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DE PLOMB

Colique saturnine. Plusieurs méthodes curatives ont été proposées : nous allons les décrire succinctement.

Traitement chimique. Nous pouvons indiquer dans le traitement chimique les divers composés qui ont été proposés pour combattre la colique de plomb, et qui agiraient en formant, avec l'oxyde de plomb, des composés insolubles. Ainsi, les limonades sulfurique et sulfhydrique, les sulfates solubles, les sulfures de fer hydratés, l'alun, etc., ont été conseillés, et sont regardés aujourd'hui comme ineflScaces.

Le mercure et le plomb que l'on a indiqués doivent être rejetés ainsi que la noix vomique, qui est sans influence salutaire.

Médication antipfiiogistique. Elle est utile lorsqu'il y a inflammation, mais elle ne présente pas assez d'avantages pour qu'on ne doive pas préférer une autre méthode.

Méthode calmante. L'administration de l'opium, des sels de morphine, des préparations de pavots blancs, constituent cette médication. On emploie ces médicaments sous toutes les formes, surtout celle de lavements ; elle a des effets salutaires, calme les douleurs et empêche le retour des accidents.

Méthode calmante et révulsive. Cette méthode, conseillée par

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le docteur Ranque, consiste à employer simultanément les révulsifs ordinaires et les calmants, tels que la thériaque, les solanées vireuses, surtout les préparations de belladone, etc. Elle rend d'utiles services.

Méthode révulsive. Elle est généralement abandonnée.

Faradisation des parois abdominales. Imaginée par M. Briquet; elle fait cesser immédiatement les douleurs.

Méthode purgative. Les purgatifs, et surtout ceux dits salins et parmi ceux-ci les sulfates de potasse, de soude, de magnésie, sont préférables à toute autre médication indiquée jusqu'ici. Outre l'action purgative, peut-être doit-on tenir compte de l'action chimique. Cependant elle échoue quelquefois, et en général on lui préfère la méthode dite de la Charité. Dans quelques cas. M, Tanquerel des Planches s'est bien trouvé de l'usage de l'huile de croton tiglium à la dose de une à quatre gouttes.

Méthode dite de la Charité. Ce traitement dure six jours.

1" JOUR. Lavement purgatif des peintres, préparé avec 8 grammes de folioles de séné, que l'on fait infuser dans 500 grammes d'eau, et auquel on ajoute : jalap en poudre k grammes, électuaire diaphœnix 30 grammes, sirop de nerprun 30 grammes. Dans la journée, on administre l'eau de casse préparée avec bâtons de casse concassés avec les grains 62 grammes, eau 1 kilogramme (t litre); on fait bouillir un quart d'heure, on passe et on y ajoute : sel d'Epsom (sulfate de magnésie) 32 grammes, émétique 0,15 centigrammes; et si la maladie est intense, on y ajoute : sirop de nerprun 30 grammes. Le soir, on fait prendre le lavement anodin des peintres fait avec : liuile de noix 192 grammes, vin rouge 322 grammes; après le lavement, on donne au malade le bol calmant (thériaque k grammes, opium 0,05 centigrammes).

T JOUR. Le matin, on ordonne en deux fois l'eau bénite préparée avec ; émétique 0,30 centigrammes, eau 250 grammes. Lorsque le malade a vomi, on lui fait prendre la tisane sudorifique composée de bois de gayac râpé, racines de salsepareille et de squine, de chaque 30 grammes, que l'on fait bouillir pendant une heure dans un litre et demi d'eau, jusqu'à réduction à un litre, et on y ajoute par macération 30 grammes de bois de sassafras et 16 grammes de réglisse. Le soir, lavement anodin et bol calmant.

3* JOUR. Tisane sudorifique laxatîve faite avec la tisane sudorifique ci-dessus, à laquelle on ajoute 30 grammes de séné. Dans la journée, tisane sudorifique simple. Le matin, potion purgative des peintres préparée avec diaphœnix 30 grammes, poudre de jalap Ix grammes, séné 8 grammes, sirop de nerprun 30 gram-

mes, eau bouillante 125 grammes. Le soir, lavement laxatif et bol calmant.

U^ JOUR. Comme le troisième.

5^ JOUR. Dans la journée, tisane sudorifique. Le soir, à quatre heures, lavement purgatif; à six heures, lavement anodin; à huit heures, bol calmant.

6" JOUR. Potion purgative des peintres, tisane sudorifique simple, lavement anodin, bol calmant.

Si les accidents persistent on recommence le traitement en supprimant l'eau bonite, et en insistant sur les purgatifs jusqu'à ce que le malade aille régulièrement à la garderobe.

Jodure de potassium. D'après M. Melsens et les expériences de M. Natalis Guillot, ce sel, administré à assez forte dose, agirait bien dans la colique saturnine en favorisant l'évacuation de la substance toxique.

VArtlir algie saturnine se traite par les bains sulfureux seulement ; associés aux purgatifs, si l'affection est compliquée de coliques.

Paralysie saturnine. On administre avec succès la strj^chnine, principalement par la méthode endermique, à la dose de 0,01 à 0,05 centigrammes par jour progressivement; les bains sulfureux, l'électricité, l'électro-poncture.

Encéphalopathie saturnine. Les boissons délayantes, administrées en grandes quantités, paraissent seules agir d'une manière utile.

TRAITEMENT LE l'emPOISONNEMENT PAR LES SELS DE PLOMB INTRODUITS DANS LE CANAL DIGESTIF,

Les sulfures de fer hydratés peuvent être employés avec succès ; mais nous préférons faire usage des sulfates de potasse, de soucie ou de magnésie, qui peuvent être administrés à forte dose sans inconvénient, et qui transforment les sels de plomb en sulfate insoluble, dont l'innocuité est presque nulle, et qui enfin par leur action purgative concourent à expulser le poison.

Examen chimique des organes et des liquides de l'économie. Dans les maladies produites par les émanations saturnines , MM. Mérat, Barruel, Chevallier, Guibourt, etc., n'ont pu constater la présence du plomb dans les divers organes de l'économie; MM. Guibourt et Devergie sont parvenus à constater la présence d*une quantité notable de plomb dans le cerveau des malades

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atteints d'encéphalopathie saturnine. Ne serait-ce pas du plomb dit normal?

Reclier elles médico-légales. Quoiqu'il y ait trois oxydes de plomb bien connus aujourd'hui, le protoxyde seul se combine avec les acides pour former des sels neutres et basiques, tous les sels de plomb sont incolores, à moins qu'ils ne renferment un acide coloré (chromâtes). Presque tous sont insolubles dans l'eau et difficilement attaqués par les acides ; les acétates et le nitrate sont seuls solubles. Les premiers, très-répandus dans le commerce, sont ceux qui le plus souvent produisent l'empoisonnement.

Voici d'ailleurs les caractères chimiques des sels de plomb :

RÉACTIFS

PRÉCIPITÉS

Potasse et Soude

Blanc soluble dans un excès de réactif.

Blanc insoluble dans un excès de réactif.

Blanc insoluble dans un excès de réactif.

Blanc.

Pas de précipité.

Jaune sale.

Noir insoluble dans un excès.

Blanc.

Jaune.

Jaune Tif.

Ammoniaque

Carbonates solubles

Cyanure jaune de potassium et de fer, . Cyanure rouge de potassium et de fer. . Tannin

Acide sui.fhydrique et sulfures solubles. Acide sulfurique et sulfates solubles. .

lODURES solubles

Chromate neutre de potasse

La présence des matières organiques n'empêche pas les sels de plomb d'être précipités par l'acide sulfurique, les sulfates solubles et l'acide sulfhydrique.

Le fer, le zinc, l'étain, précipitent le plomb de ses dissolutions et îormQXiiV arbre de Saturne qui se produit d'autant plus facilement que les liqueurs sont acidulées par l'acide azotique.

S'il s'agit de reconnaître la présence du plomb dans un organe, ou dans un liquide chargé de matières organiques, on détruira celles-ci par l'acide azotique, et après calcination, on fera bouillir le charbon avec le même acide qui dissoudra le métal ; il est vrai que par ce procédé on peut obtenir le plomb normal.

qui est d'ailleurs en très-petite quantité. Il vaut donc mieux faire bouillir les organes pendant quelque temps avec de l'eau acidulée par l'acide acétique. Le plomb toxique sera seul enlevé, mais avant tout il sera important de s'assurer de la pureté des réactifs, même de celle de l'eau. D'ailleurs nous mettons dans ce cas les mêmes restrictions que nous avons signalées h propos du cuivre.

Il arrive quelquefois que les marchands de vin accommodent leurs liqueurs acides (vins, bières) avec la litharge qui sature l'excès d'acide et donne aux vins une saveur sucrée ; quelquefois aussi, lorsqii'on s'est servi de plomb de chasse pour rincer les bouteilles, quelques grains de plomb restant engagés entre les parois, ceux-ci peuvent être dissous par les liquides qu'on laisserait séjourner dans ces bouteilles, et le liquide pourrait alors produire des accidents dus au plomb et à l'arsenic que les grains de plomb de chasse renferment toujours; ce dernier métal serait reconnu par l'appareil de Marsh. Quant au plomb, après avoir décoloré la liqueur au moyen du charbon animal lavé, on reconnaîtrait sa présence par les réactifs que nous avons indiqués; mais il est important d'employer peu de charbon animal, parce que celui-ci retient toujours une portion des sels que l'on pourrait d'ailleurs reconnaître en le faisant bouillir avec de l'acide azotique.

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