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l'existence d'un épanchement cérébral ; encore celui-ci a-t-il des caractères différens dans l'une et dans l'autre. Dans la fièvre ataxique cérébrale , il est purement symplomatique , et toujours le résultat de l'arachnitis'. La sérosité épanchée est trouble , album ineuse , lactescente , et l'arachnoïde altérée , épaissie ; ce qui n'a pas lieu dans l'hydrocéphale essentielle, où cette membrane est intacte , et l'épanchement limpide et presque entièrement gélatineux.
Il existe cependant quelques cas de fièvre ataxique cérébrale où l'on trouve la sérosité limpide et l'arachnoïde saine : mais alors la substance du cerveau est toujours fortement injectée; ce qui porte à croire que l'inflammation l'a exclusivement affectée , que l'arachnoïde en a été exempte, et que l'épanchement s'est fait par pure exhalation, conséquence an voisinage de l'inflammation. C'est ainsi que l'arachnitis d'un seul ventricule détermine parfois une collection séreuse limpide dans l'autre. C'est encore de même que la dysenterie entraîne l'ascite; l'inflammation du testicule , une hydrocèle ; la pneumonie ; des hydrothorax ; etc.
Lors même que la fièvre ataxique cérébrale ne présente point d'épanchement, elle n'en est pas moins symptomatique de l'arachnitis. L'é-
panchement manque alors , parce que l'absorption s'en est faite dans les derniers instans de la vie ou après la mort (i), ou que la phlegmasie a été assez violente pour faire cesser la vie avant qu'il ait eu le temps de se former. [Itard. )
On voit d'après tout cela que le nom de fièvre cérébrale hydrocéphalie/ ue désignerait plutôt l'hydrocéphale inflammatoire, véritable fièvre ataxique cérébrale des auteurs , et qu'il ne peut remplacer celui que je donne à l'apoplexie séreuse.
S'il est impossible de confondre chez les vieillards l'hydrocéphale inflammatoire avec l'essentielle aetive , rien n'est plus facile sur les enfans. En effet l'hydrocéphale essentielle s'accompagne chez eux dune fièvre à redoublement, d'une congestion cérébrale vive et soutenue, de convulsions, de vomissemens, et d'une foule d'autres phénomènes morbifîques qui lui impriment la même physionomie qu'à la fièvre ataxique cérébrale. Aussi , le plus souvent , près d'ouvrir le cadavre , ignore-t-on encore si Ton trouvera
(1) D'après les expériences de Mascagni , de Bichat et de M. le professeur Des Genettes, il est prouvé que l'absorption peut s'opérer plusieurs heures ? et même plus de deux jours après la mort.
l'arachnoïde malade ou intacte, Tépanchement louche ou diaphane. Chez les vieillards au contraire, l'épanchement se fait subitement et sans orage, l'hémiplégie en est un des premiers symptômes. On peut donc toujours distinguer à cet âge l'hydrocéphale essentielle active de l'arachnitis.
C'est d'après cette différence des symptômes de l'hydropisie aux deux extrêmes de la vie que les auteurs se sont crus autorisés à en établir une essentielle entre l'hydrocéphale des vieillards et celle des enfans , à donner à la première le nom d'apoplexie séreuse , et à la seconde celui à' hydrocéphale aiguë. Mais il est irrécusable que leur nature est identique ; du moins telle est mon opinion.
M. lia rd est bien près de penser avec moi que l'apoplexie séreuse n'est qu'une hydrocéphale , puisqu'il dit qu'il y a une grande analogie entre ces deux affections. Cullen paraît être aussi du même avis ; il considère l'hydrocéphale aiguë comme une variété de l'apoplexie ; il en rapporte plusieurs exemples sous le nom & apoplexie hjdrocépha lique.
Causes. La cause prochaine de l'hydrocéphale aiguë est, comme je l'ai dit en tête de cet ar-
ticle , une irritation de l'arachnoïde , plus ou moins voisine, par son acuité, de l'état phlegmasique.
Cette irritation détermine dans les ventricules une exhalation surabondante de sérosité de la même manière qu'une violente contusion du genou ou l'irritation de la membrane capsulaire, par le stimulus rhiimatique , produit une hydrarthrose (î). J'ajouterai que l'irritation , portant en même temps sur les vaisseaux absorbans, y occasionne un état de spasme qui s'oppose à l'exercice de leurs fonctions.
M. Breschet (Recherches sur l'hydropisie, 1812) dit que le stimulant, cause de l'accroissement de l'exhalation, est parfois symptomatique, comme dans les hydrocéphales aiguës produites subitement par une vive affection de l'âme, et d'autres fois direct. Ce stimulant direct n'est
(1) Les hydropisies subites, quoique plus fréquentes dans le cerveau que partout ailleurs , se remarquent aussi quelquefois dans les autres cavités séreuses ; une équitation forcée a été suivie sur-le-champ d'une hydrocèle. M. Breschet cite plusieurs cas d'anasarque active presque instantanée. Un refroidissement de la plante des pieds avait déterminé tout à coup une ascite chez une femme que j'observai en 1814 dans les salles de la clinique interne de l'Hôlel-Dieu.
autre chose, dans quelques cas, et surtout chez les hommes de cabinet, que l'exercice excessif du cerveau , exercice qui finit par amener chez eux une pléthore habituelle de l'organe, et par suite , l'hydrocéphale.
Les causes secondaires de cette hydropisie sont, les études opiniâtres, les veilles prolongées, les méditations sérieuses, l'abus des opiacés, des spiritueux, Faction continuelle d'une vive lumière, d'une forte chaleur, l'insolation, la répercussion d'exanthèmes cutanés , d'une transpiration habituelle, le dessèchement d'anciens ulcères, la disparition brusque d'œdème ou de toute autre collection aqueuse, la suppression d'un flux hémorrhoïdal , d'une fièvre intermittente ancienne , l'omission d'une saignée de précaution , etc.
Cette hydropisie a régné épidémiquement à Genève ; elle est plus commune dans cette ville et à Paris que partout ailleurs. Camper et Tlssot ne l'ont jamais rencontrée ni en Hollande, ni en Suisse. De même que l'apoplexie, elle affecte~plus particulièrement les hommes de cinquante à soixante-dix ans, d'une constitution grasse ou d'un tempérament lymphatico-sanguin; les gens de lettres en sont fréquemment atteints.
Symptômes. Le début de cette hydrocéphale, comme celui de l'apoplexie, est le plus ordinairement subit , à peine les malades éprouventils quelques symptômes précurseurs. Ceux-ci se bornent en général à de la céphalalgie, de l'assoupissement, des étourdissemens, des veilles fatigantes, des vues fantastiques, etc. Tout à coup l'arachnoïde fait pleuvoir une ondée de sérosité à la surface du cerveau ou dans les ventricules; alors les symptômes de la compression cérébrale, associés à ceux de l'excitation de l'organe, se déclarent !(i) : assoupissement plus ou moins profond , perte subite et plus ou "moins complète de la connaissance , trouble des facultés intellectuelles , affaiblissement de Ja vue et de l'ouïe , dilatation et immobilité des pupilles , hémiplégie , gêne de la parole , embarras et gonflement de la langue , quelquefois mutisme ; empreinte de stupeur sur la figure , qui est ordinairement pâle, rarement animée; refroidissement des pieds , pouls dur et plein , pulsations du cœur parfois étouffées; respiration calme d'abord, mais devenant promptement sterloreuse ; déviation de la bouche ,
(i) Les premiers éclipsent en grande partie les seconds.
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effluve de mucosités el de salive écumeuse par les commissures des lèvres, constipation, quelquefois vomissemens bilieux. L'exhalation séreuse continuant tant que dure l'excitation cérébrale, l'épanchement s'accroît par degrés; en même temps les symptômes de la compression deviennent plus prononcés , la paralysie plus complète.
Si la mort doit suivre, elle arrive rarement après le douzième jour.
Lorsque l'épanchement est peu considérable, le spasme des absorbans cessant en même temps que l'accroissement de l'exhalation , la sérosité ne tarde guère à être repompée ; alors les symptômes diminuent progressivement, et la guérison s'opère du dixième au trentième jour. Dans quelques cas la résorption est plus lente; l'hémiplégie et le trouble des facultés intellectuelles mettent plus de temps à se dissiper.
Une abondante sécrétion d'urine, des sueurs copieuses surtout aux cuisses , ou une longue diarrhée , termineut parfois cette hydropisie.
autopsie cadavérique. A l'ouverture du cadavre on trouve l'arachnoïde intacte , pâle et transparente, une quantité variable d'une séro- 9 site limpide, jaunâtre, plus gélatineuse qu'albu-
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mineuse , épanchée à la base du crâne , ou accumulée dans les ventricules , qui n'ont éprouvé d'autre altération que leur ampliation.
Quand l'hémiplégie a été tranchée, le ventricule opposé est plus gorgé de sérosité que l'autre. Dans quelques cas on ne trouve aucun, épanchement , mais le cerveau est infiltré : ce liquide découle abondamment des taillades qu'on pratique dans cet organe. Quelquefois l'arachnoïde est épaissie , et le liquide épanché un peu louche; ce qui atteste qu'il a existé en même temps un excès d'exhalation , et un certain degré d'arachnitis ; nouvelle preuve de la proximité de l'irritation cause de l'hydrocéphale , aiguë de l'état phlegmasique.
Enfin , d'autres fois la sérosité est légèrement teinte de sang : ce qui n'a rien d'étonnant , puisque ce sont les capillaires sanguins qui opèrent l'exhalation séreuse.
Cette description de l'hydrocéphale essentielle aiguë fait voir quelle ressemblance parfaite ses phénomènes morbifiques ont avec ceux de l'hémorrhagie cérébrale (1). Tous les caractères différentiels que les auteurs ont voulu
(i) On sent bien que je ne parle ici que de l'apoplexie active.
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donner de ces deux affections , tels que la production de l'hydrocéphale sous l'influence de causes débilitantes , la préférence qu'elle accorde aux vieillards faibles , décrépits , le tempérament lymphatique , la pâleur constante du visage dans cette hydropisie, la flaccidité des membres paralysés, la faiblesse et l'irrégularité du pouls , la sterleur moins prononcée que dans l'apoplexie , la présence d'écume à la bouche , etc. , sont purement illusoires et tracés dans le cabinet. La méprise est tellement fa» cile , que , souvent près d'ouvrir le cadavre ♦ on ne sait encore si l'épanchement cérébral est séreux ou sanguin. J'en appelle aux praticiens sur ce point.
Heureusement que cette méprise ne peut avoir de conséquence fâcheuse; l'une et l'autre maladies étant carractérisées par l'exaltation des propriétés vitales générales et l'excitation particulière du cerveau , requièrent également les dérivatifs et les antiphlogistiques. Ceux-ci sont même loin d'être dangereux dans l'hydrocéphale aiguë, comme l'avaient avancé Lieutaud et M. Portai