ÉLIMINATION DES MÉDICAMENTS
Toutes les fois que les substances médicamenteuses n'ont pas leurs semblables au sein de l'organisme, il semble qu'elles ne soient pas susceptibles d'assimilation, et que, par conséquent, elles doivent être rejetées au dehors.
C'est ce qui arrive, en effet, dans un délai variable, pour chacune d elles, suivant des conditions difficiles à apprécier.
Il serait intéressant de rechercher les lois qui président à cette élimination , car la persistance d'action d'un médicament est en rapport avec la durée de son séjour dans l'économie, et il est souvent utile de maintenir celle-ci sous l'influence continue d'un certain effet thérapeutique.
Cependant il ne faut pas oublier que, malgré l'axiome tant de fois répété Sublatâ causa toUitur effectus, l'effet peut subsister en l'absence de l'agent, de même qu'il peut ne pas se manifester aussitôt après l'absorption de ce dernier.
D'où il suit que l'observation clinique est beaucoup plus utile en cette circonstance que Texpérience chimique.
La première nous donne directement les résultats qui nous intéressent ; la seconde ne nous y conduit que par la voie plus détournée, plus incertaine de l'induction.
Nous venons de dire que les sels à acides organiques étaient transformés ; il est problable que toutes les substances de cette nature éprouvent les mêmes modifications , mais il est souvent difficile d'en déterminer la nature; ainsi, nous savons combien il est difficile d'expliquer les modifications qu'éprouvent le suc d'asperges, l'essence de térébenthine qui donnent aux urines des odeurs caractéristiques. Cependant des expériences ont été tentées pour déterminer la rapidité d'absorption de certaines matières et les changements que quelques-unes d'entre elles éprouvent.
De sorte que, dans l'état actuel de la science, nous pourrions classer ainsi les substances qui sont éliminées par les urines :
1" Substances qui passent dans les urines sans altérai ion ou à peu près : Sels : carbonate, azotate de potasse ou de soude, sulfocyanure, ferro et ferricyanure de potassium (en 60 minutes); borate de soude, chlorure de barium, de calcium, etc.
Principes colorants : Indigo, garance (12 à 15 minutes), rhubarbe (20 minutes), gomme-gutte (25 minutes), cerises noires ( Zi5 minutes ), baies de sureau (75 minutes), huiles volatiles, de térébenthine (odeur de violette), de valériane, de safran, ail, castoréum, asperges (odeur infecte particulière).
2° Substances qui passent dans les urines à Cétat de combinaison : Soufre, phosphore, iode (5 minutes; ; acide sulfurique, suifhydrique, iodhydrique, gallique, benzoïque, etc.
3" Substances décomposées : Sels alcalins à acides végétaux ( Wœlher, MiUon , Laveran , Sicnbcrger)^ transformés en carbonates.
Les sulfures alcalins passent à Tétat de sulfate; d'après M. Géîis, le lactate de fer ne passe pas dans les urines, tandis que le sulfate de même basse y. passe. A propos des sels de fer, M. Mialhe assure que ceux qui sont décompo.^ables par les alcalis du sang, ne passent pas dans les urines ; il base sur ce fait une théorie sur la formation des globules sanguins, qui a besoin d'être justifiée par des expériences précises.
Mais les urines ne sont pas la seule voie d'élimination, certains corps peuvent être rejetés au dehors par la sueur, par le lait et par la salive; ne sait-on pas, en effet, que les propriétés antisyphilitiques du lait des nourrices auxquelles on a administré des mercuriaux, doivent être attribuées à la présence de ce métal dans ce liquide (neveil, Personne) ne sait-on pas encore qu'il peut arriver qu'un corps composé se dédouble dans l'économie de manière que les divers éléments soient éliminés par des voies différentes? Ainsi, si l'on administre de faibles doses d'iodure de Îq\\ on retrouvera le fer dans les urines , mais non pas l'iode, tandis qu'il sera facile de constater la présence de celui-ci dans la salive (Bernard j.