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NARCOTIQUES DE LA FAMILLE DES SOLANÉE.S

La jusquiame , les plantes du genre solanum et principalement la douce-amère [solanum dulcamara), et la morelle [solunain nigrum) , etc., se rapprochent par leur action de l'opium. Quoiqu’on ait extrait rZ/yosciamine de la jusquiame, et

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la solunine, des divers solanums , il est très-difficile de contater leur présence dans réconotnie animale, ii moins que I on opcre sur des quantités considérables. Le traitement serait le même que pour l'opium. Ü’ailleurs , l’empoisonnement par ces substances étant très-rare, nous renverrons, pour 1 étude complète , aux traités spéciaux de toxicologie.

^ Enfin , quelques auteurs ont placé le satran parmi les narcotiques. Si cette substance est délétère , elle l’est a un degré trèsfaible. J.a laitue vireuse et Tif produisent aussi des symptômes analogues à ceux que détermine l’opium.

EMPOISOXXEMEXT PAU L’ACIDE CYAISHYDRIQÜE (prdssiqüe).

L’acide cyanhydrique de Gay-Lussac est avec la nicotine et la dcnCine le plus actif des poisons connut. L acide étendu , dit médicinal, agit de la même manière, mais à dose dix fois plus forte environ ; il agît plus vite et avec plus d’intensité lorsqu il a été dissous dans l’éther ou dans l’alcool. Exposé a 1 air, et même quelquefois lorsqu’il est renfermé avec soin, il perd rapidement ses propriétés et se transforme en une matière noire

mal déterminée. . . . ,

il agit sur les animaux de toutes les classes , mais principalement sur ceux dont le système nerveux est le plus développé ; il est absorbé, soit qu’on l’introduise par l’estomac ou par la peau dénudée ; cependant il n’agit pas lorsqu’on le dépose sur les nerfs, la dure mère et tous les organes blancs. D’ailleurs, l’intensité de son action peut varier selon un grand nombre de

CâUS6S«

Symptôincs. Les symptômes produits par l’acide cyanhydrique sont tellement importants que nous devons les décrire avec soin. On peut les diviser en trois périodes :

1" période. Elle est très-courte : tête lourde , vertiges , démarche vacillante , respiration difficile , battements du cœur plus forts.

2* périodr. Convulsions , renversement de la tête en arrière , roideur tétanique , insensibilité générale ; souvent , pendant cette période , il y a émissioii involontaire d’urine ou do matièncs l'écâÎGs*

3' ♦lez-iode.* L’insensibilité persiste, coma profond, grand relâchement musculaire, immobilité complète, respiration pénible. Cette période , qui est très-longue , se termine par la

AÜHÉGK DE TOXICOLOGIE.

mort ; cependant elle est quelquefois interrompue par de nouveaux accès tétaniques de peu de durée; enfin, dans certains cas , on remarque des douleurs épigastriques.

Lésiom du tissu. Lorsque l’acide cyanliydrique tue promptement , il n’enllamme pas les parties avec ksquel les il a été mis en contact ; si le contraire a lieu , c’est que l’acide n’était pas pur : la contractilité musculaire est anéantie, le système sanguin est gorgé d’un sang noir, huileux, épais ; les veinules du cerveau peuvent être légèrement injectées , mais il n'y a jamais des caillots de sang ni hémorrhagie cérébrale : ce qui distingue essentiellement cet empoisonnement do l’apoplexie proprement dite.

Traitement de C empoisonnement par l'acide cyanhydrique.

Plusieurs contre-poisons ont été proposés : l’ammoniaque , l’infusion concentrée de café , l’essence de térébenthine, la saignée , les allusions d’eau froide sur la tète , les inspirations de chlore ; enlin dans ci^ dernière temps, on a indiqué le, carbonate ferroso-ferrique liydraté.

Ammoniaque. L’inspii-ation de l’eau, légènmient ammoniacale peut guérir l’empoisonnement par l’acide cyanhydrique en stimulant le système nerveux ; mais il faut que ce contrepoison soit employé de bonne heure. Il faut aussi s'abstenir de l’ammoniaque liquide ordinaire, qui déterminerait une vive inllammation.

Infusion de café. Elle n’est d’aucun secours, et doit être abandonnée.

Essence de térébenthine. Inspirée ou introduite dans l’estomac n’amène aucun résultat , etc.

Saignée. Elle a été préconisée par Hume. Les expériences de M. Ortila prouvent que la saignée n’a pas d’action sensible; elle peut cependant diminuer la congestion cérébrale.

Afj'usion d'eau froide. Ces allusions sont pratiquées le long du rachis et principalement sur les vertèbres cervicales; elles agissent très-bien et peuvent sulTire pour amener une prompte guérison.

Chlore. Les inspirations d’eau , légèrement chlorée , ou celles faites avec la compresse chloro-vinaigrée do M. Miaihe, empêchent l’action de l’acide cyanhydrique , probablement en le décomposant et s’emparant de son hydrogène. La compre.sse chloro-vinaigrée dont nous venons de. parler se prépare en ré- I)andant une légère couche de chlorure de chaux sec sur une serviette. Pliant celle-ci sous forme de cravate et l’aiTaeant a vec de l’eau vinaigrée , il se dégage du chlore peu à peu , et on

it inspirer par la bouche et par le nez.

ABRÉGÉ DE TOXICOLOGIE

Carbonate {erroso-fcrrUfuc Uijdraté. Ce produit s’obtient en précipitant im mélange de sulfate de protoxyde et de sulfate de peroxyde do fer à proportions égales; par du carbonate de soude', U se fait un précipité brunâtre, qui est un mélange de carbonate de protoxyde et de carbonate de peroxyde de fer hydraté. C’est ce magma que M. Smith cojj^ille d employer : u ne vaut pas, à beaucoup près, le chlore et les aü usions d eau. D’ailleurs , comme il se peroxyde rapidement à 1 air, il laut le préparer au moment du besoin, et l’on perd alors un temps

^'^yiarche à suiore ctaiis le traitement. Si le poison a été administré par l’estomac , on se hâtera d’administrer un vomitif ou un lavement purgatif si les secours arrivaient tard, puis on fera inspirer de l’eau chlorée ou de l’eau ammoniacale (inw partie d’ammoniaciue sur 12 parties d’eau). Le chlore vaut mieux. On inststera sur ces inspirations; on fera des allusions' d’eau froide le long de la colonne vertébrale , et on placera une vessie de glace sur la tète ; plus tard , on combattra les symptômes de congestion cérébrale par les saignées ou par les sangsues placées tlerrière les oreilles.

Recherches médico-légales. Lorsque l’acide cyanhydrique est mir et (irihgt^^ il se présente, sous la forme d’un liquide à la température ordinaire , incolore, d’une odeur forte, rajipelant celle des amandes amères , d’une saveur àcre , chaude , axcitant la toux ; il rougit peu le tournesol , bout à 25“ ; il se décompose rapidement, il s’enllamme à l’approche d’un corps en combustion , il est soluble dans l’eau , et constitue i'acide médicinal ; il présente les mêmes caractères physiques que l’acide concentré, si ce n’est qu’ils sont moins intenses. Aussi , quand on le verse sur du papigr, il ne se congèle pas comme le fait l’acide anhydre ; il n’est pas non plus inflammable ; mais si on le distille, le produit recueilli , étant condensé , jieut être enflammé. L’acide cyanhydrique pur ou étendu précipite l’azotate d argent en blanc.” Le cyanure d’argent formé est blanc , cg.illeboté, insoluble dans l’eau et l’acide azotique froid , mais se dissolvant facilement dans Vacide azotiaue bouillant et dtaviV ammoniaque. Ce précipité , lavé et ^che avec soin , étant chauffé dans un tube à la lampe , est décomposé en argent métall4(iue et en cyanogène , qui brûle lorscju’on l’enflamme avec une coloration pourpre , et qui est absorbable par la potasse ; mais si le cyanure d’argent a été mal séché , il ne produit pas de cyanogène.

Au lieu de décomposer le cyanure d'argent par la chaleur, M. O. Henry propose de faire bouillir le cyanure d argent avec du chlorure de sodium et une très-petite quantité d’eau distillée, il se forme du cldorure d’argent et du cyanure de sodium ; nÀLs il faut a\ oir le soin de ne pas mettre un excès de chlorure de

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ABRÉGli 1)1.; TOXlCOLOGli:.

sodium , et de faire bouillir pendant un temps suffisant. On laisse alors refroidir la liqueur et on filtre; on ajoute alors au liquide une petite quantité d’oxyde de fer hydraté verdâtre récemment préparé ( protoxyde mêlé de sesquioxyde) , on chauflé un peu, on filtre; il se forme alors du cyanure jaune de potassium et de fer, qui , traité par le sulfate de sesquioxyde de fer, donne un beau précipité bleu de cyanure double de fer, bleu de Prusse.

i\I. Lassaigne préfère décomposer dans un très-petit tube le cyanure d’argent par du potassium : il se forme du cyanure de potassium qui, traité par le sulfate ferroso-fernque , donne un beau précipité bleu de Prusse.

Les sels de fer ne sont point précipités par l’acide cyanhy» drique ; mais si on ajoute un peu de potasse au mélange "de sulfate de protoxyde et de sulfate de sesquioxyde de fer, alors l’acide cyanhydrique produira le précipité bleu de Prusse. Cependant, si on ajoute un petit excès de potasse, ce qui est le cas le plus commun, le précipité, au lieu d’ètre bleu, sera verdâtre, ou rougeâtre, parce qu’il sera mêlé de protoxyde et de sesquioxyde de fer; d’ailleurs, cette réaction de l’acide cyanhydrique sur les sels de fer n’a pas une grande valeur, et ne vaut pas, à beaucoup près, celle qu’exerce le même acide sur le nitrate d’argent.

L’acide cyanhydrique ne précipite pas non plus le sulfate de bioxyde de cuivre ; mais, par l’addition de la potasse, on obtient un précipité dont la nuance varie du vert pomme au jaunâtre , suivant que les dissolutions sont concentrées ou affaiblies , suivant aussi que l’on aura ajouté plus ou moins de potasse.

S’il s’agissait de reconnaître la présence de l’acide cyanhydrique mélangé à des matières organiques, des vomissements, ou autres, il suffirait de soumettre ces matières â la distillation, en ajoutant de l’eau distillée de temps en temps, et on traiterait le produit de la distillation par l’azotate d’argent : le cyanure d’argent obtenu serait reconnu par les moyens déjà indiqués. S’il s’agissait de déterminer la proportion d’acide cyanhydrique renfermé dans une liqueur, au lieu de distiller il vaut mieux traiter par le nitrate d’argent, après s’être assuré toutefois que la liqueur ne contient pas des chlorures ou de l’acide chlorhydrique; le cyanure d’argent formé serait lavé , séché et pesé avec soin. Le cinquième du poids de ce cyanure représenterait e.xactement la quantité d’acide cyanhydrique anliydre que contiendrait la liqueur soumise à l'analyse.

Avant de soumettre ces matières à l’analyse, il est important de les flairer, pour savoir si elles n’exhalent pas l’odeür

abrégé de toxicologie.

d’acidc cyanhydrique. Ce caractère, bien constaté , est de la

''‘^SrajTOttPÔ^OT't'wminant nu’ll no aufr.t pas (le constater la Drésetice de l’acide cyanhydrique dans des matières \omies, dans le canal digestif, ou dans le foie d’un individu que 1 on soupçonne être empoisonné par cet acide, pour assurer que l’empoisonnement a eu réellement heu. En effet , " je déve lonne (luelquefois, chez l’homme sain ou malade, de 1 acide Shydrique; U n’est pas d’ailleurs prouvé qu il ne s en forme nas oLdant la putréfaction des matières azotées. Enfin, il pSirÇait se fairé que l’acide cyanhydrique aurait été ajouté après la mort.

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