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IODE

Symptômes et lésions. Variables selon les doses et l'état dans lequel il a été administré, l'iode libre détermine des vomissements, des déjections alvines, des douleurs très-vives dans tout le canal digestif, principalement à l'estomac , soif très-intense, convulsions, syncopes, etc.

On a attribué à l'alcool l'action funeste que la teinture d'iode exerce sur les chiens ; cependant , cette teinture est un caustique puissant, comme le prouve son emploi dans le traitement de l'hydrocèle ; l'inflammation produite dans ce cas est peu dangereuse, il est vrai ; mais administrée à l'intérieur, elle n'en est pas moins assez considérable pour déterminer des accidents trèsgraves et même la mort.

L'iode et ses préparations sont absorbés avec une très-grande rapidité en deux ou trois minutes: alors il excite le système lymphatique et les organes de la génération ; appliqué à l'extérieur, il produit une inflammation très-vive, mais non la mort; administré à l'état solide et à l'intérieur, les animaux vomissent facilement.

L'iode appliqué sur la peau produit des taches jaunes qui pourraient être confondues avec celles qui déterminent l'acide azotique et le safran ; mais les taches d'iode disparaissent toutes seules après quelque temps et immédiatement, si on les lave avec un peu d'eau légèrement alcalisée; tandis que celles que détermine l'acide azotique ne disparaissent qu'avec la chute de l'épiderme; quant aux taches qui ont pour origine par les teintures végétales jaunes, l'eau les enlève facilement; ainsi que les taches jaunes que la bile peut produire. Ajoutons que les taches jaunes produites par l'acide azotique prennent une teinte acajou lorS' qu'on les traite par la potasse.

Traitement. Eau d'amidon tiède en grande abondance ; lavements amidonnés ; on administrera les antiphlogistiques, les calmants, etc.

lieclier elles tnédico-légales . L'iode libre, chauffé répand de magnifiques vapeurs violettes, semblables à celles que donne l'mdig o tine ; mdii^ qni s'en distinguent, en ce que ces dernières s'élèvent très-peu dans l'atmosphère et se condensent immédiatement, tandis que les vapeurs d'iode sont plus permanentes. D'ailleurs l'iode est le seul corps connu qui donne avec l'amidon une magnifique coloration bleue; cet ioclure d'amidon est décoloré à une température de 70" environ et reprend sa couleur par le refroidissement. L'iode est très-soluble dans l'alcool , l'éther, le chloroforme, le sulfure de carbone qu'il colore en pourpre ; ces liquides enlèvent l'iode à l'eau.

S'il s'agissait de reconnaître l'iode combiné, il faut d'abord le

rendre libre au moyen de l'acide nitrique nitreux ou du bioxyde de baryum et de l'acide chlorhydrique ; alors on opérerait au moyen de l'amidon.

Dans les cas où on l'on voudrait retirer l'iode des viscères, on ferait bouillir ceux-ci avec de l'eau et un peu de potasse ; il se formerait de l'iodure de potassium et un peu d'iodate de potasse que l'on reconnaîtrait au moyen de l'acide nitrique et de l'amidon.

La réaction caractéristique de l'iode sur l'amidon est des plus précieuses pour constater la présence de ce métalloïde, mais il faut bien se rappeler qu'elle n'a lieu que lorsque l'iode est à l'état de liberté, et qu'il n'est pas dissousdans l'alcool ; car la teinture alcoolique d'iode est sans action sur l'amidon; on peut décolorer l'iodure d'amidon par la chaleur, si on porte le liquide à l'ébullition , il ne revient pas bleu par le refroidissement , ce qui peut être attribué au dégagement d'acide iodhydrique ; tandis que lorsqu'on chauffe l'iodure d'amidon à 70% il se forme des acides iodique et iodhydrique qui, par le refroidissement, se décomposent mutuellement pour remettre l'iode en liberté. M. Langlois a démontré par une expérience fort simple que telle était en effet la réaction ; si l'on ajoute à l'iodure d'amidon décoloré à 70° une goutte d'acide sulfureux, l'acide iodique sera décomposé et l'iode mis en liberté ; si dans le même iodure décoloré on ajoute une solution de chlore, il y aura décomposition de l'acide iodhydrique et dans les deux cas coloration bleue si l'on ajoute un peu d'amidon.

M. 0. Henry père avait proposé le chlorure de palladium comme réactif des iodures solubles qui forment avec ce réactif un précipité pourpre ; mais il faut se rappeler que beaucoup de matières organiques déterminent la réduction du métal qui se sépare sous la forme d'un précipité pourpre ou noirâtre; de sorte que cette réaction , employée seule, n'aurait pas une grande valeur.

MM. 0. Henry fils et Humbert ont proposé, pour constater la présence de l'iode et du brome, un moyen fort ingénieux, qui est basé sur la propriété que possèdent ces métalloïdes de se combiner avec le cyanogène pour former un iodure et un bromure de cyanogène blancs et faciles à reconnaître à leurs propriétés physiques. Le procédé de MM. Henry fils et Humbert consiste donc tout simplement à faire dégager l'iode libre sur du cyanure de mercure : il se formera de l'iodure blanc de cyanogène qui, en raison de sa très-grande volatilité, ira se condenser dans les parties supérieures du tube.

Enfin M. Réveil propose, pour constater la présence de quantités très-petites d'iode, de chauffer dans une capsule l'iodure ou la matière contenant l'iode avec l'acide sulfurique et le bioxyde de manganèse, et à recouvrir la capsule avec une lame de verre sur laquelle on a fait préalablement condenser des vapeurs de mercure; ce métal, au contact de l'iode, produira d'à-

bord du proto-iodure de mercure jaune verdâtre et plus tard du biiodure d'un rouge vif qui devient jaune citron lorsqu'on le chauffe doucement, pour revenir rouge plus tard.

lODUF.E DE POTASSIUM.

Ce sel est rapidement absorbé; on le retrouve pendant longtemps dans le sang, le lait, l'urine, les viscères; injecté dans les veines à la dose de 0,20, il tue rapidement. Cependant nous avons vu des malades chez lesquels la dose d'iodure de potassium avait été portée sans inconvénients jusqu'à 15 et 20 grammes ; de sorte que ce sel n'est pas aussi vénéneux qu'on le croit généralement. Quant à l'action que l'iode et les iodures possèdent, dit-on, d'atrophier les glandes, elles n'est pas aussi constante qu'on l'a dit.

Traitement. Gomme pour l'iode.

Recherches. On fait bouillir les matières soupçonnées avec de l'eau distillée, et la solution est traitée par l'amidon et l'acide nitrique nitreux; de plus, les iodures solubles et en particulier riodure de potassium , précipitent les sels de plomb en jaune serin, les protosels de mercure en jaune verdâtre, les bisels en beau rouge soluble dans un excès de réactif; quant au potassium , on reconnaîtrait sa présence au moyen de l'acide chlorique et de l'acide tartrique en excès.

L'iodure de sodium qui jouit des mêmes propriétés que celui de potassium, est très-facilemeut décomposable par l'eau à l'ébullition; de sorte que lorsqu'on veut constater la présence de petites quantités d'iodure de sodium dans un liquide aqueux , il est indispensable d'ajouter au liquide un peu de potasse pure ou de carbonate de potasse pur, sans cette précaution tout l'iode pourrait être vaporisé par l'ébuUition.

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