INVASION
l'œdème laryngé; surtout encore, si Ton découvre de l'œdème dans quelque partie de l'arrière-bouche.
B. — Mais d'autres fois l'invasion est presque subite, en sorte que dès le premier abord le malade se sent atteint d'une affection très grave que le médecin reconnaît sans hésitation. — Quelquefois même la maladie paraît débuter par un violent accès de suffocation qui peut être promplement mortel.
Examinons maintenant les caractères de l'invasion dans les principales formes de la maladie.
a. —Lorsque l'angine infiltro-laryngée dépend d'une inflammation aiguë de la gorge, aux symptômes ordinaires de cette phlegmasie viennent s'ajouter: Une gêne notablement plus grande de la déglutition ; une toux légère ; une dyspnée peu marquée , ou bien assez notable et qui n'est alors nullement en rapport avec le peu de tuméfaction des amygdales. Signalons très particulièrement une légère altération dans lavoix qui devient un peu rauqueou légèrement voilée ; et aussi la sensation d'un corps étranger gênant la respiration et qui est rapportée par le malade, non pas à l'isthme guttural lui-même, mais plus profondément encore, au sommet du larynx. L'invasion a lieu, tantôt par le développement successif et l'aggravation graduelle des symptômes mentionnés; parfois aussi
i elle est presque subite et caractérisée immédiatement par les symptômes les plus graves.
b. — Lorsque l'angine œdémateuse est symplomatique d'une laryngite nécrosique aiguë, ses symptômes d'invasion sont : un peu de faiblesse, puis un peu d'enrouement dans la voix; une petite toux sèche, un peu rauque , plus ou moins fréquente et déterminant une sensation douloureuse au larynx ; dans la respiration, un peu de gêne continue ou revenant par intervalles, l'inspiration étant
i parfois déjà plus difficile que l'expiration; une sensation encore ! peu marquée de corps étranger dans l'arrière- gorge ou au sommet j du larynx, gênant la respiration, quelquefois sans gêner la dégluti- ! tion. La durée de ces symptômes est variable, souvent assez longue ; puis surviennent les signes caractéristiques de l'œdème laryngé, les accès de suffocation, etc. — Dans le cas particulier que nous si-
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gnalons ici, l'œdème du larynx étant consécutif à la nécrose partielle de cet organe, parmi les symptômes indiqués il en est plusieurs qui doivent sans doute être attribués plutôt à cette lésion ! qu'à l'œdème laryngé lui-même.
c. — Si l'angine œdémo-laryngée est symptomatique d'une laryngite chronique: la voix, souvent déjà altérée, devient rapidement plus basse et plus rauque , la toux plus fréquente et plus fatigante , la respiration de plus en plus difficile et sifflante; ou bien, lorsque auparavant elle ne présentait rien d'anormal , elle devient un peu gênée, et déjà l'inspiration est plus difficile que l'expiration; la douleur laryngée augmente ou se fait sentir pour la première fois , ; et le malade éprouve, pour la première fois aussi , la sensation d'un corps étranger dans le fond de la gorge. — C'est assez souvent après un refroidissement, après des efforts de voix, que les symptômes de la laryngite chronique s'aggravent et font place à ceux d'invasion de l'œdème laryngé; — ces derniers apparaissent d'ailleurs successivement ou graduellement , mais d'autres fois ils sont subits, fort pénibles, et même sous la forme d'un violent accès de suffocation.
L'invasion a lieu presque toujours le soir ou pendant la nuit. Sur 35 cas , elle a été signalée : 12 fois le soir; — 18 fois la nuit; — -P> fois seulement dans la matinée; — et 2 fois dans Y après-midi, avànt trois ou quatre heures. — Ainsi 30 fois sur 35, c'est-à-dire j dans les six septièmes des cas, l'invasion a eu lieu le soir ou la nuit. — Cette influence nocturne sur le début de l'angine œdémateuse est loin d'être propre à celte espèce d'angine laryngée ; nous l'avons aussi constatée dans la laryngite érythémateuse , dans la laryngite striduîeuse et dans le croup. — Au reste, la nature de la maladie, dont l'infiltration laryngée a été symptomatique, ne nous a point paru modifier notablement l'époque de l'invasion de cette infiltration.