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DU GAZ MÉPHITIQUE DES ÉGOUTS

Comme le gaz des fosses d'aisances, celui des égouts varie aussi de composition ; les gaz qu'il contient sont presque toujours les mêmes, mais les proportions varient suivant un grand nombre de circonstances. En général le gaz des égouts contient plus d'azote et moins d'oxygène que l'air, plus d'acide carbonique, et de l'acide sulfhydrique dont la proportion va jusqu'à 3 p. 100.

Symptômes. Les égoutiers sont sujets à une ophthalmie, désignée sous le nom de mitte. Déterminée soit par l'action du gaz , soit par le contact direct des boues, cette maladie, légère dans un grand nombre de cas, se manifeste par une inflammation de la conjonctive qui gagne bientôt la cornée, et qui souvent est suivie d'accidents cérébraux. Presque toujours les émollients ne font qu'augmenter le mal, tandis que les collyres astringents font bientôt disparaître l'inflammiation.

Les maladies auxquels sont sujets les ouvriers employés au curage des égouts sont ; les courbatures, la céphalalgie, le malaise, les nausées, accidents qui cèdent par l'usage des boissons délayantes acidulées et de l'émétique. Quelquefois il y a colique violente, qui cède par les purgatifs; enfin le lumbago, l'angine ionsiUaire, l'érysipèle, la jaunisse, ont été quelquefois observés.

M. Labarraque a employé avec succès Thypochlorite de soude (chlorure de soude) pour faciliter le curage des égouts; on doit aussi établir des courants d'air, soit en allumant un bon feu à une des extrémités de la galerie, ou bien au moyen d'un ventilateur. Remarquons cependant que, si le gaz méphytique renfermait une grande quantité de gaz acide sulfhydrique, les corps enflammés pourraient produire une violente détonation ; aussi est-il plus prudent d'employer le chlorure de soude et un ventilateur.

Le gaz des fosses d'aisances dans lequel domine le sulfhydrate d'ammoniaque, est celui surtout qui détermine les phénomènes que nous venons d'énoncer; les lésions sont les mêmes dans ce cas que celles que nous avons indiquées en parlant de l'acide sulfhydrique, c'est-à-dire que les altérations se manifestent surtout dans le système nerveux.

Si, au contraire, l'acide carbonique ou le carbonate d'ammoniaque dominent dans le mélange gazeux, il y a gêne de la respi-

ration, qui devient fort bruyante, grand affaissement des forces, sans lésions notables du système nerveux. La mort doit être attribuée plutôt, dans ce cas, à un défaut d'air respirable qu'à un empoisonnement.

Comme lésion , on trouve que le système artériel est plein d'un sang très-noir.

Traitement de l'empoisonnement par le gaz des fosses d'aisances. 11 faut d'abord exposer le malade au grand air, faire des frictions avec une brosse rude et des aspersions avec l'eau vinaigrée froide ; on devra aussi faire respirer la compresse chlorovinaigrée dont nous avons parlé en traitant de l'empoisonnement par l'acide cyanhydrique. Ces inhalations doivent être ménagées, de peur d'irriter les poumons.

Dans le cas où Ton supposerait que le malade a avalé de l'eau contenue dans la fosse, il faut provoquer les vomissements, soit en excitant la luette , ou en faisant prendre un mélange de 2 grammes de poudre d'ipécacuanha et 0,10 à 0,20 centigrammes d'émétique. Si ces moyens sont insuffisants, on pratiquera une saignée, qui pourrait être répétée s'il y avait indication ; on calmera ensuite le désordre nerveux, les spasmes et les convulsions par les antispasmodiques, les bains froids; si malgré tous ces moyens l'état de syncope persistait, on appliquerait des sinapismes aux pieds , des vésicatoires aux mollets.

i" Dans le cas où le malade aurait été asphj^xié par le gaz suifhydrique ou par le sulfhydrate d'ammoniaque, on agira comme nous l'avons dit en parlant de l'empoisonnement par la vapeur de charbon , on joignant au traitement des inhalations chlorées faites au moyen de la compresse chloro-vinaigrée.

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