PROFESSIONS, GENRE DE VIE, DIÈTE
Les habitudes et les professions engendrent des modifications de trois sortes.
Les unes sont analogues à celles qui correspondent aux âges, aux sexes et aux tempéraments. Nous ne nous y arrêterons pas davantage.
D'autres constituent des états anormaux des organes ou des fonctions plus ou moins compatibles avec la santé. La nature de ces dérangements étant connue, les conséquences s'en déduisent aisément.
Il en est enfin qui ne consistent qu'en l'introduction, au sein de l'économie, de substances qui peuvent réagir sur les médicaments ingérés. Par exemple, certains individus, grands mangeurs de sel, doivent absorber le calomel avec une extrême facilité.
D'autre part, ne serait-ce pas au régime peu salé des enfants qu'il faudrait attribuer la faible proportion de chlorures alcalins qu'ils présentent, et, partant, la difficulté qu'on éprouve à les faire saliver ?
Nous rattacherons^ encore à la diète, ce mot étant pris dans son sens le plus large, un certain nombre de faits utiles à connaître.
D'abord, chez les individus depuis longtemps soumis à l'abstinence, on observe la même diminution des chlorures alcalins que chez les enfants ; la proportion des autres s'abaisse également. Cette particularité et quelques autres rentrent dans cette loi générale, à savoir que la composition de nos humeurs est toujours en rapport avec celle des substances ingérées à titre d'aliments ou de médicaments.
Tout le monde sait que le sang, la lymphe, le chyle, contiennent du chlorure de sodium; les recherches de M. Liebig ont prouvé que les muscles contenaient du chlorure de potassium dont la quantité diminuait pendant l'abstinence. Ne découle-t-il pas de ce fait une conclusion toute naturelle, c'est que pour relever les forces d'un convalescent, il sera convenable de saler ses aliments avec les chlorures de potassium et de sodium?
Une nourriture trop abondante et surtout l'ingestion récente de matières grasses empêchent l'absorption des médicaments. Les boissons prises en trop grande quantité produisent le même effet.
Au contraire, la diète d'aliments et de boissons, la saignée, en un mot, tout ce qui diminue la masse du sang, favorise aussi la faculté absorbante.
Les matières grasses paraissent s'opposer à l'absorption de toute substance médicamenteuse soluble en invisquant la surface
de la membrane muqueuse stomacale, mais elles entravent aussi celles des substances dont l'introducdon dans les secondes voies nécessite l'intervention des alcalis, en rendant neutre ou même acide, dit-on, le suc intestinal.