquence de très notables différences, suivant le sexe des sujets.

Reconnaissons d'abord qu'il n'en est aucune qui ait atteint la femme à l'exclusion de l'homme.

A. — Bien au contraire , certaines d'entre elles ont affecté uniquement les individus du sexe masculin ; par exemple, l'angine œdémateuse consécutive à la laryngite nécrosique aiguë (15 cas), à des maladies organiques du cœur, à la cachexie paludéenne, à des plaies du cou.

B. — Les hommes, presque à l'exclusion des femmes, ont été atteints de l'angine œdémateuse liée à la fièvre typhoïde (20 sur 23).

C. — La différence entre les deux sexes, sans être aussi grande que précédemment , a été cependant encore très considérable lorsque l'angine œdémateuse a été subordonnée :

130 ÉTIOLOGÎE.

A Y angine gutturale chez des individus convalescents ou déjà malades (18 cas sur 25 de ce genre ont en effet appartenu au sexe masculin) ;

à la laryngite érythématcuse chez des sujets également convalescents ou déjà affectés de diverses maladies (12 sur 15) ;

à la laryngite chronique simple ou de nature douteuse (10 sur 15);

à la laryngite chronique chez des tuberculeux (9 sur 13) ;

à la présence de tumeurs solides développées dans les environs du larynx (11 sur 16) ;

à un état d'anasarque, d'épanchement séreux, de diathèse séreuse (10 sur 12).

D. — Mais il est quelques autres variétés de la maladie qui ont affecté presque également les individus des deux sexes.

Ainsi, sur 31 cas d'infiltration laryngée subordonnée à Y angine gutturale aiguë chez des sujets auparavant bien portants, 18 ont été observés chez l'homme et 13 chez la femme.

Sur 1U cas d'œdème laryngé consécutif à la laryngite syphilitique, 8 ont appartenu à l'homme et 6 à la femme.

Sur 9 cas d'angine œdémateuse plus ou moins intimement liée à la présence dans les environs du larynx de tumeurs inflammatoires glandulaires, 5 ont été signalés chez l'homme et k chez la femme.

E. — Il n'est enfin qu'une seule variété de l'affection qui ait été plus souvent observée chez la femme que chez l'homme: ainsi, sur

5 cas d'œdème laryngé subordonné à Y inflammation diphthéritique \ de la gorge ou du larynx, 3 ont appartenu à la première et 2 au \ second.

§ III. — Constitution , tempérament.

La constitution et le tempérament ont présenté, comme on le pense bien, de très notables différences, suivant que l'angine œdémateuse a été symptomatique de l'inflammation aiguë et franche de la gorge ou du larynx, ou de l'inflammation chronique de ces organes ; — suivant aussi qu'elle est survenue chez des individus en pleine santé ou déjà épuisés par des maladies antérieures ; nous ne croyons pas dès lors devoir insister sur cette partie de l'éliologie.

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