TRAITÉ DE L?AP0PLEXIE
guère mieux. On pourrait en dire autant de celle de Boerhaave , qui cependant a été adoptée par la plupart des médecins [perte cornplète des sens internes et externes , et de tous les mouvemens volontaires ; tandis que la respiration et la circulation subsistent et sont souvent augmentées ).
Selon M. Pinel y l'apoplexie est une névrose cérébrale caractérisée par la suspension plus ou moins complète et subite de Faction des sens , de l'entendement et de la locomotion, avec respiration plus ou moins stertoreuse et continuation de l'action du cœur.
M. Rochoux considère cette maladie [comme une hémorrhagie du cerveau par rupture des vaisseaux , avec altération plus ou moins profonde de la substance de l'organe.
Définir une maladie , c'est en donner une description abrégée : d'après cela , une définition de l'apoplexie, qui rappellerait en peu de mots sa nature, son siège , les signes qui la caractérisent et les accidens quelle détermine , devrait être la meilleure. Je crois avoir atteint ce but en définissant cette maladie une hémorrhagie cérébrale (1) par rupture des vaisseaux, ou simple
(i) Le cerveau n'est pas le seul organe qui puisse devenir le siège de collections sanguines 5 les poumons
exhalation , caractérisée au-dehors par la suspension plus ou moins complète et subite de
en présentent assez fréquemment. J'ai observé un cas de ces pneumorrhagies chez un serrurier qui mourut presque subitement en 1817 à l'hôpital Necker, où on le traitait d'une péripneumonie. Le poumon droit offrait à son lobe inférieur une large caverne à parois déchirées ? comme frangées, remplie d'un sang noir concret ; le parenchyme qui l'environnait était hépatisé.
Les deux exemples d'apoplexie pulmonaire les plus remarquables et les plus douloureux qu'on connaisse sont ceux qui ont terminé la vie de MM. Mahontï Fortassin.
En 18175 M. Laennec me communiqua l'observation d'un épicier qui avait succombé à une sorte d'apoplexie générale. De vastes foyers sanguins se faisaient remarquer dans presque tous les viscères; le tissu cellulaire, in termusculaire et sous-cutané, était comme infiltré de sang»,
Néanmoins le cerveau , par sa structure molle et délicate, la disposition de ses vaisseaux, et la grande quantité de sang qu'il s'approprie ( Haller dit que les artères carotides et vertébrales y portent du tiers à la moitié de la masse de ce liquide qui coule dans l'aorte), est, de tous les organes, le plus exposé aux épanchemens sanguins. On peut voir dans la Physiologie de Bichat et de M. le professeur Richerand combien la nature a fait d'efforts pour corriger cette disposition du cerveau aux congestions sanguines , et quelles combinaisons ingénieuses elle a employées à cet effet pour ralentir l'afflux du sang vers le cerveau, et rendre plus facile son retour de c© viscère au cœur.
Fexercice des sens et des facultés intellectuelles, de la sensibilité animale et de la contractilité volontaire dans une ou plusieurs 'parties du corps; les fonctions organiques étant peu lésées , hors la respiration, qui devient stertoreuse.
Cette définition indique en même temps , comme on le voit , l'existence d'un épanchement de sang dans le cerveau , et ses résultats.