‹ Traité de l'angine laryngée oedémateuseChapitre 99 sur 150 · SAIGNÉES GÉNÉRALES ET LOCALES · texte numérisé non relu

SAIGNÉES GÉNÉRALES ET LOCALES

douleur et difficulté de l'inspiration. — Le \ 3 : face rouge, turgescente ; rougeur légère et diffuse de l'arrière-gorge , sans gonflement ; mais l'épiglotte , rouge et boursouflée, faisait saillie à la base de la langue; inspiration difficile; l'air, en pénétrant dans le larynx, produisait le sentiment d'un poids sur cette partie, et son passage était accompagné d'un frôlement assez fort, tandis que l'expiration, restée libre, n'occasionnait ni bruit ni douleur ; la voix offrait une raucité sui generis. Pouls plein , dur et fréquent. Ajoutons que la malade avait eu ses règles trois semaines auparavant. <

Immédiatement on pratique une saignée de 15 onces environ : -elle est suivie d'un commencement de défaillance, sans soulagement; le sang n'est pas couenneux. A 3 heures du soir, on applique vingt sangsues au cou, elles fournissent beaucoup de sang dont on entretient l'écoulement par des cataplasmes. A 9 heures du soir, les piqûres de sangsues coulent encore abondamment ; la malade éprouve beaucoup de faiblesse, mais la voix est moins rauque, l'inspiration plus facile, le frôlement moins prononcé, le pouls moins large et sans fréquence, la peau moite. L'écoulement du sang continue jusqu'à 4 heures du matin. — Le 4 4, la respiration est tout à fait naturelle; tous les symptômes se sont amendés ou ont disparu. — Mais quelques jours après , à la suite de l'impression du froid sur le corps, les mêmes accidents se reproduisent et cèdent à une application de quinze sangsues.

La maladie dont il s'agit ici était bien, il est vrai, une angine laryngée œdémateuse, mais elle n'était que commençante. — La perle de sang a été considérable ; notons la défaillance qui a suivi la saignée du bras, et la faiblesse extrême survenue après l'écoulement hirudinal. Cet état prolongé de syncope imminente était bien propre à modifier rapidement les tissus enflammés. — Mais n'est-il pas infiniment probable que ces mêmes émissions sanguines auraient été insuffisantes un peu plus tard, lorsque le liquide infiltré dans les replis supérieurs du larynx aurait été plus abondant et surtout, lorsque de séreux qu'il était sans doute alors, il serait devenu lymphatico-plastique ou séro- purulent. — On voit combien il importe, pour apprécier la valeurde cette médication, comme celle de toutes les autres, de distinguer l'angine œdémateuse à son début de celle qui est complètement établie, ou déjà même avancée.

C. Les évacuations sanguines ont été plus abondantes et plus souvent répétées lorsque le traitement a échoué (c'est-à-dire dans les cas de mort et dans ceux où l'on a été obligé de recourir à la brouchotomie), que dans les cas de guérison.

Ainsi, tandis que dans les cas de guérison (sans bronchotomie), la proportion des saignées générales a été 1/3, et celle des applications de sangsues au cou, 1/2 ; — dans les cas de mort (sans bronchotomie) et de bronchotomie, c'est-à-dire dans tous les cas où le traitement a échoué, s'il est vrai que la proportion des saignées générales ait été la même que précédemment , celle des applications de sangsues a été 2/3, c'est-à-dire notablement plus considérable que dans les cas de guérison.

I). Plusieurs fois, malgré des évacuations sanguines abondantes et même très abondantes, la maladie a persisté ou s'est aggravée, et il a fallu recourir à d'autres agents qui, eux alors, ont été suivis de succès. — Nouvelle preuve, non pas certes de l'inutilité, mais de l'insuffisance des émissions sanguines.

E. Plusieurs fois malgré des évacuations sanguines répétées et abondantes, employées entre autres moyens, les malades ont succombé, ou bien il a fallu recourir à la bronchotomie. — Il ne sera \ peut-être pas inutile de consulter ici le § II de Y Historique ; nous y voyons en effet plusieurs cas d'angine , très probablement œdémateuse, qui se sont terminés parla mort, malgré des évacuations sanguines très abondantes. (Brasavole, — Tulpius, — Rodrigues a Fonseca, — Houdry. — Voyez aussi la relation de la maladie dernière I de Washington.)

F. Sur 26 cas de guérison, 13 fois elle a été obtenue sans émissions sanguines et d'ailleurs sans bronchotomie. — L'angine œdémateuse était alors liée à une diathèse séreuse , à une pharyngolaryngite chronique , ou à une angine gutturale aiguë, mais très j légère.

G. Plusieurs fois, enfin, les émissions sanguines ont été pratiquées dans des circonstances tellement défavorables qu'elles nous ont paru, non pas seulement inutiles, mais encore nuisibles.

Ainsi dans 11 observations d'angine œdémateuse symptomatique d'une laryngite nécrosique aiguë [chez des convalescents de fièvre typhoïde), ou d'une laryngite chronique (le plus ordinairement chez des tuberculeux), des sangsues parfois en grand nombre (60 dans un cas !) ont été appliquées au cou, et quelquefois même on

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