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ACÉTATE DE CUIVRE OU \'ERT-DE-GR1S

Le vert-de-gris est un acétate basique de cuivre , le verdet ou cristaux de Vénus est un acétate neutre : tous les deux sont à base de bioxyde. Nous nous occuperons seulement du premier.

Ces deux sels , appliqués sur le tissu cellulaire dénudé ou introduits dans l’estomac , sont des poisons actifs ; ils sont absorbés et portés dans tous lés organes de l’économie , où il est facile de constater leur présence. La mort qu’ils déterminent est occasionnée par l’inflammation qu’ils développent sur les tissus du canal digestif, et surtout, par suite de leur absorption, par l’action qu’ils exercent sur le système nerveux , et probablement aussi sur les oi’ganes de la digestion et de la respiration.

Symptômes d’empoisonnement par te vert-de-gris. Introduit dans l’estomac , ce sel produit les symptômes suivants :

Saveur âcre, styptique, métallique , sécheresse de la langue et de la gorge avec sentiment de strangulation, ptyalisme, nausées, vomissement, tiraillements d’estomac, coliques trèsvives , déjections alvines fréquentes , quelquefois sanguinolentes et noirâtres , pouls petit , irrégulier, serré et fréquent, syncope, soif ardente, urines rares, respiration dillicile, sueurs froides, crampes, convulsions, etc. Enfin, la mort.

Rarement on trouve chez le même malade tous cessymptô-

AmiK(iK DE TOXICOLOGIE.

mes. Les pUîS constant.^ sont les coliques et les*vomissements. •Si l’einpoisonnenient e.st produit par des aliments cuits ou qui ont séjourné dans des vases en cuivre mal étamés , huit à quinze heures après l’ingestion des aliments, on éprouve une céphalalgie très-vive, faiblesse et tremblement des membres, des crampes, des douleurs abdominales , des nausées , des vomissements avec évacuations alvines, etc. Ordinairement, si le malade est promptement secouiai, il se rétablit bientôt ; mais il persiste longtemps des douleurs ii l’épigastre et des coliciues.

La!sîohs (1rs lissus. La muqueuse de l’estomac et des intestins est le siège d’une vive inflammation , quelquefois il se forme des escarres qui se détachent promptement et produisent des perforations par lesquelles les matières s’échappent dans la cavité abdominale.

TRAITEMENT DE l’eMPOISONNEMENT PAR LE VERT-DE-GRIS.

Les sulfures solubles et les alcalis doivent être proscrits pour les raisons que nous avons données , en parlant du traitement de l’empoisonnement par l’acide arsénieux. L’infusion de noix de galle , le sucre et la limaille de fer ne présentent aucun avantage.

Viühiiminc. L’eau albumineuse précipite les sels de cuivre, et sera donnée en grande abondance sans aucun inconvénient.

Sulfures de fer hydratés. Les sulfures de fer hydratés pourêtre administrés à toute dose sans inconvénient et avec grands avantages.

Cyanure jaune de potassium et de fer. Ce sel , nommé aussi prussiale de potasse et fcrro-cyanurc ou cyano-fcrrure de ]>otassiuni , présente tous les avantages de l’eau albumineuse et des sulfures de fer hydratés; cependant, donné en gi’and excès, il pourrait produire des vertiges : nous préférons donc l’albumine, parce qu’elle décompose parfaitement les sels do cuivre, qu’il est facile de se la procurer, et qu’elle aide las vomissements.

marche à suivre. On administre immédiatement l’albumine en très-grande quantité , dans le but de neutraliser le poison et de faciliter les vomissements. Si l’on ne pouvait passe procurer promptement de l’albumine, on gorgerait le malade de boissons émollientes mucilagineuses, et on titillerait la Incite. Si les vomissements n’avaient pas lieu , on aurait recours à l’eau émétisée, è moins que les douleurs d’estomac ne tinssent trèsviolentes. Dans ce cas, il faudrait s’on abstenir, et on aurait alors recours à la sonde de lienault ou ii celle de iHipuytrmi.

Si le poison a été administré depuis longtemps, et que l’on suppose qu’il a franchi le pylore, il est inutile de provoiju r les

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ABRÉGÉ DK TOXICOLOGIE.

vomissements-: on donnera alors les lavements émollients , les boissons adoucissantes, l’eau laiteuse, jusqu’à ce que les accidents soient calmés. Enfin, l’irritation produite sera combattue par les saignées générales et locales ■: les bains , les fomentations émollientes , et si les symptômes nerveux se manifestent , on aura recours aux antispasmodiques, aux narcotiques , pour calmer les spasmes et les convulsions.

Itcchcrclirs médico-légales. L’acétate de cuivre neutre et l’acétate basique cristallisent et sont solubles dans l’eau , et ont tous deux une saveur styptique métallique.

Quoique, le plus souvent, on ait à faire à des sels de bioxyde de cuivre , car les sels de protoxyde sont très-ins tables nous croyons nécessaire d’indiquer ici les caractères de ces deux espèces de sels.

Sel* de Protoxyde.

Sel* de Bioxyde.

Potasse et Soude. . . '

Précipii^ janne brun insoluble dans no excès de réaclit.

Précipité blanc bleo&ire insoluble dans un excès de réactif; se déshydrate et devient noir à l'ébulliiion.*

Ammoniaque < . . . .

Précipité soluble dans nn excès de réactif sans | coloration , ia liqueur devient bleue au contact de l'air.

Précipité soluble dans an; excès de ré.nclif avec belle coloration bleue.

CYAKCnE JAUNE DE PO- TASSIUM ET DE FER. .

Précipité blanc qni devient rouge brun à l'air.

Précipité bmn marron.

Cyanure rouge de potassium ET DE FER. .

Précipité janne vert.

SCI.PIIYDRATE D’AMMO-

Brun.

Noir insolnble dans an excès de réactif.

Acide solfhydrique.. .

Brun.

Noir.

1 lODURE DE POTASSIUM. .

Brun.

Blanc bleu&tre.

Tannin

Brun,

Gris.

CUROMATE DE POTASSE.

Brun.

Rouge brun.

Zinc et Fer bien décapés

Cuivre métallique.

Cuivre métallique. j

ABRÉGÉ DE TOXICOLOGIE

Lorsqu’on fait usage de la lame de fer bien décapée , 11 importe de n’agir que sur des liqueurs peu acides. 11 est préférable de le.s aciduler avec de l’acide clilorhydriqne.

Lorsqu’il s’agit de reconnaître la présence du cuivre dans des liquides colorés, on les décolore avec du charbon animal bien lavé , et on constate l’existQjuce du cuivre par les réactifs que nous venons d’énoncer ; si la liqueur est transparente , on fera passer un courant d’acide sulfhydrique ; le sulfure de cuivre obtenu sera mis à bouillir avec de l’acide azotique conccntvc et pur ; il se formera du sulfate de bioxyde de cuivre facile à reconnaître; mais si la liqueur est visqueuSe, on la fait bouillir; on opère sur la liqueur fiitrée, comme nous venons do le dire, et te coagulum est traité par l’acide azotique concentré.

S’il s’agit de reconnaître la présence du cuivre dans les divers organes de l’économie , on les calcine avec de l’acide azotique concentré; il i-este un résidu charbonneux renfermant du bioxyde de cuivre que l’on dissout par l’acide azotique , et l’azotate pur présente tous les caractères des sels de bioxyde de cuivre.

Mais en opérant ainsi , on court risque de confondre le cuivre provenant d’un empoisonnement avec celui que nos organes renferment nalureilemcnt , et qui provient des divers aliments qui en contiennent toujours de petites quantités ; il faut alors faire bouillir ces organes avec de l’eau pendant une heure environ. L’eau dans ce cas enlève le cuivre toxique et ne touche 'pus au cuivre normal qui paraît exister à un état de combinaison tel que l’eau ne le dissout pas.

Nous avons déjà dit que tous les sels de cuivre présenteront les mêmes symptômes à peu près , les mêmes lésions , et des Caractères chimi(|ues semblables : il est donc inutile d’insister sur ce point , 4es limites que nous nous sommes imposées ne le permettant pas.

Coliques cuivreuses. Les ouvriers qui travaillent le cuivre , les toprneurs et les polis-seurs surtout sont sujets à des colhiues métalliques, que l’on distingue facilement de celles produites par le plomb , en ce que la lièvre accompagne toujours les coliques cuivreuses, et que les douleurs abdominales augmentent par la pression, tandis que dans les coliques saturnines, comme nous le verrous bientôt , la douleur cesse ou diminue par la pression.

ABUÉGlî; DE TOXICOLOGIE.

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