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Tels sont en Résumé les caractères des sels de mercure : nous ajouterons qu’un grand nombre d’entre eux sont précipités en blanc jaunâtre par l’eau : tels sont les sulfate et nitrate de bioxyde. Il so forme dans ce cas un sel basique insoluble et un sel acide soluble. Quant aux caractères spécifiques du sublimé corrosif , nous ajouterons qu’il précipite en blanc le sulfate d argent. Ce précipité est soluble dans l’ammoniaque et insoluble dans un excès de chlore , tandis que le précipité blanc que forment les protosels de mercure avec l’acide chlorhydrique et les chlorures est soluble dans un excès de chlore et noirci par l’amnioniaquo.
Le sublimé est remarquable par la facilité avec laquelle il se dissout dans l’éther. En eflbt, celui-ci l’enlève à l’eau ei à tou^' les autres liquides: de sorte que lorsqu’on voudra reconnaître la présence du sublimé corrosif dans une liqueur, il suflira d’agiter celle-ci avec l’éther, que l’on mettra en proportion égale à celle du liquide. Après une agitation de quelques minutes , la .solution éthérée est abandonnée à l’évaporation spontanée, le sublimé corrosif qui raste alors pour résidu est reconnu aux caractères que nous avons indiqués plus haut.
.Mais s’il s’agissait de reconnaître la présence du bl-chlorure de mercure mélangé à des aliments , aux matières du canal digestif, ou bien combiné aux tissus, il faudrait opérer d’une autre manière, et il serait alors important de détruire la matière animale.
Joutes les substances albumineuses forment, avec le sublimé corrosif, des composés insolubles , dont la nature n’e.st pas bien établie : c’est cette espèce de combinaison qui est la cause de 1 insuccès des chimistes qui ont cherché la présence du mercure dans le lait des nourrices soumises à un traitement mercuriel ; cependant , dans ces derniers temps , en employant un procédé, que nous indlquei-ons plus bas, M. Reveil oÆt partenu à retirer des quantités très-minimes de mercure du lait U uue chèvre qui prenait tous les jours dix cvnliqrammes de sublimé corrosif. M. Personne, pharmacien en chef de l’hôpital du Midi , a obtenu des résultats plus concluants , et a retiré une assez grande quantité de mercure du lait de la môme chèvre, pour qu’il ne soit plus douteux aujourd’hui que les composés mercuriels passent et séjournent dans le lait. Le procédé qu emploie M. Personne est basé sur ce principe que le sublimé corrosif se dégage à l’ébullition , et qu’il est , par conséquent , très-important de ne pas élever la température des matières qui en contiennent. Ce fait, déjà signalé par M. Grilla , a été mis Hors de doute par les expériences do M. Personne.
M. [.assaigne proposait de faire bouillir la combinaison des matières aiiimalea et do sublimé avec une dissolution de chlo-
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rure de sodium ; mais, d’après M. Orfila , il serait difllcile d’appliquer ce procédé ù, la médecine légale , parce que le chlorure de sodium u’enlève pas la petite proportion de composé mercuriel aux masses charnues , avec lesquelles il est combiné.
M. Devergie dissout les matières dans de l’acide chlorhydrique concentré et fait passer dans la dissolution un courant de chlore gazeux. M. Orfila préfère employer l’eau régale et un courant de chlore , et mieux la carbonisation en vase clos , à l’aide de l’acide sulfurique concentré. Pour cela , il opère dans un matras , auquel il adapte un tube recourbé qui plonge dans une éprouvette pleine d’eau distillée. Le sublimé sera retrouvé dans le charbon, que l’on fait bouillir pendant vingt minutes dans de l’eau régale et dans les liquides volatilisés.
Lorsqu’on opère sur le sang , .M. Millon conseille d’agiter ce liquide dans des flacons pleins de chlore gazeux , que l’on renouvelle plusieurs fois. Nous avons appliqué ce procédé au lait, il nous a très-bien réu.ssi.
M. Flandin emploie l’acide sulfurique d’abord , puis il sature l’acide par de l’hypochlorite de chaux sec. Ce procédé est bon ; mais nous croyons qu’il est indispensable d’opérer en vase clos.
Lorsque la matière animale solide aura été détruite , il faut alors opérer sur le liquide pour constater la présence du sublimé corro.sif. Les divers réactifs pourront être employés, l’acide sulfhydrique , le plus sen.sible de tous, donne un précipité blanc jaunâtre, puis jaune, et qui devient noir par un excès de réactif. Ce précipité, recueilli et chaulfé dans un tube en verre eflllé, avec un peu de potasse, donnera du mercure métallique; mais, comme dans tous les empoisonnements, il est nécessaire de rechercher le corps du délit : nous conseillerons d’insister sur l’agitation avec l’éther. Les liqueurs ainsi traitées seront mises en contact des diverses lames métalliques.
Lame de cuivre. Les lames de cuivre, parfaitement décapées, sont d’une sensibilité extrême. M. Orfila s’est assuré, en eflet, que l’on pouvait , par ce procédé , reconnaître la présence d’un 80,000 millième de sublimé corrosif. Nous avons nous -môme constaté que la lame de cuivre jaune était plus sensible (luo celle de cuivre rouge. Le mercure, en se déposant sur le cuivre, laisse une tache grise , qui , frottée avec un bouchon de liège , devient brillante ; mais si le composé mercuriel était mélangé avec un chlorure soluble, la tache serait blanche. D’ailleurs, la couleur grise est due au mélange du mercure métallique avec un peu d’oxyde ou de chlorure métallique; on peut enlever ceux-ci soit par l’ammoniaque, soit au moyen de l’acide chlorhydrique, et alors le mercure reprend sa couleur blanche. Il faut se rappeler que les lames métalliques agissent avec d’autant plus de succès , que les dissolutions sont plus concen-
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trées ■ il sera donc avantageux de les faire bouillir en vase clos avant d’y plonger les lames. Enfin, il est indispensable que celles-ci soient parfaitement décapées.
Lorsque du mercure a été déposé sur la lame de cuivre , que les taches onl été lavées à l’ammoniaque faible , puis à l’eau distillée , on les essuie en les pressant entre deux feuilles de papier Joseph ; on les coupe par petits morceaux, et on les introduit dans des tubes en verre ellilés îi leur extrémité ; on chaulfe, le mercure se volatise et vient se condenser sur la partie la plus effilée du tube. Rien n’empôclie, d’ailleurs, que l’on ait obtenu ou non du mercure métallique, de faire évaporer jusqu’à siccité en vase clos , à carboniser par l’acide sulfurique comme nous l’avons dit plus haut.
Pile de Smilfison. James Smithson, a proposé de recouvrir en spirale d’une petite feuille d’étain roulée , une lame d’or; mais on peut alîssi se servir d’une lame de cuivre , en ayant soin que les lames ne soient pas complètement recouvertes par l’étain. Ces lames doivent être parfaitement polies ; on acidulé la liqueur par quelques gouttes d’acide chlorhydrique. On voit, au bout d’un temps plus ou moins long, quelquefois d’une demiheure, la lame d’or ou de cuivre se recouvrir de mercure; on enlève alors l’étain , on essuie la lame d’or entre deux feuilles de papier Joseph , on la roule et on la chauffe dans un tube effilé pour obtenir des globules métalliques : cette pile ne peut servir à déceler la présence d’une préparation mercurielle , qu’autant qu’on retire du mercure métallique. 11 ne suffit pas de voir ces lames blanchir, puis reprendre leur couleur par la chaleur; car on voit l’or de la pile de Smithson blanchir lorsqu’on la plonge dans un liquide non mercuriel : cela se produit surtout lorsque les liqueurs sont acides ou qu’elles renferment du sel marin. C’est alors l’étain qui s’étend sur la lame d’or, et si l’on chauffe celle-ci, elle reprend sa couleur, parce que l’étain pénètre dans la lame; mais elle ne fournit point de mercure métallique. On pourrait aussi mettre la lame d’or blanchie dans l’acide chlorhydrique pur et concentré qui dissout l’étain et non le mercure.
Appareil Flandin. L’appareil que i\I. Flandin a conseillé pour reconnaître la présence de quantités très-petites d’une préparation mercurielle, consiste en un vase efiilé à sa partie inférieure en un tube présentant une ouverture d’un millimètre de diamètre environ. On place le liquide à essayer dans le vase , et on plonge dans celui-ci , en ayant le soin de le faire entrer dans la partie effilée du tube, un fil d’or attaché au pôle positif d’une piledeBunzen, tandis qu’au pôle négatif est attaché un autre fil d’or que l’on introduit par l’ouverture inférieure du tube effilé. La pile, étant mise en activité par les moyens ordinaires, il
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s’établit un courant qui détermine la précipitation du mercure sur le fil d’or qui est attaché au pôle négatif. Pour bien que soit minime la quantité de composé mercuriel , elle est décelée jiar ce procédé ; et en cliaufi'ant le fil d'or, ou en le traitant par l’acide azotique, le mercure est enlevé. .Nous devons à rextrèinc obligeance de .M. Plandin d’avoir pu essayer son appareil avec lui , et nous avons obtenu les résultats les plus satLslaisanb^.
Lame (Cor. Il s’en faut de beaucoup que la lame d’or soit aussi sensible que la pile de Sinithson et que la lame de cuivre, A moins qu’on ne soumette le liquide à un courant électrique , comme nous venons de le dire; aussi ne devra-t-on en faire usage que lorsque les quantités de mercure seront assez considérables.
Protoclilornre d'Ctaiii. Le protochloriire d’étain précipite le mercure de ses dis.solutions. Ce moyen peut être mis en usage , mais il s’en faut de beaucoup qu’il soit aussi sensible que la lame de cuivre.
Ajoutons en finissant que NI. Nlialhe a prouvé , d’une manière péremptoire , que tous les composés mercuriels se transformaient en bichlorure au contact des chlorures alcalins de l’économie. De ce qu'on trouverait ce sel dans l’estomac , il no faudrait pas conclure qu’il y est introduit , puisqu’il peut être le résultat d’une réaction ; enfin , il pourrait se faire que le sublimé corrosif fût transformé en sulfure au contact de l’acide sulfhydrique que contient toujours le canal intestinal.