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ET DES MÉDICAMENTS OBTENUS PAR DISTILLATION

La distillation s'exécute toujours en vase clos, elle a pour but de séparer les parties volatiles de celles qui ne le sont pas ou qui le sont moins : les corps susceptibles d'être réduits en vapeur par la chaleur pourront donc seute être distillés.

Cependant lorsque les distillations ne sont pas conduites avec le plus grand ménagement, des parties fixes et des fragments de matières végétales peuvent être mécaniquement entraînés. Cet entraînement se fait mieux avec certaines matières qu'avec d'autres ; c'est ainsi que l'acide borique, quoique étant très-fixe puisqu'il ne se volatise que vers 1,500% est cependant très-facilement entraîné par l'eau à l'ébullition.

Des trois espèces de distillation admises par les anciens, une nous est restée, c'est la distillation par ascensum ou par l'alambic ; quant à la distillation par Lalus, ou à la cornue, on ne l'emploie guère que lorsqu'on opère sur de très-petites quantités, et la distillation par descensum est tout à fait abandonnée.

L'alambic en cuivre étamé se compose : 1" de la cucurbito, 2° du bain-marie, 3° du chapiteau, Zi" du serpentin renfermé dans une cuve. Dans la distillation à la cornue, l'appareil se compose de la cornue, de l'allonge et d'un ballon récipient tubulé, auquel est adapté un long tube afin de porter au dehors les gaz infects ou délétères et incoercibles. On chauffe la cornue à feu nu au bain de sable, ou au bain-marie d'eau, d'eau salée, d'huile, etc.,

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selon la volatilité plus ou moins grande du liquide à distiller. La condensation des gaz par l'appareil de Woulf n'est qu'une sorte de distillation que nous nous contenterons de signaler ici.

EAUX DISTILLÉES (hYDROLATS).

Ce sont des médicaments officinaux liquides obtenus par la distillation de l'eau sur une ou plusieurs substances. Leur base, d'après les recherches des chimistes , est formée de principes volatils de nature très-variée. Les huiles essentielles paraissent être la partie active de ces préparations.

Intérieurement, les eaux distillées servent d'excipient pour les juleps, les mixtures, les potions ; on en met quelquefois dans les tisanes.

Extérieurement, on les emploie en collutoires, en collyres, en fomentations, en gargarismes, en injections, en lavements et en lotions. Les doses sont variables selon les différentes préparations dont elles font partie. Toutefois on peut les employer à la dose de 30 à 100 grammes; à l'exception des eaux distillées de lauriercerise et d'amandes amères, qui sont généralement employées à doses plus faibles.

L'huile essentielle domine dans les eaux distillées, cependant il ne faut pas les considérer comme de simples solutions d'essence : on a cherché à les obtenir artificiellement et on n'a pu encore y parvenir. Enfin certaines eaux distillées contiennent des principes particuliers, celle de valériane renferme de l'acide valérianique, celle de poivre est ammoniacale, etc.

Les eaux distillées sont préparées par la distillation des substances au contact de l'eau, ou bien à la vapeur; le premier mode est indispensable pour les eaux distillées d'amandes amères et de moutarde ; on l'emploie encore pour la laitue, le raifort, etc. L'expérience a prononcé en faveur de la distillation à la vapeur, pour les roses, les fleurs d'oranger, le tilleul, la mélisse, l'h}^sope, etc., etc. Divers appareils ont été indiqués pour opérer cette distillation, celui décrit par M. Soubeiran dans son Traité de pharmacie doit être préféré.

En général, ce sont des végétaux frais qu'on emploie pour la préparation des eaux distillées, cependant on préfère les plantes sèches pour les eaux distillées de mélilot, d'origan, de tilleul, etc. ; dans tous les cas, une macération préalable est trèsutile.

Les eaux distillées sont sujettes à des altérations dont la nature n'est pas bien connue, on recommande de les conserver dans des lieux frais et obscurs ; l'eau de fleurs d'oranger, par exemple, renferme souvent de l'acide acétique : on conçoit dès lors combien il est imprudent de la conserver dans des vases de cuivre [eslagnons] qui doivent être remplacés par des vases en

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fer battu. L'eau de fleurs d'oranger bien préparée par la distillation des fleurs, rougit par l'acide sulfurique ; celle qui est faite artificiellement par l'eau distillée et le néroli ne rougit pas par le même acide.

Quant aux dépôts de matières organiques qui se font si souvent dans les eaux distillées, on ne sait absolument rien sur leur nature ni sur leur organisation. On a remarqué qu'ils déterminaient la putréfaction de l'eau ; aussi les eaux distillées doivent être renouvelées souvent et conservées dans des vases pleins et bouchés à lemeri.

Mais il est des altérations que certains hydrolats peuvent subir, et dont la nature est parfaitement connue. C'est ainsi que l'eau d'amandes amères ne tarde pas à laisser déposer de l'acide benzoïque ; l'eau distillée de cannelle renferme bientôt de l'acide cinnamique, et le valerol de l'eau distillée de valériane en s'oxydant produit de l'acide valérianique.

ALCOOLATS (ESPRITS),

On appelle ainsi les préparations pharmaceutiques officinales provenant de la distillation de l'alcool sur une ou plusieurs substances médicamenteuses.

Les alcoolats s'emploient à l'intérieur, en potions, ou étendus, ou dans des tisanes, à la dose de quelques gouttes, une ou plusieurs fois par jour. On peut encore les faire prendre sur du sucre ou mêlés avec un sirop. Ceux qui contiennent des huiles essentielles en grande quantité, ou des résines, précipitent par l'eau et donnent à la mixture une couleur ordinairement opaline.

A l'extérieur, on s'en sert en fomentations, en frictions, en fumigations, en injections et en lotions. Les doses sont alors moins précises. On en prescrit depuis 30 grammes jusqu'à 60 grammes et plus.

ÉTHÉROLATS (ESPRITS liTHÉRÉs),

On désigne sous le nom d'éthérolats, le produit de la distillation de réther sur une ou plusieurs substances médicamenteuses; ils ne renferment conséquemment que' les principes volatils des plantes ; ils sont peu usités.

ACÉTOLxlTS (esprits ACÉTIQUES).

L'acide acétique concentré ou cristallisable bout à 120". Le plus concentré renferme un équivalent d'eau et est représenté par la formule CHl^o^, uo ; mais c'est le vinaigre de vin que l'on emploie exclusivement à la préparation des acétolés et des acétolats ; cent parties de bon vinaigre doivent saturer dix parties

de carbonate de potasse pur et desséché; on peut, il est vrai, augmenter son pouvoir de saturation en y ajoutant des acides minéraux, tels que le sulfurique, l'azotique, le chlorhydrique, etc., dont on reconnaîtra la présence par les moyens que nous indiquerons à l'article des empoisonnements par les acides. (Voyez Toxicologie. )

Les acétolats sont donc le produit de la distillation du vinaigre sur une ou plusieurs substances médicamenteuses; ils ne renferment aussi que des produits volatils; ils sont simples lorsqu'ils ne contiennent que les principes d'une seule substance, composés s'ils en renferment plusieurs. D'ailleurs ce genre de médicaments est peu usité.

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