‹ Traité de l'apoplexie ou hémorrhagie cérébrale; considérations nouvelles sur les hydrocéphales, description d'une hydropisie cérébrale particulière aux vieillards récemment observéeChapitre 6 sur 32 · ESPÈCES ET VARIÉTÉS · texte numérisé non relu

ESPÈCES ET VARIÉTÉS

Les causes de l'apoplexie, ses degrés d'intensité , la manière dont elle débute , sa marche

et ses symptômes , ont été pour les auteurs autant de sources de divisions et de subdivisions. De là l'apoplexie idiopathique y symptomatique et métastatique y l'apoplexie légère ou incomplète, forte ou complète, lente et foudroyante. De là encore les nombreuses variétés admises sous les noms & apoplexie avec stupeur % cataphora y caruSy coma, léthargie y etc. ; prétendues variétés qui, de l'avis judicieux de Mead , de Cullen et de p^itet, ne sont qu'autant de nuances d'intensité de la même maladie.

La seule division convenable, selon moi, et l'unique que j'admettrai , est celle qui distingue l'apoplexie en active et passive. Cette division est en effet fondée sur l'état des propriétés vitales et des forces générales ; c'est celle des autres hémorrhagies ; l'expérience et l'observation la sanctionnent.

Chacune de ces deux espèces d'apoplexie a ses caractères propres ; elles diffèrent surtout sous le rapport du traitement.

Dirai-je que les messieurs Montain distinguent l'apoplexie en sanguine et nerveuse , et qu'ils admettent encore deux variétés pour chacune de ces deux espèces , selon que dans l'apoplexie sanguine le sang sort des artères ou des veines , et que la nerveuse se caractérise par l'excitation

du système nerveux (apoplexie nerveuse sthénique) , ou sa torpeur ( apoplexie nerveuse asthéniquè) ? Je laisse aux médecins judicieux le soin de faire justice de cette distinction futile. Enfin la plupart des auteurs ayant remarqué qua l'ouverture des cadavres d'apoplectiques , ou d'individus qu'ils avaient crus tels , le liquide épanché n'était pas toujours identique ; que tantôt c'était du sang, d'autres fois de la sérosité; que , dans certains cas même , il n'y avait pas d épanehement, et qu'alors le cerveau était intact , se sont crus autorisés, d'après cela , à diviser l'apoplexie en sanguine } séreuse et nerveuse.

Je ne puis me résoudre à admettre cette division; car, selon moi, c'est accumuler et confondre sous le même nom trois maladies essentiellement différentes , une hémorrhagie , une hydropisie et une névrose. Je pense que l'hémorrhagie cérébrale doit seule conserver le nom d' apoplexie y et qu'il faut regarder les prétendues apoplexies séreuse et nerveuse, la première comme une espèce d'hydrocéphale , la deuxième comme une névrose du cerveau. En effet , ces deux affections n'ont pas plus de rapport avec l'apoplexie que les hydrocéphales , la catalepsie , l'épilepsie, etc. Ajoutons encore que la névrose cérébrale apoplectiforme est bien plus rare qu'on

ne le pense généralement. On rapporte souvent sous le nom d'apoplexies nerveuses des observations de congestions cérébrales passagères ou mortelles (i). J'oserais même affirmer que tous les exemples d'apoplexie nerveuse , où l'hémiplégie a été remarquée , n'étaient rien autre chose ; car la vraie névrose apoplectiforme est toujours exempte de paralysie ; et ce signe négatif en est peut-être le plus caractéristique.

Outre la division de l'apoplexie en active et passive y il est encore quelques nuances dépendantes de ses degrés d'intensité , de la manière dont le sang s'épanche, et de l'âge du malade, qu'il est bon de noter.

1 .° Tantôt l'effort hémorrhagique se borne à produire une congestion plus ou moins considérable ; d'autres fois il parvient à son but , l'épanchement s'effectue. Le premier cas est assez rare ;

(i) L'auteur du supplément à l'article apoplexie du Dictionnaire des sciences médicales est persuadé que toutes les apoplexies nerveuses des auteurs n'étaient que des coups de sang. Il paraît en effet , ajoute-t-il , que parfois la congestion se dissipe à la mort, ou quelque temps avant } et qu'ainsi on n'en trouve aucune trace sur le cadavre. M. Rochoux n'admet pas non plus d'apoplexies nerveuses ; il pense qu'elles ne sont que des sjncopes mortelles.

presque toujours la congestion cérébrale n'est que le prélude de l'hémorrhagie. Ce degré , noté par M. Rochoux comme une espèce particulière, répond à la variété que les auteurs ont appelée apoplexie légère ou incomplète. On pourrait lui donner le nom à' apoplexie avortée, quand elle guérit, et celui d? apoplexie par engorgement, ou de fausse apoplexie , lorsque la mort la termine.

2.0 Quand l'apoplexie est complète , que l'épanchement existe, les signes de la compression et de la désorganisation du cerveau sont manifestes.

5.° L'hémorrhagie se fait par rupture des vaisseaux ou par simple exhalation. De là, des apoplexies traumatiques et des apoplexies par* exhalation (1). Celles qu'on nomme actives et foudroyantes sont du premier ordre; le second comprend les apoplexies lentes et les passives.

(1) M. Lulier Winslou^ collaborateur du Dictionnaire des sciences médicales ? prétend que l'hémorrhagie cérébrale a toujours lieu par exhalation. Tl n'admet , se faisant par rupture, que les apoplexies qui résultent d'une violence extérieure portée sur la tète et le cerveau.

Hoffmann pense aussi que quelques apoplexies se font par exhalation ( tom. 1 , sect. 1 , §. 3 ) j il paraît n'admettre que l'apoplexie sanguine

4-.° Enfin il faut encore signaler l'apoplexie des nouveau-nés comme ayant une physionomie particulière et exigeant des modifications dans le traitement.

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